Conseil de l’île de Ngazidja : La crise risque de paralyser l’assemblée

cdl

Affichez votre publicité sur Comores infos: Cliquez ici pour en savoir plus

 

Institutions. Le blocage du Conseil de l’île de Ngazidja peut-elle avoir un impact sur le fonctionnement du parlement de l’Union ? Oui, répond Idrissa Said, conseiller juridique au parlement fédéral.

La session extraordinaire du Conseil de l’île de Ngazidja, convoquée par le gouverneur Mouigni Baraka, s’est terminée en queue de poisson. On est en droit de parler de «fiasco» tant aucun des points inscrits à l’ordre du jour, notamment l’adoption du règlement intérieur, l’élection du président de l’institution, la désignation des conseillers devant siéger à l’Assemblée nationale, n’a finalement été abordé. Ce blocage peut-il avoir un impact sur le fonctionnement du parlement de l’Union ? Oui, répond Idrissa Said, conseiller juridique à l’Assemblée nationale. «Tout d’abord, le nombre des députés ne sera pas au complet. Au lieu de 33 dont vingt-quatre représentants de la nation et neuf représentants des îles à raison de trois par île, comme il est stipulé dans la constitution, ce nombre ne sera pas atteint. On se retrouvera avec trente députés», explique-t-il.

L’assemblée peut-elle siéger sans les trois conseillers cooptés par le Conseil de l’île de Ngazidja ? Selon toujours Idrissa Said, rien n’empêche le parlement de se réunir. «Il va siéger le jour J, c’est-à-dire le premier vendredi d’avril, comme le stipule l’article 23 de la constitution, qui prévoit deux sessions par an dont la durée totale ne peut excéder les six mois», dit-il. Et d’ajouter que l’institution ne peut, cependant, fonctionner normalement en l’absence des trois représentants du Conseil de Ngazidja. «Il y aura un déséquilibre car non seulement le nombre ne sera pas complet, mais une île sera sous-représentée. Alors que la constitution prévoit quatorze députés pour Ngazidja, douze pour Ndzuani et sept pour Mwali», souligne-t-il.

Pour Soulaimana Ali, juriste de formation et enseignant à la faculté de droit de l’Université des Comores, les conseillers auraient dû siéger et respecter l’arrêté du gouverneur de l’île. «Je crois que le règlement intérieur devait être révisé et adopté, avant de passer au vote du président du conseil, pour être conforme à la loi statutaire», estime-t-il. Pour lui, le blocage actuel menace partiellement les institutions. Il appelle donc les gouvernants à «agir vite» et à «trouver un terrain d’entente qui respecterait bien sûr la constitution».

Nassila Ben Ali

__________________________________________________________________

Imbroglio au Conseil de l’île : Les citoyens dénoncent des élus «irresponsables et opportunistes»

Reportage. Après le triste spectacle que nous ont offert les conseillers de l’île de Ngazidja, Al-watwan a recueilli les réactions de certains citoyens qui ont suivi les événements.

Du cadre administratif au chauffeur en passant par le petit commerçant, le constat est le même : amer et affligeant. Le peuple se demande comment en est-on arrivé à une telle situation. Six jours de blocage au Conseil de l’île de Ngazidja, jamais on n’avait assisté, par le passé, à une paralysie aussi prolongée de l’institution. Si certains y voient le signe de l’immaturité de la classe politique nationale, d’autres regrettent que les conseillers de l’île mettent en avant des considérations personnelles et partisanes au détriment de l’intérêt supérieur du pays.

Mohamed Mchinda, chauffeur de son état, la cinquantaine largement entamée, dit avoir été témoin de scènes souvent irréalistes. «Mais, c’est ce qui arrive quand on élit des candidats corruptibles», déplore-t-il. Un avis partagé par Dine Ridhoi, commerçant ambulant à Volo-volo. «Je croyais que politiquement, on était mature. Mais là je tombe de haut», lâche ce dernier. Et d’ajouter, toujours sur le ton de la désolation : «c’est triste de voir des jeunes responsables nous renvoyer à plusieurs années en arrière. Les diplômes ne veulent plus rien dire, il nous faut d’abord des hommes intègres et patriotes».
Ahamada Said, agent à Moroni Terminal, a vécu avec peine ce qui s’est passé ces deniers jours au Conseil de l’île. «La constitution et les lois en vigueur sont piétinées au profit d’intérêts mesquins, c’est ce qui arrive quand on vote des incapables. L’ancienne équipe était là et tout se passait à merveille pourquoi tant de remous avec celle-ci ?», se demande-t-il.

Pendant ce temps, Rafik Mohamed et Himidi Said, tous les deux chômeurs, tirent à boulets rouges sur ces élus. Pour eux, on vient tout simplement d’annihiler tant d’efforts consentis pour sauvegarder la stabilité politique du pays. Rafik Mohamed craint que cette situation ne bloque davantage le fonctionnement de l’Etat, d’autant que «l’assemblée nationale ne peut travailler sans les trois conseillers issus du conseil de l’île de Ngazidja».

Le président de la Fédération comorienne des consommateurs (Fcc), Said Mohamed Abdallah Mchangama, parle, lui, de «sabotage de la constitution». Pour cet ancien président de l’Assemblée nationale, «il s’agit d’un petit coup d’Etat vu qu’on refuse d’appliquer les lois». «Je suis aussi effaré de voir que ni les associations ni la population ne protestent contre la situation actuelle», a déclaré le patron de la Fcc.
Abdallah Mzembaba

Alwatwan

Soyez le premier à réagir

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*