D’expositions et de talents : “j’invite le public à venir vivre la réalité et véracité de notre culture”

La deuxième journée de la première édition du Festival des arts contemporains des Comores (Facc) se fut hier, jeudi, avec l’ouverture des expositions et les conférences. Les artistes plasticiens, peintres et autres photographes ont pu étaler leur savoir-faire sur trois sites pendant que six conférenciers avaient pris d’assaut le Palais du peuple de Hamramba à Moroni. La salle de conférence du palais sert d’espace aux artistes pour accueillir leurs visiteurs et admirateurs.

“Je suis venu au Palais que pour visiter l’exposition. Je la trouve très originale par ses couleurs même si je n’ai rien compris à certains tableaux”, a lancé Salma Mohamed Omar, élève de la classe de Cm2 à Chiraz Horizon de Moroni. Après avoir fait un tour de l’exposition, elle trouve que “la petite librairie installée dans la salle est intéressante avec des livres très importants par leur intérêt”. Les talents des différents artistes participant au festival apparaissent au travers des divers oeuvres servis au public.

Plusieurs curieux se rendent au palais pour découvrir ces talents artistiques. Le photographe Ahmed Ali Bacar dit Doudou est parmi ces artistes qui exposent depuis mercredi à Hamramba. Sous le thème “La connaissance en soi“, le photographe propose des images qui inspirent ce thème. “J’ai nommé mon exposition ‘Soul of me’ ou ma conscience pour partager avec les visiteurs, les patrimoines des Comores. Ces photos, dont la mosquée de Casablanca, et des outils de bijouterie sont l’une de mes expériences vécues dans ce monde d’images”.

Face au stand de Doudou, Didier Vacher Valhère, peintre venu de Maore, expose deux géants portraits du couple Balthazar, promoteur de l’évènement artistique. A quelques pas de là, la peintre Gwenaëlle Maandhui, connue par son nom d’artiste “Mafeda”, fixe ses oeuvres. Un tableau abstrait dominé par la couleur rouge vive que l’artiste tentera d’expliquer : “ce tableau exprime la construction de soi qui vient par des briques et des parents. On a tous besoin des autres avant d’être soi-même.

C’est ainsi qu’on est obligé de casser ce mur”, dit Mafeda qui précise : “l’ylang-ylang et le dessin qui apparaissent ici expriment également la culture de Mayotte”. L’ambiance et l’enthousiasme des visiteurs sont palpables dans une salle multicolore bercée par de douces mélodies signées de célèbres artistes nationaux, tels que Abou Chihabi, Salim Ali Amir ou Maalesh. Moment unique de la diversité culturelle.

“Je suis entièrement conquise par la disposition des tableaux, des sculptures, des photos et tout ce qui s’y trouve. C’est émouvant de vivre un moment pareil et surtout que c’est organisé par la volonté d’un proche. J’invite le public à venir vivre la réalité et véracité de notre culture”, confie la visiteuse Mariama Nabouhane, invitée d’honneur du festival. La calligraphie comorienne est aussi à l’honneur dans cette exposition grâce au jeune Mohamed Ambidi Mohamed.

Cet artiste de Calcamart s’accroche à son tableau “Le peuple comorien est uni”. Ambidi expose au total quatre oeuvres dans les trois sites. “C’est la première fois que j’expose dans un festival de dimension internationale. C’est un grand honneur de partager cette salle avec des artistes mondialement connus comme Eléonore Hauptmann, entre autres. C’est une belle expérience pour Calcamart et surtout pour l’art et la culture comoriens”, dit Ambidi, une des révélations nationales du premier festival des Comores.

Eu égard aux différents étalages des expositions, Ousmane Sow lâchera : “l’homogénéité sur la qualité des œuvres exposés ici nous rassure davantage de la demeure de l’art africain en particulier”. Le sculpteur qui a été reçu par le chef de l’Etat dans la journée d’hier devait conclure : “le festival est bien parti avec un grand espoir que ça va se prolonger dans les années à venir. La mobilisation et la détermination des autorités comoriennes font la réussite du festival”.

Elie-Dine Djouma

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