Crise diplomatique entre les Comores et la France: des idées extrémistes de Mayotte suivies par la France

Crise diplomatique entre les Comores et la France. Tel est le titre d’un éditorial de RFI pour relater le bras de fer diplomatique entre Moroni et Paris. Pourtant, le chef de la diplomatie comorienne qui minimise l’événement signe et insiste que les relations entre les deux pays sont au beau fixe. S’agit-il d’une crise diplomatique entre les Comores et la France ou d’une course de terrasses. La genèse de la crise trouve son origine dans la grogne des Mahorais qui ont présenté aux autorités françaises une plate forme de 101 revendications de tout genre, allant du social à la sécurité et au développement durable.

La France, suivant le regard des extrémistes de Mayotte voulait déplacer le centre de gravité de la crise en refoulant massivement les Comoriens originaires des trois îles de l’Archipel des Comores vers Anjouan, ce que Moroni a réfuté en publiant le 21 mars 2018 une note interdisant les compagnies de transport d’embarquer cette catégorie de passagers.

L’opération de Mayotte est minutieusement orchestrée par Paris en impliquant tous les organes de presse qui ont assuré une couverture médiatique qui a même dépassé les frontières de l’espace française. Toutefois, la France minimisait la capacité des autorités comoriennes à lui tenir tête et la finesse de la jeune diplomatie du plus petit État insulaire de la sous région de l’Océan Indien à pouvoir mener minutieusement la danse.

L’Ambassadrice de France à Moroni qui a écourté ses vacances de Paris à la demande des autorités de son pays n’a rien obtenu du chef de la diplomatie comorienne qui exigeait deux choses : la sécurité de tous les Comoriens résidant à Mayotte et l’ouverture d’un dialogue franc et sincère comme préalable à toute négociation. Le Ministre des Affaires Étrangères des Comores qui ironisait la puissance colonisatrice est allé, dans un ton humoristique, jusqu’à demander à la France de lui rendre les clés de Mayotte. Pour lui, l’insécurité à Mayotte prouve que la France a failli dans cette île et, en conséquence, n’y a rien à faire.

Chose faite. Le Premier ministre français et le ministre des Affaires étrangères ont admis à l’Assemblée nationale française que rien ne pourra se faire sans Moroni et que la France s’engageait à sécuriser la population et à ouvrir des discussions fermes et confiantes avec l’Union des Comores. Ensuite, vint le secrétaire d’État aux Affaires Étrangères français avec une impressionnante délégation à Moroni pour obtenir des concessions. Dans un ton très apaisé , le ministre comorien des Affaires étrangères dit que le cadre du dialogue est désormais établi et que les discussions sont amorcées sans dévoiler les détails. Fin négociateur avec des talents de communication. Il oriente sa communication et adresse des messages clefs tantôt aux Mahorais, tantôt aux autorités françaises.

Ensuite, intervient l’épisode du Quai d’Orsay où le Ministre comorien des Affaires étrangères est reçu en pompe par son homologue français. Les discussions qui auront duré plus d’une heure de temps n’ont réellement filtré l’essentiel. Ce qui est sûr, le diplomate comorien a donné un devoir à la maison à la partie française qui doit revoir sa copie et recontacter la partie comorienne à sa convenance.

Selon des sources proches du dossier, le chef de la délégation comorienne qui distingue les sujets de substances à traiter dans le cadre du dialogue permanent, les questions urgentes à trouver des réponses et le rapprochement entre les trois îles de l’Archipel des Comores et Mayotte a placé la barre très haute. L’ancien fonctionnaire de l’ONU a, en exigeant des mesures d’accompagnement et l’intervention d’une Agence onusienne voulait malicieusement faire connaître à l’opinion internationale le traitement inhumain réservé aux ressortissants des trois îles, les violations des droits humains dans un territoire qui se dit français et ultra européen, la marginalisation des autochtones, la précarité dans l’île nonobstant le pseudo statut de département accordé à Mayotte mais aussi et surtout l’intention de faire de Mayotte une colonie de peuplement en vidant l’île des Comoriens et en laissant la places aux ressortissants des pays des Grands Lacs et de Madagascar.

La note circulaire du 21 mars est maintenue et le dialogue continue au moment où le chef de la diplomatie comorienne exige de revoir la question du visa Balladur.

Selon un ancien militant du Front démocratique qui est proche de la délégation, dans la gestion de cette crise, la diplomatie comorienne dispose d’un fin négociateur qui connaît les rouages du métier. Son calme, son sang froid et son savoir faire face à la pression et aux intimidations de l’interlocuteur sont impressionnants. Et lui d’ajouter que la totalité du contenu de sa feuille de route reste dans la poche gauche de sa veste et ne l’a jamais partagé ni avec son entourage ni avec ses partenaires. L’homme qui a été sommé d’écourter ses congés pour rentrer au Mali et de mener les négociations qui ont permis l’entrée des ex-combattants de Kidal à Gao dans la perspective de l’établissement du MOC (Mécanisme Opérationnel de Coordination) a certainement plus d’admirateurs dans les milieux diplomatiques qu’à Mayotte.

Tacticien ? Visionnaire ? En offrant à la délégation française un exemplaire d’un ouvrage « Les grands défis de la politique étrangère des Comores » qu’il a publiés en 2007 et dans lequel il a détaillé des stratégies du règlement de la question de Mayotte, il voulait confirmer que le principe de la comorianité de Mayotte (premier fondement de la politique étrangère des Comores) n’est pas négociable. En tout cas, les membres de sa délégation ne font pas partie des planteurs de piments qui veulent, aujourd’hui, s’ériger en stratèges, diplomates et politologues. Et, le patron de la Mission Onusienne au Mali avait raison d’hésiter avant d’accepter la démission de l’ancien patron de l’ONU à Gao.

MALIDE Ben Abasse

3 commentaires sur Crise diplomatique entre les Comores et la France: des idées extrémistes de Mayotte suivies par la France

  1. Ils veulent quoi ??? Du pognon, du pognon et du pognon. Non pas pour leurs ressortissants mais pour leursss poches. Azali de tout des comoriens et pour preuve, ne laisse même pas rentrer ceux qui le veulent. Et il fait même venir des africains à Mayotte pour mettre la pression et se rapproche des émirats arabes. Bientôt le voile pour tous aux Comores etAzali le reconnaît lui même. Ça promet

  2. Important analyse de Mr MAOULIDE Ben Abasse si c’est confirmé.Nous nous félicitons de cette stratégie et nous lui demandons de tenir bon.La politique générale de Azali même s’il y a incontestablement des sujets à polémique, cette question de Mayotte, nous devrons être à l’unisson, appuyé le gouvernement cest quand on sera uni qu’on obtiendra gain de cause.j’approuve pas la politique de l’ex putchiste, devenu président mais avec cette question de Mayotte, je suis solidaire et je souhaite qu’il réussisse inchallah.

    • Abdouroihmane mon frère je fais le même analyse avec vous mais je crois pas du tout à ses guignol remplie leurs ventre par des canettes de bière et des viandes de chèvre , c’est sont des gens sans honneur ni dignité donc on verra bien .

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