Comores-France : Le chef de l’Etat invité à l’Elysée le 22 juillet

La lettre d’invitation d’Emanuel Macron, en date du 8 juillet, a été transmise officiellement, mercredi 10 juillet, aux services de Beit-Salam. Il n’y a pas, pour l’instant, un agenda officiel communiqué à la presse mais la rencontre entre les deux chefs d’Etat devrait se focaliser sur le recadrage de la coopération bilatérale et la nouvelle matrice du dialogue sur la question de l’île comorienne de Mayotte (illégalement) occupée, avec la signature probable d’un document-cadre de partenariat multiforme.

Le chef de l’Etat, Azali Assoumani, est invité officiellement au palais de l’Elysée, le lundi 22 juillet, a-t-on appris de source de la présidence comorienne, confirmée par des services du ministère des Affaires étrangères. “Nous avons bien reçu la lettre d’invitation, le président sera bien reçu le 22 juillet à l’Elysée”, a indiqué notre source. “La lettre officielle est arrivée le 8 juillet”, ajoute-t-elle. On sait que Paris et Moroni préparent déjà une rencontre de haut niveau depuis bien de mois. Mais les élections aux Comores avaient bouleversé l’agenda. Le président comorien était ainsi censé être reçu à l’Elysée avant le mois de juin avant la visite d’Emanuel Macron à Mayotte. Ce dernier a reporté son déplacement en juin dernier dans l’île comorienne au mois de septembre.
Les deux pays poursuivent des échanges réguliers sur divers sujets, mais il est difficile d’en déduire leur portée faute d’une communication officielle régulière. Il n’y a, pour l’instant, pas d’agenda officiel communiqué à la presse mais la rencontre entre les deux chefs d’Etat devrait se focaliser sur le recadrage de la coopération bilatérale et la nouvelle matrice du dialogue sur la question de l’île comorienne de Mayotte (illégalement) occupée, avec la signature probable d’un document-cadre de partenariat multiforme. “C’est une rencontre très importante sur l’avenir de la future coopération entre les deux pays”, nous dit un diplomate comorien sans donner plus de précisions sur la nature des sujets à l’ordre du jour de cette première visite du président Azali Assoumani après sa réélection en mars dernier.

La dernière rencontre entre les deux présidents remonte au mois de novembre 2018 à Paris à l’occasion des cérémonies marquant le centenaire de l’Armistice et au cours de laquelle ils “ont affiché leur volonté et leur détermination à œuvrer ensemble, dans la concertation permanente, pour la consolidation de l’amitié et la coopération entre les deux pays”, d’après un communiqué.
“Une nouvelle dynamique”
Quelques jours plutôt, le ministre des Affaires étrangères, Souef Mohamed El-Amine, et son homologue français, Jean Yves Le Drian, avaient rendu publique “une déclaration conjointe” dans laquelle “la France et les Comores tiennent à affirmer leur volonté d’engager, ensemble, une nouvelle dynamique de partenariat”, avec des perspectives annoncées de revoir la coopération bilatérale jusque-là posée par les positions divergentes des deux Etats sur la question de Mayotte.
Les deux pays avaient connu une mini-crise diplomatique suite à la note circulaire prise par Moroni le 21 mars 2018 interdisant le refoulement des Comoriens vivant dans l’île comorienne. Le 4 mai, Paris suspendra la délivrance des visas. Les deux pays habitués à ces genres de crises (comme ce fut le cas en 2011) se sont convenus “d’engager des actions en faveur de la sécurité maritime et la sauvegarde des vies humaines en mer en luttant contre les trafiquants d’êtres humains entre les îles de l’archipel et en apportant aux garde-côtes comoriens un appui matériel et humain, notamment à travers des actions de formation”, d’après cette déclaration signée le 6 novembre 2018.

En clair, les deux pays, “attachées à la densité et à la qualité des liens qui les unissent” privilégient beaucoup plus des solutions concertées sur les mouvements de circulation entre les îles tout en cherchant à s’attaquer aux réelles causes avec une volonté commune de “relancer, sur de nouvelles bases et selon des modalités adaptées, la coopération bilatérale entre la France et les Comores, avec un projet ambitieux de développement axé, entre autres, sur la formation et l’insertion professionnelle des jeunes, l’éducation, l’emploi, l’agriculture et la santé”, selon toujours cette déclaration de Paris.
“Les temps ont changé,les stratégies aussi”

La visite du chef de l’Etat à Paris, le week-end prochain, pourrait s’expliquer par cette logique du dialogue initiée par les deux parties en vue de parvenir à des compromis sur le contentieux territorial, vieux de plus de quarante ans, et dont les hypothèses possibles pour son règlement graduel trouvent des connections et des échos favorables de part et d’autre. “Les temps ont changé, les stratégies aussi”, nous dit encore le diplomate comorien.
Les Comores et la France avaient rompu le dialogue sur la question de l’île de Mayotte après l’instauration du visa Balladur en janvier 1995, à l’origine de la mort de plus de dix mille personnes selon des statistiques non officielles. Les crises politico-institutionnelles caractérisées par la déportation du président Saïd Mohamed Djohar en septembre 1995, la crise séparatiste en août 1997, l’interposition de l’armée en avril 1999 et les conflits de compétences entre 2002 et 2004 avaient mis en veilleuse le dialogue franco-comorien.
Ce n’est qu’en 2005 que les deux pays renouent les discussions au sujet de Mayotte, avec la mise en place, pour la première fois, d’un Groupe de travail de haut niveau (Gthn).
Mais les deux pays campent toujours sur leurs positions, la mise en œuvre des décisions du Gthn est toujours repoussée à l’année suivante. Les deux pays signent, en 2013, “la Déclaration de Paris sur l’amitié et la coopération”. Une feuille de route est entérinée, le Gthn est remplacé par le Hcp (Haut conseil paritaire). Un changement d’acronyme aux résultats minimes, à en croire de nombreux observateurs. Le Comité Maore parle de “manque de transparence dans la gestion du dossier mahorais”. Les deux pays affichent, certes, une volonté de faire bouger les lignes. Mais depuis 2005, Paris et Moroni entretiennent la diplomatie souterraine et la langue de bois dans le sillage d’un dialogue sans issue concrète au sujet de l’île comorienne de Mayotte.

A.S.Kemba / Alwatwan


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