Climat post-partielle à Ndzuani : incompréhensions autour du départ «précipité» de Djaza

«Djaza, qui s’était pourtant mis d’accord avec les autres commissaires de la Ceni et devant le représentant de l’Union africaine de proclamer les résultats a, sans avertir ces derniers, quitté l’hôtel en direction de l’aéroport, pour Moroni. Il est parti avec tous les procès-verbaux, mêmes ceux qui devaient rester à la Commission électorale insulaire de Ndzuani. Dieu merci, la vice-présidente de la Ceni et d’autres membres des Commissions nationale et insulaire ont pris l’initiative de le faire», a déclaré Dr Salami, candidat du parti Juwa au gouvernorat de Ndzuani, devant un rassemblement de ses partisans.

Au lendemain de la reprise des élections dans les treize bureaux de Ndzuani, l’ambiance est à la confusion dans l’île. D’aucuns se demandent pourquoi une partie des membres de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) a pris la route pour l’aéroport vers 3 heures du matin, avec les procès-verbaux et les urnes,  pendant qu’un deuxième groupe de commissaires, avec à sa tête la vice-présidente Nadjahe Allaoui, est resté pour proclamer les résultats provisoires.

Ce départ jugé «précipité» et «en sourdine» de Dr Djaza, le président de l’institution, et de cinq autres de ses pairs en compagnie du secrétaire général du ministère de l’Intérieur et d’un conseiller de Houmed Msaidié, n’a depuis cessé de nourrir la palabre, et certains, comme Abdou Salami Abdou, le candidat en lice avec le gouverneur sortant, y voient même le signe d’une machination quelconque.

«Djaza, qui s’était pourtant mis d’accord avec les autres commissaires de la Ceni et devant le représentant de l’Union africaine de proclamer les résultats a, sans avertir ces derniers, quitté l’hôtel en direction de l’aéroport, pour Moroni. Il est parti avec tous les procès-verbaux, mêmes ceux qui devaient rester à la Commission électorale insulaire de Ndzuani. Dieu merci, la vice-présidente de la Ceni et d’autres membres des Commissions nationale et insulaire ont pris l’initiative de le faire», a déclaré Dr Salami devant un rassemblement de ses partisans, peu après l’annonce desdits résultats.

Confiant et serein malgré tout, il a ajouté, à l’adresse de ses partisans : «Je vous félicite et vous promets que rien ne changera, car s’ils avaient l’intention de frauder, la piste est déjà bloquée: le Pnud [Programme des Nations unies pour le développement] avait des observateurs dans chaque bureau et a promis de publier les résultats, et de son côté, l’Observatoire des élections les a déjà publiés sur internet ce matin. Donc nous nous retrouverons au Quartier général aujourd’hui pour fêter».

Il n’y a pas que le candidat de l’opposition qui fustige le départ à pas feutrés du président de la Ceni : son adjointe, Nadjahe, aussi.«La moindre des choses c’était de nous prévenir lorsqu’ils ont décidé de partir, car je n’ai pas connaissance qu’il y avait un quelconque malentendu entre nous. Cela ne nous a pas plu car nous avions commencé un travail ensemble et ils nous ont laissés tomber au milieu et dans l’insécurité, étant donné qu’ils ont emmené avec eux toute la garde», a-t-elle déclaré à la presse.

Et de justifier ainsi sa décision : «Dans la rue, les troubles avaient déjà commencé ; j’ai entendu même des coups de feu ; alors comme nous avions les résultats, nous nous sommes trouvés dans l’obligation de les proclamer. Il est vrai que Djaza est le premier responsable de la Ceni, mais dans des circonstances pareilles la loi m’autorise d’annoncer les résultats. Et ce sont les vrais et uniques qu’il y aura, car ceux que tout le monde détient.»

Si l’opposition et une partie de la Ceni ne doutent aucunement des résultats proclamés ce jeudi à Ndzuani, il est par contre difficile de savoir ce qu’en pensent le candidat Anissi Chamsidine et la section anjouanaise de son parti, l’Updc (Union pour le développement des Comores).

En effet, jusqu’en début d’après-midi, aucune déclaration officielle n’avait émané d’eux, et les nombreuses tentatives d’entrer en liaison avec eux s’étaient soldées par des échecs, certains ne décrochant pas le téléphone et d’autres l’ayant carrément éteint. Néanmoins, le soir du mercredi, quelques heures après la clôture des opérations de vote, à Tsembehu, ville natale du vice-président NourdineBourhane, c’était quand-même la fête côté Updc.

Sardou Moussa / Alwatwan

1 commentaire sur Climat post-partielle à Ndzuani : incompréhensions autour du départ «précipité» de Djaza

  1. qui sont ces docteurs irresponsables !
    quand est ce qu’ils vont assumer leur responsabilité!
    ils fuient pour préparer le 4ème tour !
    ce pays est tellement petit que ces gens là et ils se permettent de
    tout sans qu’ils soient gênés !
    vive le peuple comorien dans l’ensemble et devant la democratie

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