Les Sierra-Léonais ont voté dans le calme pour consolider la démocratie

17 novembre 2012

Les Sierra-Léonais ont voté dans le calme pour consolider la démocratie

Une femme vote à Freetown pour les élections générales, le 17 novembre 2012 en Sierra Leone ©AFP

FREETOWN (AFP) – (AFP)

Les
Sierra-Léonais ont voté samedi dans le calme
à des élections générales –
présidentielle, législatives, régionales et
municipales – déterminantes pour la consolidation de la
démocratie, dix ans après la fin de la guerre
civile qui, de 1991 à 2002, a fait 120.000 morts.

Quelque 2,6 millions d’électeurs étaient
appelés à voter de 07H00 (locales et GMT) à
17H00.La plupart des bureaux ont fermé à l’heure
prévue, seuls ceux où des électeurs
attendaient encore de pouvoir voter restant ouverts, comme
l’autorise la Commission électorale nationale.

A la présidentielle, les deux principaux candidats
étaient le chef de l’Etat sortant, Ernest Koroma, 59 ans, favori, et l’ex-chef
d’une junte militaire qui a dirigé le pays quelques
mois en 1996, Julius Maada Bio, 48 ans.

Les observateurs internationaux à ces élections,
dont les résultats définitifs doivent être
proclamés le 26 novembre, ont dans l’ensemble
salué leur bonne tenue et la mobilisation des électeurs.

« Nus
avons constaté un grand enthousiasme des
Sierra-Léonais pour aller voter », a
déclaré Richard Howitt, chef de la mission
d’observation de l’Union européenne (UE).

De longues files d’attente s’étaient formées devant
les bureaux de vote dans tout le pays, certains
électeurs ayant patienté plusieurs heures avant
leur ouverture.

Dans la communauté de l’Eglise du Christ, dans le centre
de Freetown, Joseph Lamin, un charpentier de 26 ans, a
été le premier à déposer son bulletin
dans l’urne. »Je fais la queue depuis 23 heures hier
soir et je suis très motivé par ces
élections.Je vote pour qu’il y ait plus
d’investissements au Sierra Leone et pour qu’un bon
président soit élu », a-t-il expliqué.

Les forces de l’ordre étaient fortement présentes
dans les rues de Freetown où la circulation automobile
a été interdite, hormis pour les véhicules
dûment accrédités.

Les deux
candidats confiants

Ernest Koroma, élu une première fois en 2007 et qui
sollicitait un second et dernier mandat de cinq ans, a
voté dans l’ouest de Freetown et s’est
déclaré « assuré » de sa victoire. »Je crois que le peuple de Sierra Leone va m’accorder sa
confiance pour cinq nouvelles années », a-t-il dit
après avoir voté.

Son principal opposant a également voté à
Freetown, se disant lui aussi certain de l’emporter.

 Malgré un fort potentiel économique
grâce à d’importantes richesses minières –
diamants, bauxite, or, minerai de fer, pétrole off
shore – la Sierra Leone demeure un pays pauvre où les
revenus de ces richesses ne sont pas équitablement répartis.

Le taux de chômage chez les jeunes, majoritaires au sein
d’une population de près 6 millions de personnes, varie
de 60% à 65%.Le taux de mortalité maternelle et
infantile reste l’un des plus élevés au monde et
l’espérance de vie est de seulement 47 ans.

Julius Maada Bio, un ancien
général ayant participé à un coup d’Etat
en 1992 et brièvement dirigé la junte militaire en
1996, avant de rendre le pouvoir au président élu
Tejan Kabbah, a mené sa campagne sous le slogan « Un
pays, un peuple », alors que les atrocités de la
guerre sont toujours dans les esprits.

Comme dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, les
divisions politiques recoupent le plus souvent les divisions
ethniques en Sierra Leone.

Le Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP) de Julius Maada Bio
est essentiellement soutenu par les ethnies du Sud et de
l’Est, et le Congrès de tout le peuple (APC) du
président sortant par celles du Nord et de l’Ouest.

Julius Maada Bio, qui a rallié le soutien d’une grande
partie de jeunes frappés par le chômage, pourrait
contraindre le président sortant à un second tour
et créer la surprise, selon les observateurs.

Ernest Koroma a su attirer de nombreux investisseurs pour
reconstruire les infrastructures de base détruites
(routes et réseau électrique) pendant la guerre
civile, mais ce n’est pas suffisant, estiment les partisans
du SLPP et de son candidat, en rappelant qu’on « ne mange
pas » les routes et l’électricité.



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