Aux Comores, 20 femmes ont quitté le monde en voulant donner la vie

Journée internationale de la sage femme / Mamadou Boina Maecha :«il est injuste qu’une femme décède en voulant donner la vie».

Aux Comores, les femmes continuent à mourir en voulant donner naissance. Officiellement, 20 femmes ont quitté le monde en 2018. Malgré ce chiffre criant, les Comores seraient parmi les pays qui enregistrent «des résultats satisfaisants» dans la réduction de la mortalité infanto-maternelle au niveau de la région d’Afrique orientale et australe.

La fédération nationale des associations des sages-femmes des Comores (Fnasfuc) a célébré samedi dernier, à Samba Nkuni, la Journée internationale des sages-femmes. Célébrée chaque année le 5 mai, depuis plus 15 ans, cette journée «dédiée à l’un des plus beaux métiers du monde» avait pour thème «les sages-femmes, protectrices des droits fondamentaux». Lisant le message du Dr Natalia Kanem, directrice exécutive de l’Unfpa, à l’occasion, le représentant résident de l’Unfpa aux Comores, Mamadou Boina Maecha, estime que les sages femmes, formant un pont entre les communautés et les établissements de santé traditionnels, fournissent des services de santé qui jouent un rôle crucial dans la réduction de la mortalité maternelle et des risques liés à l’accouchement dans les zones reculées et mal desservies.
«La formation des sages-femmes et la facilitation de leur travail constituent une façon ingénieuse, économique et durable de parvenir à mettre en place un accès universel aux services de santé sexuelle et reproductive, objectif clé du programme de développement durable à l’horizon 2030», rappelle-t-on dans ce message. L’Unfpa encourage les activités de formation et de soutien dans le domaine obstétrique, plaide pour l’instauration de politique plus solides concernant le travail des sages femmes et promeut leur intégration dans les systèmes de santé officiels. «Dans le cadre de programmes soutenus par l’Unfpa, plus de 115.000 sages femmes formées et intégrées aux systèmes de santé ont été déployées sur le terrain», a soutenu Mamadou Boina Maecha, selon qui, les efforts fournis dans le domaine de la santé maternelle aux Comores, sont parmi «les plus satisfaisants» dans en Afrique de l’est et australe.

«Zéro décès maternel évitable»

Le taux de mortalité maternelle qui était 517 décès pour 100 000 naissances vivantes il y a environ trois décennies, est passé respectivement à 380 puis à 172 pour 100 000 Nv en 2003 et en 2012. «Des progrès certes, mais il reste beaucoup à faire car il est injuste qu’une femme décède en voulant donner naissance. C’est un droit de santé reproductive non respecté, une vingtaine de femmes sont décédées l’année dernière aux Comores», a fait savoir le représentant résidant de l’Unfpa avant d’annoncer que son institution est disposée à soutenir les efforts des pays pour atteindre l’objectif à l’horizon 2030, les résultats de «zéro décès maternel évitable, zéro besoin non satisfait en planification familiale et zéro violence basée sur le genre».
Pour sa part, le directeur de cabinet du ministère de la Santé, Abasse Mhadjou, a indiqué que «qualifiées, elles (les sages-femmes) peuvent dispenser 87% de soins essentiels dont ont besoins les mères et les nouveau-nés». Bien que la santé soit un droit pour tous, les mères et les nouveau-nés, continuent à mourir. «Au niveau international la mortalité néo-natale est estimée à trois millions par an et à sept millions pour les enfants de moins de 5 ans. Et les agences onusiennes confirment que ces décès pourraient être évités, s’il y avait un nombre suffisant de sages femmes qualifiées et que parallèlement, une augmentation de 10% de leur effectif réduirait de 5% la mortalité maternel».

Abouhariat Said Abdallah / Alwatwan


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