Comores : Le pays des urgences

« Mlozi nde wulowo sha tsi mbima za misi »

Dans les îles de la lune, nous passons notre temps à tuer le temps. Et pourtant, quand nous avons à réaliser une tâche, nous courons après ce temps. En réalité, nous aimons nous donner l’impression que nous réalisons des choses extraordinaires quand nous nous essoufflons à mettre en pratique une activité donnée. La pléthore de personnel dans nos administrations fait que souvent, ce sont quelques personnes qui doivent s’occuper de tout. Agir dans l’urgence permet de n’avoir pas de compte à rendre, dans la mesure où, on pourra toujours justifier des dépenses inconsidérées, liées…. à l’urgence.

Il existe une certaine confusion, entre ce qui est prioritaire et ce qui est urgent. Chez nous, nous nous servons de ce qui est urgent pour noyer certaines priorités dans le pays. La politique de l’autruche est appliquée dans les différents services avec la même constance et à la longue on peut penser que cela déconcerte ceux qui sont animés de meilleurs sentiments à l’égard du travail bien fait.

En d’autres termes, dans un pays où les lois sont toujours vécues par certains comme des entraves qu’il convient de contourner ou tout simplement d’ignorer, il faudrait revoir notre approche des problèmes. Il serait souhaitable que les administrations revoient leur façon d’appréhender leurs rapports avec leurs administrés et appliquent une gestion axée sur des résultats, à l’instar des projets. Sans cela, nos administrations continueront à se remplir de fonctionnaires ‘’non renseignés’’ selon le jargon consacré. Tout cela concerne aussi les sociétés d’Etat comme Comores Telecom qui continue à se sucrer avec ses fameuses cartes et ses options aux noms pittoresques et ce en l’absence d’un autre opérateur dans le secteur.

Face à cette situation, tout un ensemble de questions exige d’être résolu pour que ce sujet soit convenablement traité. Il faudrait que les différentes structures de la sphère politique, adoptent des mesures à la hauteur des enjeux. Tergiverser à tout bout de champ, ne fera qu’empirer le mal. Il ne s’agit pas ici, de mettre un cautère sur une jambe de bois et penser pouvoir s’en tirer à bon compte.

Sur une scène mondialisée et où les technologies de l’information et de la communication sont devenues incontournables, les îles de la lune n’ont pas le droit de fermer les yeux et de se boucher les oreilles. Car comme on le dit souvent, les citoyens ont le droit de savoir où leur mènent les décisions des responsables politiques.

Mmagaza

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