Chronique de Rafsandjani sur la nomination du fils d’Azali

Le prêche d’Ibliss

Un peu comme si le désobéissant originel par excellence venait à faire valoir pour lui-même sa soumission occasionnelle aux commandements du très haut.

Voilà que les apôtres de celui que l’on ne prononce pas le nom, à propos de la nomination du fils de celui-ci à un poste de conseiller s’étonnent et disent : « Cela n’a rien d’illegal, y’a-t-il un texte qui interdit au chef de l’Etat de nommer son fils ? ».

Le president « nomme aux emplois civils et militaires », pour ce faire, il nomme qui il veut. Quoique l’éthique de la République sommerait à ce qu’il evite d’en faire une affaire familiale. D’ailleurs cela est expressément prévu ailleurs. Il n’empêche, en l’absence d’une telle interdiction expresse aux Comores, il en a, a priori, le droit et les apôtres aujourd’hui, bizarrement s’en rappelle du Droit.

Mais bordel de merde (passez moi le juron), de qui se moque-t-on ? Reprenons :

Y’a-t-il un texte qui regit les sociétés d’Etat et les entreprises publiques ? OUI, celui-ci reserve la gestion de ceux-ci à un conseil d’administration y compris la nomination de ses directeurs généraux. Mais, voilà que le Président suspend, nomme, remplace à sa guise en lieu et place des CA.

Y’a-t-il un texte qui régit les passations de marchés ? OUI, celui-ci soumet notamment à appel d’offre les marchés, mais voilà que le Président, excipe d’un « vu l’urgence » et octroie des marchés selon son bon vouloir en violation des règles en la matière.

Y’a-t-il un texte qui encadre la nomination du gouvernement ? OUI, celui-ci impose justice et équité, aussi bien entre les îles qu’entre hommes et femmes, mais voilà le Président n’en a cure et compose un collectif selon des critères politiques sans respect des exigences de la Constitution.

Y’a-t-il un texte qui conditionne certaines situations à l’adoption préalable de lois organiques? OUI, pour les modalités de l’élection du Président et pour le fonctionnement du juge électoral, mais voilà le Président a convoqué le collège électoral à une élection sans ni l’une ni l’autre des lois organiques exigées.

Y’a-t-il un texte qui pose les conditions de fond et de forme du serment du Président ? OUI, en termes rédigés en français et devant la Cour suprême, ce qui ne l’a pas empêché de le faire en comorien et devant le mufti.

Y’a-t-il un texte qui reconnait la liberté de se reunir, celle de s’exprimer, de croire et d’informer? OUI, et pas qu’un seul, en interne et au niveau international, mais voilà que les restrictions pleuvent avec automaticité les réduisant presque à néant.

Y’a-t-il un texte qui organise la détention provisoire en matière pénale ? OUI, celui-ci à prévu une durée, 4 mois, un renouvellement, un seule fois. Au-delà, ou l’on recouvre sa liberté ou l’on est placé sous un autre régime de contrainte ou l’on est jugé. Pourtant, l’on sait aujourd’hui qu’un justiciable peut se voir priver de sa liberté d’aller et venir sans aucun fondement juridique.

Puis, fichtre, il ne suffirait pas d’un post pour tout énumérer. D’ailleurs, vous pourriez continuer la liste en commentaire tellement c’est amusant. Alors s’il vous plaît faites pas les sophistes du droit, rétablissez l’ordre constitutionnel, puis abritez-vous en, la République n’est pas rancunière. Gageons que ce rappel que les apôtres du palais font aux textes est un signe de l’aube. Les ténèbres n’ont qu’assez duré…

Mohamed Rafsandjani


Warning: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable in /homepages/1/d365227695/htdocs/wordpress/wp-includes/class-wp-comment-query.php on line 405

Soyez le premier à réagir

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*