La CRC part à la reconquête

La Convention pour le renouveau des Comores (CRC) vient de réélire Houmedi Msaidié au poste de secrétaire général. L’annonce faite à Moroni samedi lors du 3e congrès de ce parti crée en 2002 pour soutenir l’ancien chef de l’Etat Azali Assoumani. Un congrès qui a mobilisé du monde.

Abdou Soefo, Houmedi Msaidié et Azali Assoumani, à l’ouverture du congrès de la CRC

Le foyer des femmes de Moroni refusait du monde ce samedi matin. Malgré les portes ouvertes, les ventilateurs allumés, l’air circulait difficilement car la salle était pleine à craquer. « Vous êtes venus en masse pour témoigner une fois de plus que vous aimez le parti même si nous ne somme pas au pouvoir», lance Abdou Soeuf, ancien ministre des affaires et premier secrétaire général du parti jusqu’en 2008. D’ailleurs, c’est cet ancien directeur général de la société comorienne des Hydrocarbures qui annonça les résultats issus des élections qui se sont déroulées la veille pour choisir le secrétaire général.

«Houmedi Msaidié est réélu secrétaire général pour les deux années avenir », annonce-t-il sous les applaudissements de la salle. « Il a eu plus 99% », nous communique une source proche des élections avant qu’une autre ajoute en blaguant que « comme dans les pays arabes».

En boubou et veste avec bonnet, Houmédi Msaidié, commence son discours en reconnaissant quelques réalisations du régime jugées selon lui, «positives», notamment le paiement régulier des salaires. « Certes c’est une bonne chose mais nous voulons savoir le nombre exact de passeports vendus. Car jusqu’à maintenant nous ne savons rien », se lance-t-il avant de remercier le gouvernement d’avoir organisé « pour la première fois les Jeux des jeunes des îles de l’Océan indien ».

Mais le moment le plus attendu est l’intervention de l’ancien chef de l’Etat. Azali Assoumani a pris la parole sous un tonnerre d’applaudissement. «Personne ne peut nier l’importance que joue le parti politique dans un pays comme le notre », ainsi ouvre son discours Azali Assoumani, l’ex-président de la république en costume sombre sans cravate. «Malheureusement, un problème existe. Lorsqu’un chef d’un parti accède au pouvoir le parti pense que le pouvoir lui appartient. Pourtant lorsqu’il arrive à magistrature suprême, il est le président de tous les comoriens», rappelle l’ancien chef d’Etat-major qui a accédé au pouvoir le 30 avril 1999 par coup d’Etat.

Dans son discours de plus de 30 minutes, Azali qui rêve d’être le président en 2016, après la tournante mohélienne, demande aux comoriens de corriger et de sanctionner directement les dirigeants menteurs. En quatrième position parmi les orateurs, Boléro ne pouvait pas manquer d’évoquer la tournante. « Je voudrais que vous priez pour nous les mohéliens afin que nous fassions notre tournante en paix », demande-t-il à l’assistance parce que, poursuit cet ancien premier ministre, « nous la CRC à Mohéli, nous souffrons beaucoup ».

Ibnou Med Abdou

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