Ferouse Ali Hamada, « je reste optimiste »

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Femme active et créative, Ferouse Ali Hamada est une référence aux Comores dans le domaine des réformes et du développement économiques. Doctorante en économie, elle a fait de la lutte contre la pauvreté son champ de bataille. Dotée d’une grande expérience dans des projets, à l’université des Comores ou sur le terrain, elle reste confiante malgré les obstacles.

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Au milieu des années 90, les habitants de la région Hamahamet étaient marquée par cette femme conductrice de moto Yamaha 125 qui venait chaque jour à leur écoute. Ferouse Ali Hamada puisqu’il s’agit d’elle, travaillait en tant qu’animatrice économique en milieu rural pour le compte du Fonds International de Développement Agricole (FIDA). C’était le début d’un long parcours d’une femme dynamique qui aura marqué son passage. D’abord en tant que chef de projet AIEB/FIDA et comme consultante du projet d’appui à la bonne gouvernance économique (ABGE) ou du PRCI, cette mère de 3 enfants a engendré plusieurs reformes économiques et financières. « J’ai apporté un appui à l’amélioration de la gestion des finances publiques, à la bonne gouvernance et au suivi des réformes économiques et financières. Avec le concours des partenaires techniques et financières, le pays a franchi des étapes significatives en matière de gouvernance et de bonne gestion des finances publiques », se félicite l’épouse Mohamed Ahmed Soiffeine. De cette expérience, est né chez cette femme de 46 ans un attachement profond avec la population pauvre en particulier les femmes vulnérables.

Cet attachement explique pourquoi elle dépense autant d’énergie dans les microfinances. Son nom est associé au réseau Meck (Mutuelle d’épargne et de Crédit ya Komori) qui vient au secours de cette population la plus démunie. Non seulement, cette native de Moroni est de ceux qui ont mis dans les rails cette institution financière mais elle a initié son informatisation. D’ailleurs parmi ses grands souvenir, « c’est la mise en place des instances de l’Union des Mecks representées par les délégués des iles Ngazidja, Anjouan et Mohéli en période de la crise séparatiste », martèle celle qui est en deuxième année de thèse à l’Université de Lille 3. Elle est étudiante en France mais celle qui est formée à Maurice et au Maroc, enseigne à l’université des Comores. Ferouse est enseignante chercheur dans cette institution académique qu’elle a orienté la gestion financière. « J’ai organisé des ateliers et conférences débat à l’Université Comores sur l’économie nationale, le financement du secteur agricole et la lutte contre la pauvreté, les défis et les perspectives de la microfinance aux Comores et le Rôle et missions du Fonds Monétaire International et le cadre macroéconomique des Comores », indique celle qui a élaboré le Manuel de Procédures Administratives et Financières de l’Université des Comores.

De ces réalisations, ce membre actif du Réseau Femme et Développement évoque plusieurs difficultés. Ferouse mentionne entre autres « la pression sur la gestion et décaissements de fonds, la non application des règles et procédures en matière de passation des marchés, l’ingérence de la vie privée par diffamations et deux licenciements abusifs sans motifs ni préavis ». Mais malgré ces difficultés et le chemin à parcourir, elle « reste optimiste ».

Salwa Mag

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