LA QUESTION DE MAYOTTE : Des négligences à la Trahison des nos dirigeants d’hier et d’aujourd’hui ?

« Les  rapports officiels franco-africains  sont des rapports serviles. Vis-à-vis de Paris, les pouvoirs nègres se comportent à la manière  de domestiques éblouis de se retrouver dans l’intimité du maître, même si ce dernier ne cesse de le violer et de les accabler de mépris. » Pr Achille MBEMBE*[1]  

L’occupation de la France de Mayotte, reste l’une  des préoccupations  de chaque Comorien. Les  Comores  ont été reconnus, par l’O.N.U le 12 Novembre 1975 et les instances internationales sur la base des quatre îles.

On ne va pas reparler ou réécrire l’histoire de l’occupation de Mayotte de la colonisation à l’indépendance. La question qui nous préoccupe aujourd’hui est de savoir comment faire pour  libérer  cette partie du  territoire national encore sous l’occupation française et du même coup favoriser le développement de l’archipel. Ce sont deux problématiques complexes et liées que  nous devons aborder d’une façon cohérente et pragmatique.

La   question  de la libération de Mayotte   est , parfois, considérée par certains comme  impossible . Il faudra donc  savoir si nos dirigeants d’hier et d’aujourd’hui ont fait le pas favorable  à la libération de notre île occupé. Il est souvent facile de critiquer ou de donner des leçons quand on est spectateur. Mais il est difficile, par contre, de comprendre qu’il y a des leaders politiques Comoriens qui font confiance à l’ancien colonisateur et continu à mettre l’avenir des Comores dans ses mains. La question de Mayotte repose, je pense, sur deux problématiques fondamentales :

La première est la volonté réelle des autorités Comoriennes de se prendre en charge. Vouloir l’indépendance ne constitue  pas un moyen de continuer à rester sous le joug de l’ancien colonisateur. Mais c’est de donner  au peuple, une dignité, une liberté de s’assumer et  une autre voie, meilleure que celle qu’il a combattue. Cette voie ne peut pas être celle de la France, dans le cas contraire pourquoi prendre l’indépendance ?  Comment peut-on critiquer nos Harkis Comoriens, au moment où on s’oriente tous vers la France et plus de six milles personnes sont morts en tentant de suivre la voie du désespoir ?   Ces morts que nos autorités politiques en sont les premiers responsables, devant l’histoire et devant Dieu méritent notre attention. Car ce sont des Comoriens qui préfèrent risquer leur vie jusqu’à la  mort  que de vivre avec nous, dans un système de gouvernance où l’espoir n’existe pas. Cette défection de masse marque l’échec de la voie que nos dirigeants politiques ont pris depuis l’indépendance.

Comment peut-on être naïf de croire que celle qui occupe une partie de notre territoire, qui soutient l’émiettement de notre archipel, va-nous aider à se développer ? C’est une erreur commise par la plupart des leaders Comoriens de croire que le bourreau d’hier peut devenir le sauver d’aujourd’hui. La France n’est à notre côté que pour continuer à défendre ses intérêts.

La deuxième est la volonté des autorités Comoriennes de s’occuper réellement de la question de Mayotte : Ceci parait paradoxal comme si nos dirigeants ne font rien sur cette question. Au fond, ils ne font rien pour favoriser le retour de l’île Comorienne de Mayotte. Ils utilisent la question de Mayotte pour mendier les faveurs de l’occupant, la France. L’unique période exceptionnel à cette approche fut l’époque  révolutionnaire. La révolution d’Ali Soilihi a mobilisé l’opinion nationale et internationale sur l’occupation d’une partie de notre territoire. Il a essayé de reconquérir l’île par une marche « rose » mais sans succès. Il a ensuite mis le dossier auprès de l’O.U.A qui a instauré un comité A DOC pour la question de Mayotte. Ali Soilihi a été pragmatique en coupant toute relation diplomatique avec la France tant que la question de Mayotte n’est pas résolue. Comment peut –on être  en bonne relation diplomatique, économique et militaire avec un pays qui occupe une partie de notre territoire nationale ? Pendant trois ans des règnes, il a su mené le combat de la libération de l’île Comorienne de Mayotte sans compromis avec l’ennemi.                              .

