La Fcc se félicite de la conférence sur la sécurité alimentaire

MchangamaLe président de la Fédération des consommateurs comoriens (Fcc) a été l’unique représentant d’une structure de consommateurs de la région à la conférence de la Coi sur la sécurité alimentaire dans l’Indianocéanie. Mohamed Said Abdallah Mchangama a, à cet effet, porté la voix des organisations de l’Océan indien à Mahajanga et livre ici ses impressions et attentes de la rencontre.

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Monsieur le président, votre organisation a été présente à l’atelier de la Coi sur la sécurité alimentaire dans l’Indianocéanie, les 25 et 26 mars dernier à Mahajanga. Cela voulait dire que la Fédération des consommateurs comoriens, la Fcc, est reconnue comme étant un acteur incontournable dans la région ?

Nous nous félicitons. D’abord je précise que nous sommes membre de la Fédération mondiale des consommateurs, nous sommes aussi consultés souvent par des bureaux africains et la Fcc est respectée pour son sérieux, parce que nous n’avons pas été créés par une autre organisation mais nous sommes créés sur les besoins des comoriens. Nous ne sommes pas simplement à Moroni mais nous sommes aussi dans les villages. Et je pense que nos partenaires se rendent compte que nous apportons quelque chose. Donc pour nous c’est une consécration et nous étions d’ailleurs la seule organisation de consommateurs qui était là.

La réunion portait sur un projet régional de faire de Madagascar le grenier de l’Indianocéanie en s’appuyant sur les fortes potentialités agricoles de la Grande île. Ne voyez-vous pas de contraintes à une réalisation d’un tel projet, si on ose dire, assez ambitieux ?

Nous nous félicitons de pouvoir nous approvisionner dans un pays voisin parce que ça réduirait les coûts, ce qui est important. Ce sont des gens qui mangent de manière assez proche de nous. Mais il est évident que ça doit d’abord nous rappeler à notre propre autosuffisance alimentaire. Pour nous c’est un projet ambitieux. Nous apportons notre soutien, notre enthousiasme mais, à notre avis, toute cette stratégie doit aussi être considérée dans un cadre très large de l’Afrique de l’est parce que si on ne tient pas compte que la Tanzanie, l’Afrique du sud, le Mozambique, le Kenya, etc., peuvent produire la même chose cette stratégie peut échouer, soit parce qu’elle est trop ambitieuse, soit parce qu’elle néglige la concurrence. Nous pensons aussi que nous manquons beaucoup de choses à faire et d’abord il faut la stabilité du pays parce qu’il a manqué des interlocuteurs de base. L‘Etat était là mais il manquait des interlocuteurs malgaches. Un Etat malgache stable et représentatif.

[b]A l’ouverture des travaux de la conférence, le secrétaire général de la Coi a déclaré que les îles du sud-ouest de l’Océan indien vivent dans l’insécurité alimentaire parce que leurs aliments de base sont chèrement importés d’Asie, d’Amérique latine, d’Europe. Partagez-vous cette inquiétude ?
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C’est pour nous, en tout cas Comoriens, de savoir si on engage la Coi à s’intégrer dans l’Afrique de l’est de manière générale. La question que nous nous posons, en tant que consommateurs comoriens : est-ce qu’on doit se restreindre à la Coi comme une entité ou que la Coi, pour qu’elle soit plus efficace, doit s’intègre dans l’Afrique de l’est. Je pense que les stratégies doivent tenir compte.

[b]Quelles sont vos impressions après avoir participé aux deux jours de débats très animés de la conférence à Mahajanga ?
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D’abord que c’était très intéressant parce qu’il y avait, à la fois, les techniciens des organismes, comme le Cirad, et les services étatiques. Mais ce qui, à mon avis, a manqué c’était le cadre des échéances à respecter. On était toujours dans l’incertitude de la situation politique malgache. Quand-est-ce qu’on va avoir des interlocuteurs stables, parce qu’il y a des décisions étatiques importantes à prendre.

Mais la voix de la Fcc s’est fait entendre tout au long des débats de la conférence. Est-ce pour défendre uniquement les consommateurs comoriens ? Et qu’est-ce que vous défendiez concrètement ?

