En ce moment

Déclaration de Me Mzimba après avoir mis fin à sa carrière politique

Lettre à mes électeurs

J’ai pris une décision difficile, et c’est de mon devoir et la responsabilité de m’adresser à vous aujourd’hui.

La politique est un engagement, pas une carrière.

Je suis entré en politique en 2004, la même année où j’ai prêté serment pour embrasser la carrière d’avocat. Mon métier est d’être avocat, défendre les intérêts de mes clients. Mais j’ai aussi des convictions, des idées, c’est pourquoi j’ai entamé un parcours politique. Je me suis engagé, il y a 15 ans. J’ai voulu apporter des idées novatrices, une vision différente, une autre façon de faire de la politique.

Cette différence, c’est notamment de refuser d’être proche du pouvoir. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai été un opposant politique. Je n’ai jamais cherché à mener une carrière opportuniste, à monnayer des avantages que donnerait la proximité du pouvoir, ou l’exercice du pouvoir. Pourtant, j’ai été invité à plusieurs reprises ces dernières années à entrer au gouvernement. Je n’ai pas accepté, car ma conception de la politique est la capacité à agir, à transformer, à faire progresser les intérêts de mon pays, l’intérêt général. J’ai refusé de m’engager dès lors que je n’avais pas de poids dans le processus décisionnel.

Je revendique mon intégrité morale dans l’exercice de mes responsabilités publiques. J’ai occupé par le passé les postes de commissaire aux affaires étrangères, puis de ministre des affaires étrangères. Nous connaissons le contexte du scandale de la vente de la citoyenneté économique, la recherche de l’enrichissement personnel de quelques-uns conduisant à jeter le discrédit sur tout un pays, et ses ressortissants. Rien ne peut m’être reproché dans l’exercice de mes fonctions ministérielles. A maintes reprises, j’ai été sollicité à apposer ma signature sur des passeports diplomatiques à connotation fantaisiste, et sans effet réel sur notre pays. J’ai refusé catégoriquement.

Mon indépendance d’esprit, ma probité, m’ont conduit à être soutenu par ma région. Je ressens de la fierté à avoir su conquérir la confiance de mes électeurs, que je n’ai jamais trahi en politique.

Je me retrouve devant vous aujourd’hui pour vous annoncer que je quitte la vie politique, pour me recentrer sur mon métier d’avocat. Ce n’est pas un renoncement à mes idées, mes idéaux. Mais en 15 ans d’engagement, je ne peux nier l’usure du temps. Comme je le disais dans mes propos introductifs, la politique n’est pas un métier. Il faut laisser du champ pour des hommes et des femmes plus jeunes talentueux, fougueux, puissent émerger et porter à leur tour des idées nouvelles, un combat, avec une énergie qui leur est propre.

Je veux aujourd’hui, loin des cercles du pouvoir, exercer mon métier. Je veux défendre ceux dont les intérêts sont menacés. Je me dois de le faire dans la sérénité, loin de l’exposition médiatique de notre vie politique. Je tiens à remercier chaleureusement ma région, le Grand Badjini, mes électeurs qui m’ont apporté leur confiance pendant toutes ces années. J’ai été élu député, et je suis fier d’avoir porté leur parole à l’Assemblée nationale. A chaque rendez-vous électoral, j’ai reçu leur soutien toujours indéfectible, sans faille. Je n’ai pu exister en politique que grâce à eux, et je ne les oublierai pas.

Ibrahim Ali Mzimba

3 commentaires sur Déclaration de Me Mzimba après avoir mis fin à sa carrière politique

  1. Respect pour cette décision honorable qui laisse présager de votre esprit patriotique.
    J’ose espérer que certains esprits chagrins ne viendront pas contrarier votre patriotisme, en prétextant que vous avez été contraint et forcé, torturé ou menacé personnellement ou un membre de votre famille.
    Chapeau bas…

  2. Il a peur d’être mis en RS.
    En effet, la secte est entrain de lui préparer un dossier comme tout membre du CNT.
    « Mledjeya nagwe kakoza ».
    Après la tempête, il reviendra.

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*