Déontologie médicale : Halte aux «sales pratiques» !

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A la question de savoir ce que sa direction entend faire pour endiguer les pratiques ‘‘malsaines’’ de certains médecins à Ndzuani (vente de médicaments dans leurs cabinets, refus d’examiner les patients indigents,…), le patron de la Santé sur l’île répond que «ceux qui font cela peuvent être traduits en justice ou interdits d’exercer, mais c’est la mission de l’Inspection générale de la santé».

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Le directeur de la Santé de Ndzuani, Dr Abdallah Ahmed,  est monté au créneau mardi pour dénoncer certaines ‘‘pratiques illégales’’ du corps médical de l’île. Ces pratiques consisteraient à vendre des médicaments à leurs patients, ou à refuser d’examiner les malades qui n’ont pas d’argent.

«Je rappelle que les médecins n’ont aucunement le droit de vendre des médicaments à leurs patients ; cette mission est réservée aux pharmaciens et il y a une loi dans ce pays, le Code de la santé publique, qui clarifie tout cela.

De même, le médecin est tenu de soigner son patient même si ce dernier n’a pas d’argent», a-t-il déclaré à la presse. A la question de savoir ce que la direction entend faire pour endiguer ce phénomène, le directeur répond que «ceux qui font cela peuvent être traduits en justice ou interdits d’exercer, mais c’est la mission de l’Inspection générale de la santé».

A Ndzuani, ces pratiques interdites sont courantes dans les établissements privés comme publics, et le directeur de la santé le reconnait. Un médecin spécialiste de la place est même bien connu pour ‘‘ses ordonnances illisibles’’, même pour les pharmaciens, obligeant ainsi ses patients à retourner acheter le médicament chez lui. Un autre spécialiste serait l’auteur de ce célèbre propos cynique : «Si tu veux guérir, retrouve-moi dans ma clinique. Mais si tu ne veux pas, alors retrouve-moi à l’hôpital public. »

La législation sanitaire et le code de déontologie médicale en vigueur aux Comores sont pourtant clairs. «Un médecin qui se trouve en présence d’un malade ou d’un blessé en péril ou informé qu’un malade ou un blessé est en péril doit lui porter assistance ou s’assurer qu’il reçoit les soins nécessaires », stipule l’article 4 du code de déontologie médicale.

S’agissant de la vente de médicaments, l’article 16 dispose que  «tout compérage entre médecins, pharmaciens, auxiliaires médicaux ou toute autre personne est interdite. Il est interdit à un médecin de donner des consultations dans des locaux commerciaux et dans tout local où sont mis en vente des médicaments, des produits ou des appareils, ainsi que dans les dépendances des dits locaux. Il est interdit aux médecins de vendre des médicaments dans leur cabinet privé. »

S’il est incongru pour un patient démuni de ‘‘pointer son nez’’ dans un établissement privé, dans le service public, rien n’est non plus évident. La loi portant code de la santé publique et de l’action sociale prévoit que «dans les formations sanitaires publiques, c’est le principe de la participation de la population aux frais des prestations de soins et de services de santé », mais qu’ «exceptionnellement, certaines prestations de soins et de services de santé sont fournies à titre gratuit ».

Un ancien directeur du Centre hospitalier de Hombo faisait un jour à Al-watwan la confidence suivante : « Il y a le régime des cas sociaux qui devrait, en principe, exempter les indigents de ces taxes sur les actes médicaux, mais vous savez quoi, ce sont des directeurs et des commissaires qui en profitent. Ce sont ceux qui ont les moyens de régler leurs frais hospitaliers qui nous envoient des proches et nous demandent de les considérer comme étant des cas sociaux ! »

Sardou Moussa / Alwatwan

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