J’ai saisi, il y a presque un an, le ministère comorien des Relations extérieures pour que la Coi prenne des initiatives pour favoriser le regroupement des organisations des consommateurs pour qu’il y ait des échanges entre les consommateurs des îles. Il y a beaucoup de choses qui nous rapprochent, nos manières de manger, notre cadre géographique et environnemental et parce qu’une organisation de consommateurs c’est un facteur de progrès. Une organisation de consommateurs qui révendique la sécurité et la qualité des produits ça veut dire qu‘on appelle les producteurs, les industriels, les services à être beaucoup plus performants. Et aussi parce qu’il y a beaucoup de complémentarités. Nous n’avons pas de laboratoires, pourquoi ne pas demander des services de laboratoires réunionnais ou seychellois. On peut échanger sur la manière de manger, sur les préparations culinaires, sur les produits les plus adaptés dans la construction, par exemple, chez nous. Donc, il y a complémentarité dans presque tous les domaines. C‘est pourquoi nous militons de plus en plus pour qu’il y ait une affirmation du consommateur dans la Coi et je me félicite que le scrétaire général, Monsieur de l’Estrac, m’a demandé que je lui envoie un bémole là-dessus.

Peut-on conclure que la conférence de Mahajanga a répondu aux attentes de la Fcc, sinon qu’est-ce que vous attendiez d’une telle assise régionale sur l’alimentation?

Ça a été un moment quand même important et c’est aussi une rencontre entre hommes. Vous savez, on a quitté Madagascar et il y a eu ces inondations à Maurice. Mais déjà, parce qu’on s’est rencontré à Mahajanga, on a écrit bien sûr à nos amis mauriciens et ils nous ont répondus par les photos que l’on distribue déjà sur le site de la Fcc. C’est aussi des relations humaines qui se tissent au-délà des gouvernements.

Dans le pays quels sont les grands chantiers entrepris par la Fédération des consommateurs comoriens ?

Ici, tout est à faire. D’abord, il y a le chantier sur la cherté des prix mais aussi la qualité. Nous militons pour la qualité des produits, par exemple nous allons demander bientôt des analyses sur l’huile car nous avons des alertes très sérieuses sur la qualité de l’huile que nous consommons ici. Nous avons discuté avec le Cirad de la Réunion sur de possibles analyses sur la qualité des mabawa aussi. Il y a le service public. Nous nous préparons à des actions sur, à la fois, la qualité et le prix des télécommunications, mais aussi l’électricité. Nous avons eu des actions aussi quand il y a eu la pénurie des pièces de monnaie. Nous sommes d’ailleurs en discussions avec l’association professionnelle des banques sur les taux d’intérêts très élevés qui pénalisent aussi bien les pauvres que les riches. Nous allons aussi conclure un accord avec l’Unicef sur l’allaitement maternel, après la campagne, qui a été un grand succès, sur le manger comorien. Je dois dire que nous faisons beaucoup de formations internes parce que nous ne sommes pas là simplement pour crier, nous voulons des résultats.

Que fait la Fcc du fait que les petites pièces de monnaies ne sont pas en circulation ? Ne pensez-vous pas que cela ne renforce la paupérisation des citoyens ?

Si. Nous avons d’ailleurs eu des discussions avec la Banque centrale, la raison n’était qu’il y avait des réseaux de gangs étrangers qui venaient essentiellement de Tanzanie, qui prenaient ces pièces parce qu’il y avait un métal à l’intérieur qui était très précieux. Maintenant, on ne fait plus ces pièces. C’est la même pièce d’apparence, mais on n’utilise plus ce métal. Mais les commerçants ont pris aussi l’habitude de dire qu’ils n’ont pas de pièces à rendre. C’est donc la campagne que nous devons faire avec les autorités

Justement, il y a eu les assises sur la vie chère mais jusqu’à présent il n’y a eu aucun écho des résultats……

La Fcc a beaucoup préparé les assises sur la vie chère. Nous avons discuté avec les autorités locales, nationales et beaucoup de mesures ont été préconisées. Mais nous n’avons pas participé aux assises parce que ça a été fait très rapidement sans qu’on se soit entendu avec le gouvernement dans une préparation sur les mesures à prendre.

Propos recueillis par
Mohamed Soilihi Ahmed / alwatwan

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