Interview : Maliza Said Soilihi « Je veux être du côté de ceux qui construisent… »

malizaINTERVIEW – Mme Maliza Saïd Soilihi, vous êtes née au Plan d’Aou, dans les Quartiers Nord de Marseille. Vous êtes doctorante en Droit public à l’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne et maman de trois enfants.

Affichez votre publicité sur Comores infos: Cliquez ici pour en savoir plus

Comores infos : Qu’est-ce qui vous a poussée aujourd’hui à vous lancer en politique et à vous porter candidate aux élections municipales françaises de mars 2013, sur une liste conduite par l’UMP?

Mme Maliza Saïd Soilihi : Comme vous venez de le rappeler, je suis mère, doctorante et Marseillaise de naissance et de cœur, mais sans renier mes racines comoriennes. Ce sont là trois raisons pour que je sois concernée par la vie de la Cité Phocéenne et de ses habitants. Mon engagement est avant tout un engagement citoyen. Je souhaite agir pour le présent et l’avenir de la Ville qui m’a vue naître et grandir. Par cet acte citoyen et républicain, je souhaite ne plus être une observatrice passive, ni une électrice résignée, mais plutôt une actrice de la vie de mon secteur et de ma Ville, déterminée à apporter des changements positifs pour le quotidien de mes concitoyens.

Je m’engage également pour contribuer à une plus grande visibilité de la diversité dans la vie politique locale. L’opinion commune a longtemps stigmatisé une composante non négligeable de la population de Marseille. Nous sommes donc nombreux, aujourd’hui, à lutter contre les a priori et à œuvrer pour une implication de tous, dans le développement de la Cité.

Vous vous êtes engagée aux cotés de Jean-Claude Gaudin dans les 1er et 7ème arrondissements. Pourquoi avez-vous choisi le candidat de l’UMP, alors que vous défendez habituellement des idées progressistes?

Il est important, effectivement, de rappeler dans quel secteur je me présente. Les 1er et 7ème arrondissements de Marseille constituent le 1er secteur de la Ville, avec près de 76.000 habitants. Ma famille y réside depuis près de 14 ans. J’ai donc vu ce secteur évoluer et se détériorer. Hélas, ces dernières années, l’insalubrité est devenue insupportable. Les infrastructures de quartier pour les familles et leurs enfants ont presque disparu. Le quartier se meurt. Les commerçants se plaignent. Or, la propreté, les équipements du secteur et la voirie sont les domaines de compétence de la Communauté urbaine et de la Mairie de secteur. Ces deux institutions ont été perdues par Jean-Claude Gaudin, il y a six ans. Je me suis engagée, aujourd’hui, auprès de lui et de Dominique Tian, pour tenter d’y remédier. Il a su s’entourer de gens de talent pour mettre en œuvre ce défi et je suis heureuse, et fière qu’il ait fait appel à moi et qu’il m’estime apte à porter ce projet auprès des citoyens.

Mon choix est certainement le choix de la raison et non le choix de la facilité. En face, nous  affrontons Patrick Mennucci, maire de secteur sortant, donné favori malgré un bilan catastrophique, décrié par ses propres adjoints.

Alors, oui, je n’ai pas choisi le secteur le plus facile à gagner. Mais, j’ai choisi celui pour lequel, il y a le plus d’efforts à fournir, le plus de défis à relever car si je devais mener un combat facile, je ne serais pas d’une grande utilité. Je suis dans le secteur dans lequel mes enfants grandissent et au sein duquel je souhaiterai que tous puissent s’épanouir. On est au cœur de Marseille, dans son centre-ville. C’est la vitrine de la Cité Phocéenne. Pour qu’elle rayonne, il faut la rendre propre, encourager et soutenir les familles qui y vivent, promouvoir les commerçants et les entreprises qui la font vivre.

Vous parlez d’un candidat d’un parti. Moi je vois, le candidat du rassemblement et de l’ouverture. Quand d’autres divisent, lui, réunit et construit. L’unité, la famille et la diversité sont des valeurs qui me parlent et que je partage avec Jean-Claude Gaudin et Dominique Tian, qui a quitté la mairie des 6ème  et 8ème arrondissements pour mener la liste des 1er et 7ème arrondissements. Ce dernier fait preuve de beaucoup de courage en quittant un secteur acquis d’avance pour tenter de reconquérir un autre, beaucoup plus difficile.

