L’hôpital El Maarouf : un événement ne doit pas chasser un autre…

Opinion libre: Pour la première fois, les comoriens commencent à réaliser la supercherie du régime en place plus dans la propagande que dans une réelle réflexion pour mieux appréhender le problème comorien, et y apporter une réponse adéquate.
Le projet de reconstruction de l’hôpital El Manrouf en établissement de sept étages et de standing et ses péripéties illustrent à merveille cela. Sortie de son contexte ou pas, la phrase sur l’éventualité d’une participation à hauteur de 10 euros par membre de la diaspora comorienne à la reconstruction de l’hôpital n’a pas réellement suscité d’enthousiasme: très peu de voix se sont levée pour rappeler les compatriotes de la diaspora à leur devoir de solidarité légendaire. A contrario, des critiques, de sarcasmes et de moqueries et des interrogations dont l’importance du flot a dû surprendre le pouvoir qui se rend compte de son déficit de communication dans le domaine et de l’hostilité à la démarche d’Azali. Rien d’étonnant dans tout cela. Cette affaire de l’hôpital El Manrouf est une triple arnaque du régime. Quand Azali a lancé cette idée, c’est son côté séduisant qui a pris le pas sur la rationalité. Ainsi des têtes bien pensantes, en tout supposées comme telles se sont laissés convaincre que les saoudiens allaient prendre en charge la construction de l’hôpital et son fonctionnement. Vous vous souvenez sans doute de l’arrogance du régime qui l’a amené à rejeter le projet de Pavillon-mère et de la célérité à rompre avec le Quatar. Qu’est-ce qu’on n’a pas entendu? Certaines indiscrétions proches du régime ont parlé même un moment de l’arrivée de deux hélicoptères pour évacuer les malades à l’hôpital de Bambao Mtsanga censés inaugurer l’émergence sanitaire.
Mais de cela, il n’en est rien! L’émergence sanitaire d’Azali se résume en autant sinon plus de balai de Kwassas humanitaires vers Mayotte qui plombent le système de soins dans l’île. Des pathologies lourdes, mais surtout des pathologies simples et classiques que l’émergence sanitaire d’Azali n’arrive pas à prendre en charge.

Ensuite le pouvoir en place fait croire à un financement interne. Des fonds propres! Il n’y a pas eu beaucoup de communication sur le sujet. Certains ont pu spéculer qu’il s’agit des fonds provenant de la vente ou du renouvellement des passeports comoriens. Mais de façon évidente, l’expression « fonds propres », c’est plus en rapport à une philosophie du régime, une croyance naïve et mal renseignée selon laquelle les Comores ont les moyens de leur auto-financement. On se souvient tous de la Loi de finances 2017 que j’avais assimilée à  » Une gageure qui consiste à saigner un mourant pour le soigner ». Cette loi de finances a été inconséquente. Sur le chapitre des recettes, la Loi de finances illégale et tardive d’octobre 2017, organisée la vieille de la session budgétaire 2018 a finalement révélé que sur les 81 milliards prévus, seuls 31 milliards ont été recouvrés. Aucun mot des 40 milliards de recettes extérieures (Sic). Tout cela pour dire que la saignée de pauvres comoriens de l’intérieure si féroce fut-elle avec sans doute des effets pervers à redouter a trahi les espérances en matière de rentrées d’argent du régime.
Loi de finances 2018 avec des objectifs revus à la baisse et on attend les réajustements dans les jours qui viennent si le pouvoir aura le courage d’organiser le vote de la loi de finances rectificative comme la constitution le demande. D’ores et déjà on sent que le pouvoir ne maîtrise pas le sujet. C’est la panique à bord. Du financement saoudien, sur fonds propres sans succès, on comprend la tentation d’Azali de taper sur le porte-monnaie des gens de la diaspora qui ne comprennent plus rien finalement.
Le vrai sujet sans doute est de savoir pourquoi tant de précipitation et d’improvisation sur un tel projet, quelle en est la pertinence. Peut-être que les gens seraient bien disposés à laisser 10 euros pour la construction des murs. Mais dans le même temps les gens doivent penser comment un hôpital construit grâce à la charité, à la mendicité dans un pays émergent est-il à même d’apporter une offre de soin de qualité. Sans doute les comoriens constatent cette autre supercherie du régime qui n’a pas fait la preuve de sa capacité à améliorer les structures de soins existantes et qui prétend le contraire avec cette gigantesque structure moderne dont il peine à réaliser rien que les mûrs.
C’est au final sans nul doute la fin des supercheries du régime qui se dévoile à travers cette image si éloquente d’un Azali mendiant 10 euros qui n’a pas encore su résoudre le problème de financement du pays.

Ahmed BOURHANE

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