Dans un mois, les ISA-BTP bâtiront aux Comores

Comme leurs prédécesseurs, les futurs ingénieurs du bâtiment terminent leur cursus en construisant un bâtiment. Début avril, une école aura vu le jour à Ouzioni.

Dimanche 3 mars, les 53 élèves ingénieurs de l’Institut supérieur aquitain du bâtiment et des travaux publics (ISA-BTP) du campus Montaury s’envoleront pour les Comores. Dans l’île principale de cet archipel africain de l’océan Indien, les étudiants vont édifier en un mois, une école pour 100 élèves. Le projet a été lancé en janvier 2012. Pourquoi avoir choisi la localité d’Ouzioni, au Sud-Ouest de la Grande Comore ?

Les étudiants en dernière année d’un cursus de cinq ans avaient le choix entre plusieurs projets, dont certains dans des pays où les précédentes promotions ont déjà œuvré (lire par ailleurs). Mais cette promotion 2013 compte un étudiant originaire des Comores.

construction comores

Chihaboudine Aboudou a sensibilisé ses 52 camarades à la situation de ses compatriotes. « 44,8 % de la population de 753 900 habitants sont analphabètes », ont noté les ISA-BTP dans leur dossier. Aujourd’hui, les élèves d’Ouzioni suivent leurs cours dans des locaux dispersés. « Les conditions de fonctionnement ne sont pas adéquates et nous souhaitons construire une école publique pour permettre à un nombre plus important d’enfants d’avoir accès à l’éducation. »

Peña pour le budget

Le projet de l’école prévue pour une centaine d’élèves a été mené avec l’association IOIDE (1). Celle-ci financera les panneaux photovoltaïques qui seront installés sur l’un des deux bâtiments de l’école (300 m² au total). Sur un terrain de 5 000 m2, le premier bâtiment comprendra deux salles de classe, une salle de professeurs et un bureau.

Le deuxième bâtiment est prévu pour une bibliothèque et une salle multimédia alimentée par les panneaux photovoltaïques. « Nous allons aussi apporter du matériel pédagogique et des livres scolaires », avance Alexandre Péré. « Nous avons conçu le chantier selon les normes françaises, et en deux parties pour s’organiser en deux équipes », ajoute Benjamin Gadioux, président d’Eman’Isa (2).

Cette association a été créée par les étudiants pour financer leur école aux Comores. Les élèves n’ont pas économisé leur peine pour financer en partie les 155 000 euros du budget : peña lors des Fêtes de Bayonne, missions dans le cadre de la Junior Entreprise, contrats d’intérim, etc. « Beaucoup de particuliers ont donné, moins d’entreprises, au vu de la conjoncture », assure Romain Grazina, qui sera chef de chantier aux Comores. Aujourd’hui, le compteur est à 120 000 euros, mais les ISA-BTP attendent 2 000 euros de la Ville d’Anglet et comptent sur une soirée étudiante organisée le 21 février (3) pour clore le budget.

Cyclone et séisme

À Ouzioni, les élèves logeront chez l’habitant : dans trois maisons prévues pour l’hébergement des garçons, qui sont 43 dans la promotion, et dans une autre maison pour les dix étudiantes ingénieures. Une infirmière sera du voyage, ainsi que plusieurs enseignants qui se relaieront. Le chantier intensif de l’école devrait être fini le 4 avril, terme du séjour des ISA-BTP.

Ainsi, les futurs ingénieurs travaux, constructeurs de travaux et gestionnaires de chantier auront pu constater la difficulté de monter des parpaings, une charpente métallique, des huisseries, le tout pouvant résister à un cyclone ou à un séisme. « Le fait que le projet de fin d’études soit humanitaire a compté dans mon choix de l’ISA-BTP », mentionne Damien Gardoux. En septembre, les élèves ingénieurs seront diplômés et, pour certains, sur le marché de l’emploi.

(1) Initiative Océan Indien pour le Développement. (2) Le don de l’ISA en basque. (3) Discothèque La Nouba, 6 euros.

Source: sudouest

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