Élection sous tension aux Comores : le Quai d’Orsay conseille aux Français d’éviter le secteur

Le ministère des Affaires étrangères appelle les ressortissants français à reporter leur déplacement, tout particulièrement vers l’île d’Anjouan, en pleine élection présidentielle tendue.

Elle est habituellement réputée pour ses plages de sable noir et sa grande production de vanille, de girofle et d’ylang-ylang. Mais Anjouan, deuxième île de l’archipel des Comores dans l’océan Indien, est en ce moment considérée comme une zone à risque que le Quai d’Orsay conseille grandement d’éviter. Le Quai d’Orsay appelle ce dimanche les ressortissants français et les éventuels touristes à reporter tout déplacement vers cette destination. La cause, une élection présidentielle sous haute tension.

Les jours précédant cette échéance électorale, « des manifestations pourraient avoir lieu en marge du scrutin. Des débordements sont possibles », avaient déjà prévenu les autorités françaises. « Il est recommandé de faire preuve de vigilance, de se tenir à l’écart des cortèges et des rassemblements de foule », précisait donc le communiqué. Force est de constater que les consignes étaient adéquates puisque des tensions se sont effectivement manifestées dans tout l’archipel.
L’opposition dénonce un « coup d’Etat »

Dès l’ouverture des 731 bureaux de vote du pays, l’opposition a fait état de graves irrégularités dans les îles d’Anjouan, en majorité hostile au président, et de Mohéli. Un responsable de la commission électorale (Ceni) a confirmé qu’une dizaine de bureaux anjouanais avaient même été saccagés.

Selon la déclaration des douze candidats de l’opposition, ces irrégularités constituent un « coup d’Etat […] ayant pour objet de museler la population, l’empêcher de se rendre dans les urnes ». Et de prévenir : « Nous, candidats, déclarons illégitime le gouvernement actuel ayant à sa tête le colonel Azali. Nous, candidats, contestons la mascarade de ces élections », a notamment déclaré le colonel Soihili Mohamed.

Au point d’organiser une contre-attaque d’un genre nouveau. Les candidats ont en effet demandé aux habitants de la capitale Moroni de se rendre massivement à l’Assemblée nationale, qui abrite le centre de dépouillement national. « Il s’agit d’empêcher les urnes d’arriver à Moroni », a confirmé le candidat du parti Juwa, l’avocat Mahamoudou Ahamada.

Tout au long de la campagne électorale, le sortant Azali Assoumani, un ancien putschiste élu en 2016, s’est dit déterminé à se faire réélire dès le premier tour. L’opposition l’a accusé en retour de vouloir perpétrer un « hold-up électoral ».

Leparisien.fr

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