Conférence-débat sur la crise sismique à Mayotte

Hier soir, dans le cadre d’une conférence débat à la place publique de Moroni-Mtsangani, le responsable de l’Observatoire volcanologique du Kartahala (OVK) M. Hamid Soulé a animé une conférence intitulé « Tectonique, sismicité régionale et crise sismique à Mayotte ».

Dans un premier temps le conférencier a dressé un bilan général de la situation relative aux séismes à l’échelle mondiale. Il a profité pour donner un certain nombre de définitions des concepts utilisés notamment la caractérisation d’un séisme, le Mouvement des plaques tectoniques à l’origine des séismes ainsi que la localisation des séismes au niveau mondial.

Sa conférence était basée plus sur des images qui permettaient à l’audience de mieux comprendre les explications. Depuis le début du processus, on aurait recensé quelques 700 séismes et dont la plupart étant de faible magnitude.

Le conférencier a donné un aperçu de l’activité tectonique sur le Rift Est-Africain pour permettre au public de se faire une idée plus large du mouvement des plaques et donc se placer dans le cadre global de ce que les spécialistes appellent la tectonique des plaques qui est un modèle scientifique expliquant la dynamique globale de la lithosphère terrestre.

Pour expliquer la situation présente, il semblerait que pour l’heure deux thèses sont sur la table. La première est que les séismes actuels sont dus à la faille se trouvant à quelques kilomètres de Maoré mais le problème est que l’on assiste à des répliques qui se succèdent sur une longue durée et c’est là qu’entre en ligne la seconde hypothèse d’un magma qui se serait installé dans la zone et qui en raison de sa fluidité entraine cette succession de séismes. Mais pour justifier cette hypothèse, il est nécessaire de mobiliser des moyens scientifiques conséquents.

Face à la situation difficile dans laquelle vit la population à Mayotte, les autorités françaises ont semble-t-il mis le paquet pour essayer d’apporter quelques explications dans un sujet difficile. En effet, selon M. Soulé, à ce jour, il n’y a pas pour l’heure de méthodes scientifiques pour prévenir les séismes contrairement aux éruptions volcaniques ou les cyclones par exemples. Il n’existe que des pistes de recherches, c’est tout.

Il faut noter que des participants ont posé des questions sur le lien possible des séismes avec le Karthala. Le conférencier a répondu qu’à l’heure actuelle ce lien n’est pas établi.

En terminant sa conférence, le patron de l’OVK a tenu à rappeler quelques règles de bon sens pour la prévention du risque sismique. Il s’agit de l’information et de sensibilisation en direction du citoyen, la réduction de la vulnérabilité du bâti, notamment dans la mise en ouvre de règles de construction parasismiques, l’aménagement du territoire et enfin la préparation à la gestion de crise. En effet si des plans en tous genres existent, il reste beaucoup à faire dans la réalisation d’exercices.

Mmagaza / LGDC

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