Lettre ouverte à l’Ambassadeur de France aux Comores

Lettre ouverte à son Excellence Monsieur Philippe Lacoste

Ambassadeur de France près de l’Union des Comores

Excellence,

La vaste culture d’Énarque qui est la vôtre et votre expérience de diplomate, vous ont sans doute appris que dans tout combat opposant deux adversaires plus ou moins humains ; plus ou moins civilisés on ne frappe pas un adversaire qui est déjà à terre. Or c’est ce que vous faites depuis 1975 lorsque par des subterfuges prétendument légaux vous-votre pays- ne cessez d’assener des coups mortels à l’État Comorien indépendant.

Depuis la déstabilisation programmée par le fameux référendum « ile par île » de 1974 jusqu’aux coups de boutoirs denardesques qui ont fait les dégâts que vous connaissez dans notre jeune nation, rien n’est épargné pour rendre les Comores ingouvernables et « indéveloppables »

Je passe outres les assassinats et les enlèvements de présidents élus, perpétrés par le Corsaire de votre République resté impuni jusqu’à sa mort, les manipulations par Comoriens interposés de lois fondamentales en lois fondamentales jusqu’à aboutir à la sécession d’Anjouan, cause d’une autre loi fondamentale qui a détruit la plus grande valeur républicaine à savoir l’unité d’un peuple, jouant pour cela votre partition préférée ; la partition des îles.

Après la départementalisation, la rupéisation de Mayotte, avant dernière étape de la disparition programmée des Comores depuis le 6 juillet 75 où l’indépendance unilatérale que vous avez-vous-même provoquée pour pouvoir garder Mayotte fut suivie du 1er coup d’État fondateur de la déstabilisation permanente dont je parlais plus haut.

La rupéisation et vous le savez bien, est une nouvelle stratégie qui vise à apaiser la colère des contribuables Français, le peu qui sont au courant de votre forfaiture à Mayotte et qui commençaient à demander des comptes aux dirigeants Français depuis les évènements de Mayotte contre la vie chère, lesquels firent connaitre au Français Lambda par l’intermédiaire des médias qu’il existait un endroit sur la terre qui s’appelait Mayotte. Avant cela le nom Mayotte était confondu avec le nom d’un cheval de course, par pas mal de Français. D’ailleurs Mayotte quelque part reste un cheval de course politique pour les prétendants Français au pouvoir.Maintenant on pourra toujours dire que c’est l’argent de l’Europe et non de la France qu’on gaspille à Mayotte, n’est-ce pas ! Certains pensent que la Colonisation de Mayotte est une aubaine pour les autres îles, ils ont peut être raison, mais moi je ne fais pas de real politik je me situe sur le terrain des principes comme votre pays m’a appris à le faire dans ses universités et à travers ses grands hommes.D’ailleurs je ne cesse de demander aux autorités Françaises d’être en règle avec leur constitution et leurs consciences agitées de chapardeurs, en organisant un référendum sur l’intégration de Mayotte dans l’ensemble Français. Hélas elles ne le feront jamais ! Et pour cause !

Excellence, le pire n’est pas d’avoir subtilisé sournoisement, Mayotte à la jeune Nation Comorienne, le pire pour moi c’est votre façon inélégante de le faire ! En effet pourquoi comme on fait avec les ânes utilisez-vous le bâton et la carotte ? Pourquoi vous arrangez vous toujours pour créer une diversion dans les trois autres îles que vous avez appelé ironiquement « Union des Comores » ? Référendum, Jeux des Jeunes des îles de l’Océan Indien, lorsque vous voulez procéder à un coup bas contre les Comores ? Départementalisation en 2009 lorsque les Comores étaient en pleine campagne référendaire, rupéisation pendant que les Comores comme de grands enfants jouaient au ballon ? De quoi auriez-vous peur puisque les relations entre la France et les Comores sont « exceptionnelles » comme vous l’affirmez dans votre discours Urbi et Orbi le 14 juillet dernier. Vous avez vraiment le sens de l’humour Excellence Monsieur l’Ambassadeur et je vous admire pour cette qualité.

Je pense en ce moment au peuple de France et de Paris en particulier à la cohorte des pauvres hères qui ont pris la Bastille symbole de l’oppression Monarchique ! Ils ont tous dû se retourner dans leur tombe en vous écoutant faire le 14 juillet l’éloge des « relations exceptionnelles » entre un pays que vous colonisez encore et la France sensée être le pays de la liberté de l’égalité et de la Fraternité : devise que vous ont léguée ces révolutionnaires d’Antan .Ils doivent chanter outre tombe « aux larmes citoyens ! »

Excellence rappelez vous l’Alsace et la Lorraine, et le combat multiforme et de longue haleine que le peuple Français a mené pour recouvrer sa souveraineté légitime sur ces terres françaises .Pensez vous vraiment que seuls les Français sont patriotes sur cette terre ?

L’histoire ne vous donne t-elle pas suffisamment de leçons pour comprendre qu’un peuple aussi démuni soit-il ; lorsqu’il se lève comme un seul homme pour réclamer la justice et la liberté, ce peuple ne recule devant aucun obstacle jusqu’à obtenir gain de cause ! Souvenez-vous de l’Algérie, de l’Indochine et aussi du Vietnam ou pour rester toujours en France des Chouans ou des Canuts ou des Communards.

Pour clore cette lettre Excellence, je vous demande au nom de la France que j’aime et qui m’a tout donné, (Oui ! c’est grâce à elle que je suis ce que je suis !) Au nom de la France donc, je vous demande de ne pas nous mépriser et nous humilier par vos dons qui suivent invariablement et immédiatement vos crimes contre l’unité du peuple Comorien, parce que tout Comorien méprise le mépris de n’importe quelle origine, d’autant plus que ces dons ne sont qu’une infime partie de l’argent dont regorge la Banque de France et qui provient de la dîme de 75% que vous prélevez en zone franc en échange d’une soi disante stabilité monétaire.

Excellence Monsieur l’Ambassadeur, si l’intérêt de votre pays est de tuer la nation Comorienne, qu’il le fasse avec la dignité et l’élégance d’un bourreau civilisé, respectueux de sa victime ! Vous savez sans doute que si les musulmans égorgent les moutons, c’est pour leur éviter la souffrance, alors pour une fois soyez musulmans, égorgez les moutons que nous sommes devenus pour vous en nous évitant le spectacle de la lâcheté et de la capitulation de de nos bergers et de leurs chiens, une image lamentable d’imbéciles heureux au festin du bourreau dont les mets proviennent des cadavres de leur troupeau !

Par la présente, Excellence Monsieur l’Ambassadeur de France, je vous prie d’agréer l’expression de mon indignation la plus profonde, dont je sais par ailleurs, pour être un intellectuel Français, que vous partagez le fondement mais que par devoir et par patriotisme, vous êtes obligé d’ignorer.

Iconi le 16 juillet 2012

Aboubacar Ben Saïd Salim

Soyez le premier à réagir

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*