Le beurre, l’argent du beurre et le gouverneur

 

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Les appels de phare du Juwa vers le Rdc ont commencé dès la proclamation provisoire des résultats du premier tour, au moins. Le 28 janvier dernier, Ibrahim Mohamed Soulé député du parti Juwa, élu dès le premier tourà Moroni Nord, faisait cette déclaration : « Une alliance Rdc-Juwa est possible et pas seulement au niveau local et au delà de l’alliance de circonstance, nous pouvons voir plus loin car Juwa et Rdc ont des ennemis communs qui sont le Radhi et la Crc ».

Et la déclaration d’être suivie d’un démenti d’un des communicants du Juwa sur Facebook, qui n’a pas convaincu grand-monde. Dès le début, Juwa a senti l’énorme profit qu’il aurait à tirer du désamour grandissant entre les deux principaux partis au pouvoir, l’Updc et le Rdc.

Il n’a eu de cesse de faire des appels de phare à l’endroit de la formation politique du gouverneur Mouigni Baraka qui ne tardera pas à y être sensible. Et pour cause. Bien qu’issu de la mouvance présidentielle, au second tour, l’Updc, parti-frère, a appellé à voter pour le Radhi dans la circonscription Mitsamihuli-Mboudé et pour la Crc dans le Washili-Mboinkou, au détriment du Rdc. Une humiliation « publique » que le gouverneur n’oubliera et dont se servira le Juwa.

A l’issue du deuxième tour, nous écrivions qu’une alliance entre Juwa et Rdc semblait se préciser. Vigoureuse dénégation de Djaé Ahmada Chanfi, le secrétaire général du RDC, par le biais de deux coups de fil assez « sismiques », et un texto qui avait valeur de démenti, que nous avons publié.

Le lendemain, c’est le conseiller du gouverneur, Mohamed Cheikh, qui nous a rendu une petite visite. Lui aussi a tenu à « démentir » tout rapprochement avec le parti de Sambi. Amer, il a ajouté : « l’Updc a tout fait pour empêcher que le Rdc se confirme au second tour pour une histoire de lutte d’influence ».

Sur ce point, Mohamed Cheikh a raison. Lutte d’influence. Dès le début, il apparaît que le vice-président en charge des finances, a tout fait pour isoler Mouigni Baraka, son rival potentiel.

Mamadou espérait aussi qu’un Mouigni Baraka affaibli, ramperait devant lui et accepterait alors ce que l’Updc allait tout lui concéder, sans trop de chichis. L’appel à voter pour le Radhi Mitsamihuli-Mboudé et la Crc àHamahamet-Mboinkou obéit à cette logique. Un parti de la mouvance présidentielle qui soutient l’opposition plutôt qu’un « parti-frère », il y a qu’aux Comores…

Malgré l’influence de Djaé Ahmada qui prône une alliance Updc-Rdc, (influence qui s’est réduite comme peau de chagrin depuis le revers électoral du 22 février dernier), Mouigni Baraka a dû se rendre compte qu’il aurait une meilleure position dans l’opposition qu’au sein d’une mouvance présidentielle où il n’est manifestement pas le bienvenu et où il serait pris en tenaille entre la Crc, Radhi et l’Updc.

Il a préféré aller voir du côté du « Soleil »…C’est ce qui arrive quand on veut le beurre, l’argent du beurre et le gouverneur.

 

 

H.M.K

LGDC

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