Conséquences des intempéries aux Comores : l’eau est toujours rare à Moroni

La station de pompage d’eau de la société comorienne de l’eau et de l’électricité de Vuvuni (TP5) qui alimente la ville de Moroni et ses environs a été inondée par les fortes pluies diluviennes qui ont frappé les Comores depuis le 20 avril 2012. Le TP5 est un puits de 28 mètres de profondeur qui fournit près de 41 % de l’eau puisé en la Grande Comore, soit près de 2 890 800 m3 par an. Pour des mesures de sécurité, le pompage de l’eau a été arrêté et depuis trois semaines une grande partie de la ville de Moroni n’est plus alimentée en eau et c’est plus de 80 000 personnes qui sont privées d’eau. En dépit des travaux en cours, la société d’eau et d’électricité (MA-Mwe) est incapable de donner une date exacte de la reprise de l’alimentation de l’eau de la capitale des Comores et des villes environnantes.

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Ainsi, l’accès à l’eau potable demeure pour le moment l’un des grands soucis des habitants de la capitale. Il suffit de circuler dans la ville à Moroni et ses environs pour constater de visu, l’état de détresse de la population qui s’agglutine autour des quelques citernes des mosquées, des maisons privées pour s’approvisionner en eau potable. A ce jour, aucune mesure urgente n’a été prise par le Gouvernement pour subvenir au besoin en eau de la population. Les responsables des quartiers de la ville en partenariat avec la Mairie de Moroni ont identifié le 7 mai dernier, des citernes publiques et privées qui peuvent servir de point de collecte pour la population de la ville, mais le Gouvernement de l’Union tarde à engager des actions « coup de poing » pour alimenter ces citernes afin d’apporter une réponse urgente à la pénurie actuelle de l’eau dans la ville.

En dehors de cette période d’urgence, l’accès à l’eau potable demeure toujours un problème pour la population comorienne. En dépit des aides colossales obtenues par le pays, au cours de ces dernières années de la part de la Chine et de la Banque Africaine de Développement (BAD), l’eau demeure toujours une denrée rare aux Comores. A Ngazidja, à peine 10,89% des habitants ont de l’eau courante à domicile. A Mwali, seulement 28,89% de la population ont de l’eau courante à domicile. A Ndzouani, les 39,18% de la population qui ont l’eau courante à domicile n’ont bien souvent pas la moindre goutte d’eau à leur robinet à cause de la vétusté des infrastructures.

En outre l’eau utilisée par la population n’est toujours pas potable. Le code de l’eau dispose dans son article 3 que « Toute eau livrée à la consommation humaine doit être potable. Elle remplit cette condition lorsqu’elle n’est pas susceptible de porter atteinte à la Santé de ceux qui la consomment ». Cette disposition législative est loin d’être respectée et plusieurs personnes souffrent de maladies liées à la non-potabilité de l’eau.

Ainsi, la résolution du problème de l’eau à Moroni et dans l’ensemble du pays doit être l’une des priorités des exécutifs de l’Union et des îles. C’est une question de vie ou de mort.

 

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