Drame d’Abidjan : deux blogueurs ivoiriens retenus plusieurs heures par- la police

4 janvier 2013

Drame d’Abidjan : deux blogueurs ivoiriens retenus plusieurs heures par la police

Des messages laissés en mémoire des victimes de la bousculade qui a fait 63 morts durant la nuit du Nouvel An à Abidjan ©AFP

ABIDJAN (AFP) – (AFP)

Deux
blogueurs ivoiriens très impliqués dans l’aide aux
victimes de la bousculade qui a fait 63 morts durant la nuit
du Nouvel An à Abidjan ont été retenus
plusieurs heures par la police sans explication, a-t-on
appris vendredi auprès des intéressés.

Mohamed Diaby, blogueur actif sur les réseaux sociaux
ivoiriens, a raconté à l’AFP que l’un de ses
collaborateurs avait été « gardé toute la
nuit (de jeudi à vendredi) par la police
criminelle », et que lui-même y avait passé
deux heures vendredi matin, avant qu’ils ne ressortent
libres tous les deux.

« Personne ne nous a dit ce qu’on nous reprochait »
mais « il paraîtrait qu’on nous soupçonne
d’interférer avec les pouvoirs publics », a
ajouté M. Diaby.

Le sort des deux blogueurs, qui avec une équipe
réunissent des informations pour aider les proches des
victimes et parer aux « dysfonctionnements » de la
réponse de l’Etat au drame, a provoqué vendredi
une intense mobilisation sur les réseaux sociaux de
Côte d’Ivoire.

Selon le dernier bilan officiel, 63 personnes, dont de
nombreux jeunes, ont été tuées et 48
blessées lors de la bousculade survenue durant les
festivités du Nouvel An.

Lors d’un Conseil des ministres vendredi, le président
Alassane Ouattara a de nouveau souhaité que les
conclusions de l’enquête soient connues « assez
rapidement ».Les premiers résultats doivent
être communiqués ce week-end.

Le Premier ministre Daniel Kablan Duncan a estimé que
cet accident a montré le besoin de renforcer « le
dispositif de veille et de sécurisation des sites de
manifestations publiques » et la nécessité de
« redoubler de vigilance et de rigueur en matière de
protection civile ».

« Le gouvernement avait pris l’ensemble des dispositions
qui lui paraissaient nécessaires », a toutefois
souligné le porte-parole du gouvernement Bruno
Koné, après le Conseil des ministres.

Le parti de l’ancien président Laurent Gbagbo a
réclamé la démission du ministre de
l’Intérieur, jugeant que les « précautions
sécuritaires nécessaires » n’avaient pas
été prises.



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