Le pénible ramadan des étudiantes comoriennes au Sénégal

Jeûner en cette période est un lourd fardeau pour les étudiantes comoriennes au Sénégal. Entre la grande chaleur qui sévit cette partie de l’Afrique et les examens de fin d’année, ces jeunes filles doivent se battre pour cuisiner et vivre un ramadan comme au pays.

Reportage à Dakar dans les conditions difficiles de la vie estudiantine par Sania HAMADA MLIMI.

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C’est en cette période que les jeunes étudiantes sont le plus nostalgiques du pays. Pendant le mois de ramadan, la chaleur et la convivialité familiale les manquent tout simplement. « J’ai seulement fait 2 ramadans à Dakar et cela n’a pas été facile. Cela coïncide souvent avec la période de nos examens et parfois des stages pour certains qui étudient à l’université Cheikh Anta Diop. Et ce n’est pas évident de pouvoir être en pleine forme et d’avoir le moral solide pendant ces 30 jours », déplore Rahadat Ibrahim Abbas, étudiante en troisième année de médecine. Mais cette native de Mitsamihouli ajoute que « avec le temps on s’y habitue et on fait de notre mieux pour nous en sortir ».

Ce n’est pas la situation religieuse du pays qui facilite les choses. Bien que le Sénégal est un pays à majorité musulmane, les confréries religieuses ont toujours un impact à l’arrivée du ramadan. Très souvent chaque confrérie estime avoir le prestige et le monopole, pour guider les musulmans qui résident au Sénégal, quand il faut signaler l’apparition du croissant lunaire. Cela ne laisse pas les comoriennes indifférentes car elle sont parfois très troublées et embarrassées lorsqu’il est question de débuter le jeûne. «Depuis 5 ans que je suis à Dakar, c’est toujours le même problème quand il s’agit de commencer ou mettre fin au ramadan.

Chaque confrérie décrète une date différente de l’autre et donc on est perdue», regrette Nadjati Abdou originaire de Mitsoudjé Hambou et étudiante en master II de sécurité alimentaire. Dans cette cacophonie, on peut arriver jusqu’à 3 dates différentes pour commencer le ramadan ou pour la Ide.

Avec plus de 3000 heures de soleil par an, le Sénégal est connu pour être l’un des pays les plus chauds d’Afrique. Depuis quelques années, le mois da ramadan coïncide avec une période où la pluie est abondante mais la chaleur persiste encore. «Les premières années à Dakar sont difficiles quand arrive le ramadan. Il pleut mais il fait chaud et la chaleur ne diminue toujours pas », déclare Ibrahim Nadia, étudiante en Communication/marketing. Cette jeune fille qui vient de Mdé Bambao assure que « c’est tellement infernal de faire cours dans ces conditions ajoutées au jeûne surtout que les journées sont très longues. Heureusement qu’on s’entre aide ».

Et comme si ces conditions difficiles ne suffissent pas, les prix des denrées alimentaires sont en hausse. Une des contraintes que rencontrent les étudiantes à Dakar. Certaines affirment que ce n’est pas toujours évident de recevoir assez d’argent pour faire individuellement les courses au marché. Mais heureusement qu’elles peuvent cotiser et dans ce cas-là les coûts deviennent un peu moins facile à supporter.

Sania HAMADA MLIMI
Salwa mag

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