En ce moment

« Je suis et demeure fière de toi, aujourd’hui encore plus qu’hier, tu es mon héros »

Tribune: 64 ans. Aujourd’hui tu as 64 ans.

J’aurai aimé te le souhaiter de vive voix. Et même si cela est impossible, je sais que le lien qui existe entre un père et sa fille, n’a que faire de la distance, des frontières ni même de l’enfermement.

64 ans de vie et déjà 50 ans de militantisme.

Du lycée Said Mohamed Cheick où le jeune lycéen en classe scientifique que tu étais, décide de s’engager auprès du Président Ali Soilih.

A ce jeudi 7 janvier 2021 où tu décides, bravant le danger, de battre le pavé sur ton sol natal pour défendre tes valeurs et s’opposer à un régime que tu décries.

Ta vie entière est celle d’un militant, profondément socialiste et soilihiste. Un père qui érige Arlette Laguiller en icône quand sa fille demeure une juppeiste convaincue. On en rit ensemble, débattant pendant des heures sur la politique, l’économie ou la société nationale, africaine ou européenne.

Docteur en économie après une thèse soutenue à Montpellier en 1986 (portant sur l’héritage colonial et la réforme agraire sous Ali Soilihi)au lendemain de la naissance de ta seconde fille, les habitants du Plan d’Aou, quartier Nord de Marseille, voient en toi l’aîné qui encourage, soutient, encadre et forme une nouvelle génération.

Le régime de feu Ahmed Abdallah, tu t’y opposes. Certains racontent des episodes dignes d’un James Bond à ce sujet.

Tu reviens aux Comores aux débuts des années 90. Lors du régime de Djohar. D’abord au PNUD, puis ensuite tu intègres l’ACCT, ancêtre de l’OIF. Tu y occupes les postes les plus importants, de Genève à Paris, en passant par Libreville. Ton dernier poste au sein de cette organisation, était le niveau le plus élevé auquel un noir avait pu accéder à cette époque. Tes successeurs, à l’instar de Kako Nubukpo, t’en remercient. Tu as ouvert la voie. L’ouvrage de l’ambassadeur Valentin, te cite même en exemple de ceux ayant contribué au développement de cette organisation internationale.

Ces dorures qui nous assuraient un quotidien des plus confortables, tu y renonces au début des années 2000. La jeune bachelière que j’étais, ne le comprenait pas. Et pourtant, ta démission de l’OIF, était motivée par le même combat que tu mènes aujourd’hui. Tu t’es opposé et tu continues à t’opposer à un système que tu estimes injuste. La diplomatie n’étant pas compatible avec le militantisme, tu as choisi. Non pas le confort des lounges et de la plaque diplomatique, mais celui des pavés et même de la cellule que tu occupes ce jour. Tu n’es pas demeuré insensible au devenir de ta patrie, et à peine 42 ans et déjà une belle carrière internationale derrière toi, tu décides de rentrer à Moroni.

Tour à tour, député, maire, vice président de l’assemblée, ministre de l’île autonome, président du conseil économique et social, enseignant à l’université, tu demeures l’infatigable militant, orateur hors pair, mon modèle, mon exemple, mon soleil et mon souffle. Ton gendre m’excusera de le placer en second.

Je suis et demeure fière de toi, aujourd’hui encore plus qu’hier, tu es mon héros. J’ai foi en toi, en ton abnégation, ton altruisme et ta détermination. Et je sais, que là où se trouve la difficulté, se trouve la facilité. Puisse Dieu te protéger. Heureux anniversaire papa.

Et comme le disait notre guide « Tarehi Hakime ».

Je t’aime papa. Ta fille aînée. MSS

La Rédaction

Soyez le premier à réagir

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*