De l’eau et de l’électricité : ici et maintenant

Le député interpelle le ministre de l’énergie sur le problème de l’eau et de l’électricité aux Comores  dans un courrier que nous nous sommes procurés.

fatahou-moroniUn cri de détresse. Les foyers des comoriens ont renoué depuis des semaines avec le manque les coupures d’eau potable, les délestages intempestifs et à rallonge. Etant donné que nous ne pouvons pas indéfiniment nous éclairer à la bougie pendant que d’autres utilisent notre argent public pour leur confort et à préparer le sommet des présidents des Iles de l’Océan Indien. Nos hôtes seront reçus dans l’obscurité. Dignité où est tu ? Une honte nationale. Les comoriens sont exaspérés par cette situation. Cette situation inclut l’extrême majorité des familles, des étudiants et des travailleurs comoriens. Travailleurs parmi lesquels les tailleurs, les coiffeurs et les vendeurs de denrées périssables ont une activité ralentie voire détruite par l’amateurisme de la gestion de la société MA-MWE et par le concours de tâtonnements hasardeux qu’offrent les techniciens de la dite société. Du fuel ?

Cependant, si jusqu’ici vous ne comprenez pas pourquoi je viens m’adresser à vous pour vous dire le ras-le-bol de tout un peuple, c’est que le problème est plus profond que je ne le pensais. Si je m’adresse à vous pour parler d’énergie c’est parce que vous faites partie de cette frange de privilégiés gouvernementaux qui installent des groupes électrogènes dans leurs logements de fonctions et dans leurs maisons privées.

Si cette situation ne vous émeut pas, ce qui est apparemment le cas, et bien moi, elle me choque et me met en colère. En effet, je considère totalement méprisant vis-à-vis de nous cette attitude « électrogène » qui en plus d’être égoïste, vous plonge vous Monsieur le Ministre, non dans le noir, mais dans une totale méconnaissance des réalités que vivent la plus grande partie de la population comorienne et vos voisins. Mépris, voilà le seul mot qui peut qualifier cette attitude lorsqu’elle est observée chez un membre du gouvernement. Vous devez probablement vous dire, comme la plupart des ministres de l’actuel gouvernement, que « le courant qui coupe c’est pour les autres, moi je suis ministre ». Comment pouvez-vous prétendre aider vos populations si vous êtes complètement coupée (sic) des réalités qu’elles vivent au quotidien? Ou, si je retire mon procès d’intention, dois je supposer que vous travaillez tellement qu’il vous est nécessaire de toujours avoir du courant pendant que nous, la masse, nous croupissons dans le noir ?

Détrompez-vous, je ne suis pas aigri par toutes les personnes qui possèdent un groupe électrogène.  Mais pendant que d’autres révisent leurs leçons à la bougie et que les denrées pourrissent dans les réfrigérateurs, la désinvolture avec laquelle l’ensemble des personnalités gravitant autour de l’Etat adoptent le « 100% confort » ne peut me laisser indifférent. Et cela ne devrait pas non plus vous laisser indifférente car vous avez le devoir, comme toute personnalité étatique, d’être un exemple et d’être proche de vos populations : c’est pour cela que l’on vous a nommés, car vous et votre chef le Président IKILILOU DHOININE l’oubliez trop souvent.

En effet, il est de votre devoir, vous et vos collègues du gouvernement, de trouver des solutions à nos problèmes, et cette tâche vous incombe grandement, vous qui êtes. Au lieu de cela, vous préférez la solution de la facilité qui consiste à vous adosser sur vos responsabilités pour vivre dans un confort méprisant à notre encontre, responsabilités qui encore une fois auraient été imaginaires si la majorité des comoriens n’avait pas voté pour le Président Ikililou Dhoinine.  Mais à force d’observer mon pays, j’ai fini par comprendre qu’un gouvernement où tout le monde roule en voiture climatisée et vit dans des villas où il n’y a ni délestages ni coupures d’eau ne peut prétendre régler les problèmes d’une population qui s’agglutine quotidiennement et vit dans le noir de manière quasi permanente.

Je n’ai rien contre votre personne, je m’adresse ici à un Ministre et à au responsable politique que vous êtes. En ce sens, et en ce sens uniquement, je répète que votre mandat ministériel vous condamne à vous imprégner des réalités que vivent vos populations, ceci afin d’être proche de ces dernières. Proche, vous devez l’être par l’exemple mais vous devez également montrer que vous l’êtes en faisant remonter les difficultés, les attentes et maintenant les colères de vos populations au plus haut niveau de l’Etat. Si cela ne constitue pas l’une de vos priorités, et loin de moi l’idée de vous poser un ultimatum à vous et au gouvernement, nous exporterons bientôt notre colère dans les rues comme le ferait n’importe quel peuple méprisé comme tant d’autres. Ici et maintenant.

Cordialement

ABDOULFATAH SAID MOHAMED

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