Immolations : le dalaï-lama déplore les critiques de Pékin à son égard

Le dalaï-lama, à Yokohama, au sud de Tokyo, le 5 novembre 2012.

Le dalaï-lama a accusé, lundi 12 novembre, alors qu’il se trouvait au Japon, où il effectuait un voyage de douze jours, les autorités chinoises de ne pas être « sérieuses » face à la vague actuelle d’immolations de Tibétains, estimant qu’elles se contentaient de le critiquer.

« Le gouvernement chinois devrait enquêter sur la cause [de ces immolations]. La Chine ne s’occupe pas sérieusement [de cette situation] et essaye d’y mettre fin rien qu’en me critiquant », a déclaré le dirigeant spirituel tibétain, dont les propos sont rapportés en japonais par l’agence de presse Kyodo.

Depuis l’ouverture jeudi, sous très haute sécurité, du congrès du Parti communiste chinois à Pékin, qui doit passer le relais du président Hu Jintao à Xi Jinping, au moins six Tibétains se sont suicidés. Au total, quelque 70 Tibétains ont tenté de s’immoler par le feu depuis février 2009, et 54 sont morts des suites de leurs brûlures, selon le gouvernement tibétain, en exil en Inde depuis la fuite du dalaï-lama en 1959.

Lire : Tibet : les immolations par le feu touchent le grand monastère de Labrang

DANGEREUX « SÉPARATISTE »

« La clique du dalaï-lama sacrifie des vies pour parvenir à ses objectifs politiques cachés », avait affirmé sans surprise vendredi Luosang Jiangcun, un délégué tibétain au congrès du PCC, reprenant sans changer un iota la ligne officielle.

Vénéré par les Tibétains et Prix Nobel de la paix en 1989, le dalaï-lama demande une autonomie réelle pour le Toit du monde, mais il reste considéré par Pékin comme un dangereux « séparatiste ». La semaine dernière, il avait déjà égratigné le gouvernement chinois en dénonçant « la censure et les brutalités » pour faire taire les voix discordantes en Chine. Il avait également appelé les futurs dirigeants chinois à changer de méthodes.

Lire : L’immolation est, pour les Tibétains, le seul moyen de s’exprimer

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