Egypte : heurts à Alexandrie avant un référendum sous haute tension samedi

14 décembre 2012

Egypte : heurts à Alexandrie avant un référendum sous haute tension samedi

Des manifestants égyptiens appellent à voter

LE CAIRE (AFP) – (AFP)

Les
Egyptiens s’apprêtent à voter samedi pour la
première partie d’un référendum sur un projet
de Constitution qui met le pays sous tension et a
provoqué vendredi des heurts qui ont fait quinze
blessés à Alexandrie (nord).

Le référendum doit se tenir samedi dans dix
gouvernorats, dont Le Caire et Alexandrie, les deux plus
grandes villes du pays, et la région instable du
Sinaï (est).Les 17 autres gouvernorats voteront le 22 décembre.

Les bureaux de vote doivent ouvrir de 08h00 locales (06h00
GMT) à 19h00 (17h00 GMT).

Vendredi, des groupes des deux camps ont échangé
des jets de pierres à Alexandrie, où des voitures
ont été brûlées, après l’appel d’un
religieux à voter « oui » lors de prière
hebdomadaire.La police est intervenue pour rétablir le
calme, selon des témoins.

Les services médicaux ont évoqué un bilan de
15 personnes blessés dans les accrochages.

Au Caire,
2.000 partisans du président Mohamed Morsi se sont
rassemblés devant une mosquée de l’est de la
capitale à l’appel de partis islamistes pour soutenir
le projet de loi fondamentale.

L’opposition, qui appelle à voter « non », n’a
réuni que quelques centaines de personnes dans le calme
en fin de journée aux abords du palais
présidentiel, gardé par l’armée dans la
banlieue du Caire.Des centaines d’opposants étaient
également rassemblés sur la place Tahrir, dans le
centre de la ville.

Des deux côtés, la mobilisation était
nettement moindre que lors des nombreuses autres
manifestations qui se sont succédé depuis fin
novembre et ont dégénéré à
plusieurs reprises en affrontements entre les deux camps qui
ont fait huit morts il y a une semaine devant la présidence.

Lors d’une conférence de presse du Front du salut
national (FSN), principale coalition de l’opposition, le
libéral Amr Hamzawi s’est dit « confiant que le
peuple égyptien dira non à la Constitution des
Frères musulmans », mouvement islamiste dont est
issu M. Morsi.

« Nous devons voter +oui+ pour que le pays se stabilise,
pour avancer et laisser l’ère de (transition de
l’après-Hosni Moubarak) derrière nous », a en
revanche expliqué Moustafa Abdullah, 33 ans, membre du
Parti Justice et Liberté, le bras politique des Frères.

Quelque
120.000 soldats ont été appelés en renfort
pour aider les 130.000 policiers à assurer la
protection des opérations de vote samedi.

Boycott de magistrats

La division du pays en deux zones de vote successives a
été décidée in extremis, manifestement
pour faire face au refus de nombreux magistrats de
superviser le scrutin.

Le projet de Constitution vise à doter le pays d’un
cadre institutionnel stable, censé selon ses partisans
refléter les changements intervenus dans le pays depuis
la chute de Hosni Moubarak début 2011.

L’opposition laïque, de gauche et libérale
dénonce en revanche un texte adopté en toute
hâte par une commission dominée par les
islamistes, qui ouvre la voie selon elle à des
interprétations rigoristes de l’islam et manque de
garanties pour les libertés.

Ce référendum est également vu comme une forme
de vote de confiance pour ou contre M. Morsi, élu
à une courte majorité de 51,7% des voix en juin.

Le président islamiste peut compter sur la capacité
de mobilisation du puissant mouvement des Frères
musulmans, mais il fait face à une profonde crise
économique qui provoque le mécontentement populaire.

Quelle que soit l’issue,
ce référendum « va exacerber les tensions
politiques et les ressentiments » entre un président
qui a fait le choix de maintenir un texte controversé
et une opposition dopée par la vague de contestation,
estime Hani Sabra, un expert du centre d’analyse
économique américain Eurasia Group.

La patriarche de la communauté copte (chrétiens
d’Egypte, 6 à 10% de la population), Tawadros II, a
« appelé les Egyptiens à participer » au
vote, sans exprimer ouvertement de préférence pour
le « oui » ou le « non ».

L’Eglise copte avait retiré ses représentants de la
commission chargée de rédiger la Constitution,
pour protester contre certaines dispositions relatives
à la loi islamique.

Le scrutin concerne au total 51,3 millions d’électeurs
inscrits, sur une population totale de 83 millions qui fait
de l’Egypte le pays le plus peuplé du monde arabe.Les
Egyptiens résidant à l’étranger ont
commencé à voter mercredi pour quatre jours dans
les missions diplomatiques.



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