L’abus de pouvoir, cette mauvaise herbe

La culture de l’abus de pouvoir prolifère quand l’agriculteur ne cultive plus sa terre. Elle y poussera à foison, en tout liberté. L’abus de pouvoir est une espèce très dangereuse de mauvaise herbe, cette espèce est enracinée chez nous. Pour s’en débarrasser il faut l’arracher avec conviction et non faire semblant en criant sur tous les toit  »émergence » (le nouveau terme à la mode ).  Il faut que ceux qui nous gouvernent choisissent clairement de quel côté ils sont. Celui de  »l’état de droit » ou celle de « l’état a tous les droits »

 

Dans la culture Comorienne par défaut, le pouvoir n’est pas un moyen pour faire respecter la justice mais une fin en soi. Le pouvoir donne le droit de tout faire à L’état quand ce dernier renie et ne respecte pas celle qui l’a mise au monde, la règle de droit. Quand je parle de culture par défaut, je sous-entends que cette culture négative du non-respect du droit n’est pas le résultat d’un choix civilisationnel mais d’une absence de choix. Car quand tu ne cultives pas ta terre, les mauvaises herbes prennent le dessus.

 

Quand les gouvernants depuis l’indépendance prétendent en théorie être soumis au droit et dans la pratique font tout le contraire, cette attitude devient un model civilisationnel négatif qui se déverse comme un poison dans la structure mental des habitants du pays. Quand le choix du droit et de la justice est juste une veste d’apparat, les instincts les plus primaires deviennent dominants. Les abus de pouvoir sont systématiques et laisse libre à tous les dérapages. On utilise son pouvoir pour s’offrir des voyages privés avec l’argent publique. On se sert directement dans les caisses de l’état. On favorise ces amis, ces proches au détriment du mérite. On fait preuve de négligence dans sa profession de médecin. On utilise la police, les militaires pour régler des comptes personnels. La liberté d’expression devient un luxe qu’on doit négocier, mendier.

 

Émergence vous dites, ce terme sonne creux.

Du sommet de l’état au fonctionnaire de police personne ne respectant le contrat social qui nécessite la soumission de tous à l’État de droit. Les hautes fonctions au lieu d’aiguisée le sens des responsabilités stimulent l’orgueil et l’aveuglement. Quand le président offre des marchés publics sans respecté les procédures légales des appels d’offres, il refuse aux Comores la direction civilisationnelle qui mène à la justice. Chacun dans son périmètre de responsabilité use et abuse de son pouvoir.

Ainsi comme un cercle vicieux chacun trouve légitime d’en faire autant. Le gendarme, le militaire, l’agent administratif suivent le model non civilisatrice encouragé depuis le sommet de l’Etat.

 

Si aujourd’hui un jeune adolescent est victime d’un militaire qui lui a tiré une balle dans le ventre, c’est parce que le chef de l’état a donné indirectement l’ordre de tiré. Car le gendarme chante l’hymne nationale des obsédés du pouvoir,  » il use et abuse ». En ne respectant pas la règle de droit, le chef de l’Etat, ces ministres lui on fait comprendre que le pouvoir est une fin en soi et non une responsabilité. Demain il ne sera pas sanctionné, car l’impunité est une berceuse que le pouvoir aime entendre pour mieux s’enfoncer dans une incessante léthargie.

Quand est ce que les Comores auront des dirigeants qui choisiront clairement de cultivés ce champ qu’est les Comores, qui depuis 40 ans est laissé à l’abandon et d’où prolifère à souhait les mauvaises herbes.

Jack l’Atout

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