Enseignement public : Une année scolaire en péril

L’année scolaire touche à sa fin et les élèves du public n’ont toujours pas de résultats. Presque six mois de cela, l’intersyndicale réclame le versement du salaire du mois de mai 2017. Et à quelques semaines de la fin de l’année et des examens nationaux, les chefs d’établissement prennent la relève à l’intersyndicale. Dans une rencontre avec la presse, les administrateurs de l’éducation appellent toutes les parties (gouvernement, intersyndicale et parents) à venir au secours des élèves.

Les bulletins des deux premiers trimestres sont vierges. Dans moins de quatre semaines les compositions du troisième trimestre devront avoir lieu, mais l’incertitude c’est le remplissage des bulletins des notes. Ce n’est pas nouveau, car cela fait plus de quatre mois que la réclamation du mois de mai fait échos. Pendant toute la période que l’intersyndicale campait sur sa position, les chefs d’établissement se tenaient à l’écart. Ces derniers sont montés au créneau car ils disent craindre un redoublement général. « Si nous ne trouvons pas une solution d’ici la fin de l’année, c’est le redoublement général qui sera déclenché », s’indigne Mohamed Ali Abdallah, proviseur du lycée de Moroni. Ce dernier explique que la validation d’une année scolaire ne rime pas avec la réalisation des examens de fin d’année mais plutôt avec la validation des trois trimestres de l’année scolaire.

La situation la plus alarmante, c’est l’isolement des parents devant un tel scenario. Une indignation pour tout le monde. Professeur, chefs d’établissement et syndicalistes, tous disent ne pas comprendre le silence des parents face à ce fléau. Le proviseur du lycée de Moroni, Mohamed Ali Abdallah ne cache pas son inquiétude, « ce qui m’indigne le plus c’est la réaction des parents, responsables et chefs de famille ». « Pendant que ces gens font un long trajet, partent du fond de l’île jusqu’à la capitale pour demander l’ouverture d’une école communautaire aux autorités alors qu’ils ne se soucient même pas des résultats de ces derniers. C’est de l’hypocrisie et c’est regrettable. Sinon on aurait vu leur réaction face à la situation actuelle : deux trimestres sans bulletins scolaires, vous auriez dû demander des comptes à qui il se doit », martèle le proviseur. « Ils ont une part de responsabilité non négligeable », poursuit-il.

Entre indignation, indigence et dégout

Six milles, c’est le nombre de bulletins que les enseignants auront à remplir. Un travail « indigent » à en croire nos interlocuteurs. Des calculs qui risqueront d’être flous et fatiguants car ce n’est pas évident qu’une personne puisse les faire et dégoutant parce que c’est un travail qui se devait d’être reparti en trois temps et partagé entre plusieurs personnes. « Nous nous devons, dans les plus brefs délais, trouver une solution car ce n’est pas la meilleure des manières d’entamer l’éducation de nos enfants. Pendant que le monde a mis en place d’autres stratégies plus évoluée dans le domaine, le cas des Comores est honteux. Il n’est pas admissible que l’on fasse une année scolaire, arrivée à la fin et qu’on n’ait ni résultats, ni admission. Trouvons vite une solution », a-t-il insisté.

Les activités de routine sont bloquées. « Depuis le début de cette crise l’inspection pédagogique n’a fait aucune ronde, de même que les directeurs et responsables des différents établissements n’arrivent pas à mettre en place leur planning scolaire, pour le futur et pour le présent », chose qui défavorise l’enseignement. Si à la clôture de l’année une solution est trouvée, le proviseur montre que cela mènera au même problème car les enseignants peuvent réclamer des heures supplémentaires rien que pour remplir les bulletins. C’est la raison pour laquelle la solution devrait être trouvée avant la fin de l’année en cours dans le but d’éviter l’accumulation surtout pour favoriser le remplissage.

Autre souci aux yeux de ces responsables, c’est l’échec de la nouvelle forme d’identification avec la mise en place des livrets scolaires. Projet qui sera bloqué par le manque des notes, aucune brochure ne pourrait-être remplie et cela malgré la politique de rapprochement entre parents, chefs d’établissements et élèves instaurée pour aider à rehausser le niveau dans un système de suivi quotidien. Et comme rien ne favorise les élèves du public dans cette situation contrairement à ceux du privé, les comoriens disent craindre la perdition de l’éducation pour l’année en cours. Devant une telle situation, il est urgent que les autorités prennent leur responsabilité.

A.O Yazid / LGDC

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