Dissolution CNPLC Une conférence interrompue, « sous peine de représailles »

​La semaine dernière, les journalistes étaient conviés à une conférence de presse au siège de Commission Nationale de Prévention et de Lutte contre la Corruption. L’avocat de la Cnplc espérait annoncer qu’une requête avait été déposée vendredi dernier à la Cour Constitutionnelle demandant annulation du décret du président de la républiqueabrogeant certaines dispositions de la loi relative à la transparence des activités économiques et financières. La conférence a aussitôt été interrompue.

La commission a été appelée à quitter les lieux sous peine de s’exposer à des représailles. Me Ahamada Baco, avocat de la Cnplc, avait convié les journalistes à une conférence de presse samedi. Il était question du décret du chef de l’Etat qui abrogeait certaines dispositions de la loi relative à la transparence des activités publiques économiques, financière et sociale du pays. Après que Me Baco ait annoncé qu’une requête a été déposée à la cour constitutionnelle pour annuler le décret du président de la République, un incident est venu perturber la traditionnelle séance de question des journalistes.

Contre toute attente, un commissaire est venu avertir les membres de la Cnplc qu’il fallait quitter les locaux sous peine de s’exposer à des représailles. « Cet acte nous montre comment l’Etat prend cette affaire et le vrai visage du président de la République », a dit Me Baco pour qui « un décret qui annule une loi, c’est du jamais vu ». Pour cet avocat au barreau de Moroni, le décret du chef de l’Etat a violé la constitution. D’où cette saisine auprès de la haute cour.


« Dans un Etat qui se respecte, la cour constitutionnelle n’aura qu’une seule chose à faire : annuler le décret du président de la République », poursuit-il. Me Baco a dit son inquiétude de la décision du chef de l’Etat face aux organismes internationaux avec lesquels la Cnplc avait ratifié des conventions notamment la charte relative à la lutte contre la corruption. « Si le président de la République voulait modifier ou abroger certaines dispositions de la loi, il aurait pu faire un projet de loi et le présenter aux députés. (…) Il ne peut pas être président et député à la fois », a-t-il dit.

Pour le respect de la loi et de l’Etat de droit, comme s’est engagé à le faire le président de la république, Me Ahamada Baco reste persuadé que Azali Assoumani va revenir sur sa décision et annuler par la suite son décret.

Mohamed Youssouf/ LGDC 

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