Entre l’urgence et le long terme, un projet solidaire de Salmata Tabibou avec les Comores

Le parcours de Salmata Tabibou a démarré bien loin de chez nous, à Madagascar,puis aux Comores. Arrivée à 18 ans à Saint-Pol-sur-Mer, elle a toujours gardé un attachement de coeur pour ces terres de l’océan Indien où elle a vécu son enfance et sa jeunesse.

Toujours souriante, bourrée de dynamisme, la tête remplie de projets, Salmata Tabihou a beaucoup oeuvré depuis quinze ans à l’intégration avec son association Imani (Initiative, médiation, accompagnement nécessaire à l’intégration) qu’elle a créée en 1997. Mais son coeur qui n’a pas de limites se tourne une nouvelle fois vers ses compatriotes restés au pays.

« À mon arrivée aux Comores, encore enfant, j’ai connu une famille qui avait deux enfants handicapés toujours cloîtrés chez eux. J’ai dit à la maman : « Pourquoi les gardez-vous toujours à l’intérieur et ne peuvent-ils pas sortir ? » J’étais étonnée, mais j’ai vite compris que dans ces villages, on cachait les enfants handicapés, qu’il n’y avait rien pour les accueillir. Alors je me suis dit qu’un jour, je ferais quelque chose pour eux. » Les années ont passé. Par l’intermédiaire d’une de ses filles, infirmière à Lille, elle a eu l’occasion de récupérer du matériel médical : lit, chaise roulante, déambulateur, béquilles. « Un jour, j’ai rencontré le président de la Saint-Poloise à son local. Voyant un fauteuil roulant, je lui ai dit : « Je te l’achète. » Il m’a répondu : « Je te le donne. » » Au bout du compte, en ajoutant quelques livres, jouets et vêtements, Salmata Tabihou a eu de quoi remplir un container pour l’expédier aux Comores. « J’avais vu à la télévision un reportage sur l’association Shiwe qui aide là-bas les handicapés. J’ai donc pris contact avec ses responsables et je leur ai fait parvenir le container en me rendant également sur place pour les rencontrer. C’était l’année dernière. Nous avons décidé de rester en contact et de poursuivre notre collaboration. C’était une initiative personnelle, mais pour aller plus loin, toute seule, je n’y arriverai pas.

» Sans attendre, elle se remet au travail et peaufine son projet. « Il faut le partager avec mes amis, la ville, d’autres associations pour créer une solidarité réunissant les Comores, Saint-Pol-sur-Mer et Dunkerque. Il y a, sur le long terme, le travail avec Shiwe et deux autres associations qui travaillent ensemble. Mais il y a aussi l’urgence. Depuis quelques mois, de nombreux villages sont anéantis par les éruptions volcaniques et les pluies de cendres. Les gens n’ont plus rien. » •

Salmata Tabibou au 03 28 60 28 22.

Soyez le premier à réagir

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*