Des risques graves sur le pays

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Le président Ikililou dont l’objectif principal est de quitter Beït Salam au plus vite, a ouvert la campagne des présidentielles et des gouverneurs. Comme à son habitude il fait l’autruche face aux innombrables obstacles auxquels est confronté le pays. Et pourtant la situation est gravissime. Les dirigeants du pays parlent de paix, de concorde et d’élections paisibles tout en poussant la population à bout.

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Quelle paix, quelle stabilité quand la misère s’étend, quand tout manque (électricité, eau,…) quand les pénuries se multiplient (farine, carburant, …) quand il est impossible de se soigner dans le pays, d’instruire ses enfants, quand il est difficile de faire valoir ses droits, quand des crimes horribles restent impunis, quand la corruption s’étale au grand jour, ….

Si en prime, les institutions responsables de conduire les élections n’en font qu’à leur tête, le bouchon risque d’exploser.

Une CENI sur laquelle pèse des soupçons de détournement de plus 100 millions de francs dispose-t-elle de la crédibilité indispensable à une conduite sereine et indépendante des élections ? Cerise sur le gâteau, son président, au cœur de la tourmente, s’arroge le pouvoir de suspendre des conseillers, qui, il convient de le rappeler ont été désignés par des organes devant être représentés à la CENI pour conférer à cette dernière l’indépendance indispensable. Et personne ne réagit face à une telle dérive autocratique !

Quand la Cour Constitutionnelle monte sur le front pour invectiver la presse et soumettre les avocats à du chantage (elle ne reconnaîtra pas certains avocats comme si cela relevait de ses prérogatives), l’inquiétude grandit. Et pourquoi cette malheureuse conférence de presse ? Pour tenter d’étouffer toute expression d’opinions sur ses arrêts qui, et cela mérite d’être souligné, sont, malgré tout, respectés à la lettre. La CC est-elle consciente du message qu’elle a fait passer ?

L’absence de respect des lois, les abus arrogants sont les vraies sources de l’instabilité et les dirigeants du pays semblent l’oublier ou sous estiment les frustrations des simples gens. Tout ce qui touche aux élections semble infesté. Le plus grave étant la position du président Ikililou sur la tournante. Il n’est pas dans les prérogatives de l’Exécutif de décider de sauter le tour de Maore, ni d’engager un nouveau cycle de la tournante ni de sélectionner l’île à laquelle échoit le tour. Et aucune institution du pays n’a réagi, ni l’Assemblée Nationale, ni la Cour Constitutionnelle. Saisie par le Comité Maore, la CC a rendu un arrêt sans même pas entendre les plaignants !?

L’ambiance est pour le moins délétère. D’autant qu’une opinion largement répandue tend à accréditer la thèse du passage du relais du pouvoir avec des moyens que tout le monde connaît. Ce qui a conduit un candidat VP, dans une radio , à promettre une réaction violente en cas de fraude électorale.

Au niveau de la population le désenchantement est total. Personne ne croit que ses élections changeront quelque chose au cours désastreux de la vie des simples citoyens. Au contraire, on s’attend à pire. L’espoir, car il ne faut jamais désespérer, réside dans un sursaut national que devrait conduire le Président. Malheureusement on en est loin. La planche de salut que lui a tendu M. Bazi et le Mouvement du 11 août 2015 semble être dédaigné. Le Dr Ikililou Dhoinine sera fidèle à lui-même durant tout son mandat.

De toutes les façons, les assises nationales se tiendront et tout sera fait pour qu’elles s’exercent une influence décisive sur le devenir du pays.

Idriss Mohamed

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