Quel est le projet que vous portez pour les 1er et 7ème arrondissements de Marseille? 

Je soutiens le projet présenté par notre liste «Marseille en avant». Dans le 1er secteur de Marseille, nos priorités sont celles relatives à l’éducation, à l’École et à la petite enfance. Plusieurs actions seront engagées dans ce sens, dès le 31 mars 2014, si nous sommes élus. Il s’agit plus particulièrement de permettre l’accès à l’École des enfants de 2 ans, d’ouvrir les centres aérés pour les moins de 6 ans, d’augmenter les places en crèches et de mettre à disposition prioritaire des équipements aux écoles et aux familles du secteur. Pourquoi l’éducation? Parce que le devenir, c’est la jeunesse. Or, la jeunesse, c’est avant tout l’éducation. La première forme de lutte contre la délinquance, c’est l’éducation. Des enfants qui ne sont plus livrés à eux-mêmes et qui bénéficient de plus de moyens ont plus de chances de devenir des citoyens responsables et de s’insérer avec moins de difficultés dans le marché du travail. En ce qui concerne la propreté, autre priorité de notre liste, nous nous engageons, si nous remportons également la Communauté urbaine, à rendre le secteur propre et agréable à vivre. Pour rappel, nos adversaires, détiennent à ce jour, la Communauté urbaine, le Conseil régional, le Conseil général et 4 Mairies de secteur sur 8, autant dire, la grande majorité des institutions. Avez-vous le sentiment que dans leurs domaines de compétences les choses ont changé? Je pose cette question à tous les Marseillais.

Comme vous le savez il y a eu des élus d’origine comorienne à Marseille qui n’ont pas pu s’imposer dans leurs familles politiques. Comment allez-vous procéder pour faire entendre votre voix sans être de l’UMP?

Il ne s’agit pas de s’imposer au sein d’une famille politique, mais d’agir pour sa ville. Mon objectif est de porter et de défendre des propositions au Conseil municipal, pour l’intérêt et le bien-être des Marseillais. Nous sommes nombreux, issus de la société civile. Sur notre liste, Frédérick Bousquet, champion olympique de natation, s’engage pour faire de Marseille la capitale du sport. Chacun à sa manière, apporte sa pierre à l’édifice et c’est ce qui nous anime dans les listes UMP/UDI présentées à Marseille.

Quel message aimeriez-vous faire passer à la Communauté comorienne de Marseille, en particulier, et à la diaspora comorienne, en général?

Engageons-nous, prenons des risques même si cela signifie s’exposer aux critiques. Certains, du confort de leur canapé ou derrière l’anonymat d’un écran d’ordinateur préfèrent lancer des critiques, toujours plus faciles quand on n’est pas en première ligne. Engageons-nous pour avoir un impact dans l’avenir et peut être, pourquoi pas marquer l’Histoire? Je veux être du côté de ceux qui construisent, et j’invite tous ceux qui ont des rêves pour cette ville magnifique à nous rejoindre dans ce combat quotidien. Ce genre d’engagement reste dans les mémoires et inspire les générations futures. Qui se souviendra de ceux qui ricanent et critiquent notre engagement demain quand nombre d’entre nous auront réussi à accomplir de grandes choses pour la ville?

Chacun d’entre nous a un rôle à jouer à Marseille, pour les Marseillais. Nous sommes dans les associations, parmi les militants, sur l’espace public, démocratique et républicain. Mais, aujourd’hui, nous devons être dans les administrations, les bureaux politiques, les instances dirigeantes, partout où les décisions sur l’avenir de Marseille – notre avenir – sont prises. Nous avons été au poste d’observation assez longtemps maintenant, il est temps d’aller de l’avant, en devenant acteurs du changement positif.

Propos recueillis le 14 mars 2014 pour Comores Infos.maliza

Soyez le premier à réagir

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*