La majorité à un fil pour Ikililou au palais de Hamramba

ikililouSelon les résultats définitifs publiés par la cour constitutionnelle de l’Union des Comores, le parti de la majorité présidentielle est arrivé en tête, suivi du parti DJUWA de SAMBI. On ne peut pas parler de Berezina pour le parti d’IKILILOU mais une majorité à un fil au palais de HAMRAMBA. Dans les pays de tradition démocratique cette courte majorité pour le parti du président en place pourrait être un signe d’avertissement pour l’exécutif, mais aussi à toute classe politique comorienne .

Désormais la démocratie s’enracine à petit pas dans l’archipel ,une fois que le peuple a parlé, le président doit comprendre ce message des urnes, et tenter de répondre aux préoccupations de son électorat, sinon IKILILOU aura une fin de mandat pitoyable avec un record d’impopularité sans précédant .A un an de la fin de son mandat, le président va être confronté à deux difficultés majeures à savoir : la tournante en question au sein de la classe politique comorienne et la crise énergétique, la montée des mécontentements de la population liée à l’accumulation des retards de salaires qui paralysent l’activité économique de l’archipel. Pour la présidence tournante issue de la constitution de 2001, la fin du mandat en 2016 du président actuel originaire de l’ile de Mohéli montre bien le respect de l’esprit de cette constitution qui avait pour objectif à l’époque mettre un terme au virus du séparatisme .

Aujourd’hui des voix s’élèvent contre cette tournante ,en la jugeant anti-démocratique ,par contre ,on peut constater que la rotation de cette présidence de l’Union des Comores arrange à plusieurs niveaux les hommes politiques de chaque île ,nous pensons qu’un consensus politique pour une prétendue modification constitutionnelle sera difficile à trouver. D’une manière générale pour modifier une constitution ,il existe deux voies : la voie parlementaire, ou par référendum. La première est facile à faire quand on a la majorité absolue au parlement , ce qui n’est pas le cas pour IKILILOU ,dans cette hypothèse ,toutes les tractations politiques sont ouvertes pour la majorité présidentielle, mais aussi du parti DJUWA DE SAMBI pour attirer les députés minoritaires dans leur camp. Cette voie parlementaire est moins coûteuse financièrement en terme des moyens logistiques que le référendum , surtout que les caisses de l’Etat sont vides. La situation économique et sociale de l’archipel est très alarmante, les caisses de l’Etat sont vides, les recettes fiscales et douanières de l’UNION des COMORES sont insuffisantes par rapport aux dépenses astronomiques de archipel.

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Le déficit budgétaire des Comores est en perpétuel accroissement depuis les années 1980. Ce fut en 1982 que s’enclenchait la spirale endémique du non- paiement des fonctionnaires. Jusqu’en 1989 , le retard de ne dépasserait pas cinq mois mais ces retards de salaires ont affaibli l’image étatique et ont accru le ferment de mécontentement parmi les classes moyennes, donc le problème des retards de salaires est récurrent aux Comores et tous les prédécesseurs d’IKILILOU ont connu cette spirale endémique et terminent leurs mandats en laissant des arriérés sauf SAMBI qui a bénéficié de la manne financière de la citoyenneté; la crise énergétique amplifie cette situation morose qui plombe l’activité économique.

La marge des manœuvres de l’actuel président est très réduite du fait de l’endettement colossal de l’Etat, la seule solution qui reste pour trouver des liquidités pour apurer ces arriérés est de multiplier les demandes d’aide extérieure ,or les créanciers des Comores conditionnent ces aides à des réformes structurelles au pays demandeur, ce qui ne peut pas se faire à l’heure actuelle dans l’archipel .

Mohamed IBRAHIM MIHIDJAYprofesseur certifié d’histoire-géo à Mayotte
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