Farida Djalim, une femme battante aux multiples casquettes

‘‘Synergie-Jeune’’ est une association des jeunes entrepreneurs et porteurs de projets de la région Océan indien. Sa structure locale est aujourd’hui dirigée par Farida Djalim, qui appelle les jeunes comoriens à profiter des multiples opportunités de formation et d’accompagnement qu’offre cette organisation. «Ce forum présente des avantages évidents. Dès que j’ai appris son existence, je m’y suis investi à fond. J’ai occupé le poste de chargé de communication pendant un an», affirme-t-elle. C’est en partie grâce à elle que les Comores ont remporté le prix du meilleur entrepreneur de la région. «J’ai été la directrice exécutive du projet ; on l’a ficelé ensemble, avec les membres de Synergie/Comores. On avait d’abord fait appel à tous les jeunes, puis mené une campagne de sensibilisation tous azimuts. On voulait avoir les meilleurs. On a réussi à avoir une vingtaine de jeunes entrepreneurs et porteurs de projets. Après la sélection des dossiers, on a finalement retenu deux candidats avec qui on est parti à Maurice. Et on a gagné le prix régional», se rappelle-t-il. Portrait d’une femme battante et qui ne recule devant aucun risque.

 

Agée de 37 ans, Farida Djalim est titulaire d’un bac scientifique (C) obtenu à Dunkerque. Après avoir effectué des études d’esthétique/cosmétique à Vichy, elle a longtemps travaillé dans les grandes parfumeries de luxe en France avant de devenir animatrice-formatrice chez les géants Hugo Boss et Lacoste. En 2003, elle a décidé de rentrer aux Comores et faire découvrir l’esthétique à son pays. «J’exerçais dans ma chambre où je faisais des soins de visage à des clientes», dit-elle.

En 2006, grâce au soutien de son père, elle a ouvert un «petit institut de beauté.» La clientèle a suivi. Elle a ensuite étendu ses prestations aux mariages. Massage, mode, beauté, maquillage, la jeune femme  touche à tout et bouscule les habitudes. En 2008, elle devient mère et laisse un peu de côté le travail pour se consacrer à sa famille.

« De 2008 à 2010, c’est ce qu’on peut appeler une période de crise au niveau de l’institut. J’ai commencé à perdre des clients et de l’argent. Je n’avais pas abandonné ; je faisais les soins esthétiques à la maison de temps en temps», se souvient-elle.

En 2012, elle a compris que le monde de l’esthétique n’était pas encore développé aux Comores, et qu’elle ne pouvait pas en vivre correctement. Elle décide alors de miser sur la formation des jeunes, notamment en matière d’accueil. Elle créé sa propre agence («Secret de beauté») et propose ses services (formation d’hôtesses) à diverses structures, notamment à l’Aimpsi (Aéroport international Moroni Prince Said Ibrahim). *

«Je n’ai pas abandonné l’institut, mais je me suis beaucoup consacré à l’agence où j’ai beaucoup modernisé et fabriqué mon propre produit», dit-elle. Le festival d’art contemporain de 2014, le sommet des chefs d’états et des gouvernements de l’Océan indien et le dixième forum économique de l’Océan indien lui ont permis de gagner en estime et de s’imposer sur le marché national.

Femme seule, elle avoue avoir du mal à concilier vie familiale et vie professionnelle. «Pour réussir, il faut d’abord réussir sa vie familiale. Je m’occupe de mes enfants. Comme je suis ma propre chef, je prends les rendez-vous quand ils sont à l’école et je travaille le soir quand ils dorment. L’après-midi, je me consacre à mes enfants.»

Sa plus grande réalisation ? C’est d’avoir pu organiser le concours de «Synergie jeunes» au niveau local et aller à l’île Maurice où elle a coaché la jeune qui a remporté le prix régional. «Dans la région, je commence à être reconnue», se réjouit-elle. Son plus grand projet ? C’est d’ouvrir une école d’esthétique. Elle compte sur l’appui de l’Etat pour y arriver. Bon vent!

Alwatwan 

Soyez le premier à réagir

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*