Dès le retour   d’Ahmed Abdallah Abdéremane jusqu’à nos jours, aucun dirigeant politique Comorien n’a vraiment mis la question de Mayotte à la table de ses objectifs politiques. Si le pouvoir révolutionnaire d’Ali Soilihi menaçait la France d’une éventuelle attaque frontale, les nouveaux dirigeants souvent  impulsé par la France rassurent  Paris. La France profite de l’instabilité dans l’archipel et du rétablissement des relations diplomatiques avec les Comores  pour se pérenniser à Mayotte. La guerre de salive menée par Ahmed Abdallah Abdéremane a favorisé l’instauration d’une collectivité territoire français sur une partie de notre territoire. Le régime de mercenaire d’Ahmed Abdallah Abdéremane renforce la présence de la France aux Comores en signant des accords de défense et une coopération monétaire. C’est le retour au colonialisme par la fenêtre que certains appellent le néocolonialisme. Dans cette relation  servile  la question de Mayotte est arrivée à la départementalisation de l’île. Le moment est venu où nos dirigeants d’aujourd’hui  et ceux d’hier de comprendre que cette amitié ne nous apporte rien, que des malheurs, plus de six milles morts. Certains, parmi nos anciens dirigeants, se sont réveillés, enfin, pour dénoncer la « trahison  »   d’un ministre qui a appliqué les accords signés par le colonel Azali qui permet à  Mayotte  de participer aux jeux des îles de l’Océan Indien comme entité à part entière. Mais la trahison n’est pas là, elle est dans nous même, dans l’Etat, dans nos dirigeants dont vous en faites, jadis, partis. Le visa Balladur a été introduit en 1995, pendant le gouvernement du président Said Mohamed Djohar. Nous ne reconnaissons pas l’existence de l’Etat Français à Mayotte, sauf si je me trompe.

Pourquoi nous acceptions, le gouvernement surtout, que l’ambassade de France à Moroni délivre des visas d’entrer dans une autre parti de notre territoire.                                                                                              

 On parle de trahison quand on accepte  que nos polices des frontières empêchent les Comoriens de circuler dans une partie de leur territoire sauf s’ils ont  un visa Français. Laissons chaque Comorien ayant son billet d’avion de faire sa marche Rose à Moyette. Nous devons laisser les Comoriens circuler librement sur tout le territoire nationale y compris à Mayotte. Ce n’est pas le policier français qui empêche dans nos îles indépendantes et libres  le citoyen Comorien d’aller à Mayotte mais nos propres agents. Il nous faudra arrêter de jouer la complicité de notre bourreau.

Le temps est compté pour nous sur la question de Mayotte. Après la départementalisation, la France va transformer Mayotte en une région Ultrapériphérique de l’Europe. Elle va essayer de mettre la pression, quitte à menacer de faire un coup d’Etat pour contraindre nos dirigeants à se taire. La France ne respecte aucune instance internationale sauf pour défendre   ses intérêts. Mais nous devons tous nous mobiliser, homme et femme Comorien pour libérer notre île de l’occupation française. La porte de l’Europe est diverse, vingt sept,  et on doit y entrer vite pour bloquer la volonté macabre de la France. Il n’y aura personne pour nous aider pour sauver notre pays et libérer Mayotte que nous même.                                              

Dr Said Abdillah Said Ahmed

Ancien Secrétaire générale Adjoint au Conseil d’Etat

Chef d’entreprise en France

Animateur du Parti politique  , Comores Alternatives                                                                                                                    Email :saidabdillah@yahoo.fr

[1] Pr Achille Mbembe , Professeur d’histoire et de science politique de l’université du Witwatersrand à Johannesburg. Il enseigne aussi à l’Université du DUKE, aux Etats Unis. Dans  « le temps d’Afrique viendra. »  Un entretien réalisé par Ayoko Mensah et Norbert N .Ouendji

2 commentaires sur LA QUESTION DE MAYOTTE : Des négligences à la Trahison des nos dirigeants d’hier et d’aujourd’hui ?

  1. nous les mahorais, on va continuer nous aussi à s’éloigner de plus en plus avec l’union des comores. car on est différents, pas la même culture , pas la même mentalité. Mayotte appartient aux Mahorais, et ils ont le droit de faire un chois. je suis sûr que si vous avez réussit c’est d’abord grace à dieu, mais à cause de Mayotte. donc fermez votre gueule

  2. monsieur said abdillah said ahmed,je vous pose une simple question. vous etes docteur en quoi? si c’est en histoire alors il faudrait revoir votre copie et apporter des corrections. sinon laissez vous éclairer votre lanterne j’allais dire vous rafraichir la mémoire. l’histoire de Mayotte n’a pas commencé en 1841 ni à 1974 encore moins en 12 novembre 1975,mais bien avant.bien qu’elles soient proches ces 4 iles n’ont jamais connu la meme histoire.A commencer par leur peuplement, après l’arrivée des aficains(bantous)mayotte se distngue des autres par l’influence qu’exerce madagascar. il existe plus de 15 villages mahorais qui parlent le chibouchi.En dehors de Mada c’est à Mayotte qu’on parle le malgache chose qui n’existe pas à Anjouan, à Moheli ni à la Grande comore. A SUIVRE…

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*