Centrafrique : les rebelles prennent trois villes en trois jours

23 décembre 2012

Centrafrique : les rebelles prennent trois villes en trois jours

Une rue de Bangui ©AFP

BANGUI (AFP) – (AFP)

La
coalition rebelle qui a pris les armes en Centrafrique il y
a deux semaines s’est emparée dimanche de l’importante
ville de Bambari (centre-sud), troisième localité
prise en trois jours, en dépit de l’appel à la
négociation lancé par les chefs d’Etats d’Afrique
centrale exigeant que la rébellion se retire des lieux
qu’elle occupe.

« Au bout d’une heure de combats, la ville (de Bambari)
est tombée aux mains des rebelles qui contrôlent
en ce moment le centre-ville », a affirmé par
téléphone à l’AFP un observateur sur place
requérant l’anonymat.Selon cette source, les forces
armées centrafricaines (FACA) « étaient en
progression vers Bria (ville tenue par le Séléka
depuis mardi, ndlr), mais à 5 km au nord de Bambari,
les rebelles ont attaqué » et « les combats se
sont ensuite étendus au centre-ville ».

« Les tirs continuent en ville, mais les FACA se replient
progressivement en direction de Grimari » (à 40 km
de Bambari), a pour sa part affirmé l’évêque
de Bambari, Mgr Edouard Mathos dans un entretien
téléphonique.Des détonations étaient
clairement audibles durant cette conversation.

Dimanche après-midi, ni le gouvernement ni les FACA
n’avaient encore réagi à ces informations.

Bambari, l’une des plus importantes villes du pays et
capitale de la région de la Ouaka, constituait l’une
des places fortes des FACA.

Samedi, la
coalition du Séléka, qui regroupe plusieurs
rébellions, avait annoncé la reprise des
hostilités, malgré sa promesse de « geler les
opérations » et l’appel à négocier
lancé par le gouvernement.Le Séléka avait
alors affirmé avoir pris le contrôle de la ville
aurifère de Ndassima (à 18 Km de Bambari) et de
celle voisine d’Ippy, dans le centre du pays.

En début de semaine, les rebelles avaient
déjà affirmé avoir pris le contrôle de
plusieurs villes du nord de la Centrafrique, dont la ville
diamantifère de Bria.

Le Séléka revendique notamment « le
respect » de différents accords de paix signés
entre 2007 et 2011, prévoyant un processus de
désarmement et de réinsertion des ex-combattants.

Les chefs d’Etats de la Communauté économique des
états d’Afrique centrale (CEEAC) réunis à
N’Djamena vendredi, avaient cédé du terrain,
acceptant l’idée de renégocier différents
accords de paix avec la coalition de rébellions, comme
elle le souhaitait.Toutefois, ils avaient demandé
« le retrait des rebelles à leur position de
départ dans un délai n’excédant pas une semaine ».

Impensable pour le Séléka : « Il est difficile
pour nous d’effectuer un retrait sans accord préalable
de cessez-le-feu », avait réagi vendredi son porte
parole Eric Massi, justifiant plus tard (samedi) les prises
de Ndassima et Ippy comme autant de réactions aux
« provocations » des FACA.

Le président François « Bozizé n’a pas
l’intention de respecter un cessez-le-feu et si ses colonnes
viennent au contact, on n’aura d’autre choix que de
réagir », avait assuré le porte-parole,
accusant le chef de l’Etat de « faire s’approcher une
colonne de véhicules (des FACA) de Bria (ville
diamantifère du centre prise par le Séléka
mardi, ndlr) pour lancer une offensive ».

Le Tchad, voisin au nord, s’était tout de suite
posé en médiateur et avait envoyé en milieu
de semaine en Centrafrique des éléments de son
armée, à bord d’une vingtaine de véhicules.Positionné en « force d’interposition » et non
d’attaque, le Tchad, tout comme le pouvoir centrafricain,
est resté muet ces derniers jours et il est difficile
de savoir dans quelle mesure son armée réagira,
alors que les FACA, démotivées et sous
équipées, ne font visiblement pas le poids face
à la rébellion.

La République centrafricaine est dirigée par
François Bozizé depuis le coup d’Etat du 15 mars
2003 qui l’a porté au pouvoir.

Ce pays enclavé de 5 millions d’habitants était
engagé depuis 2007 dans un processus de paix après
des années d’instabilité, de multiples
rébellions, mutineries militaires et putschs qui ont
ravagé son tissu économique et l’ont
empêché de tirer profit de ses ressources naturelles.



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