L’Union des Comores est à la croisée  des chemins : l’espoir ou l’implosion Où va le pays?

Un pays digne de ce nom ne fait pas de l’aide internationale sa principale source de financement en matière  d’investissements publics. Il mobilise ses propres ressources financières,  fiscales, humaines, intellectuelles et naturelles pour engager un véritable plan de développement  économique inclusif. Il ne fait pas forcément  de cérémonie  pour chaque petite  aide offerte alors que l’Etat est en mesure de financer une grande partie de ses projets nationaux en gérant mieux ses deniers publics. Des millions et des millions de Francs Comoriens sont dépensés en perdiems et en voyages extérieurs  alors que l’administration  publique et les services sanitaires y compris les Urgences médicales manquent cruellement de moyens de fonctionnement. 
De même,  comment comprendre que chaque mois des millions de francs comoriens provenant de la Redevances Administrative Unique (RAU) sont distribués sous forme de fonds spéciaux  sans contrôle  de leur  utilisation aux agents des ministères des Finances, à  la Douane,  à l’AGID, à  l’Assemblée  Nationale,  aux Services d’Urgence Médicale et à  la Présidence  alors que chacune de ces institutions,  services et administration se plaignent de ne pas avoir le minimum  de moyens pour fonctionner correctement? 
Non. Il est temps de tourner la page de la gabegie. Exigeons le renouveau  politique, la culture  de résultats, la transparence,  la rigueur dans la gouvernance  publique, la fin du   gaspillage des recettes de l’Etat en perdiems, la réduction de la dotation en  carburants, le contrôle  de l’intérêt réel des voyages   pour l’intérêt  supérieur de la Nation comorienne.
La jeunesse  comorienne,  pilier fondamental de la cohésion sociale et de la consolidation  de l’Unité  Nationale, se meurt et est considérée comme une quantité  négligeable alors qu’elle représente plus de la moitié  de la population  comorienne comme les femmes. Il est temps de changer les hommes. Il est temps de changer les  pratiques. Il est temps d’offrir à  la Nation comorienne en particulierà  sa jeunesse un meilleur avenir avec une réforme  profonde de l’Etat. 
Le problème  n’est pas tant au niveau des institutions  contrairement  à  ceux qui veulent le faire croire les politiques avides de pouvoir. Le problème  est la manière  de gouverner avec des politiques  peu exemplaires  privilégiant  les intérêts  particuliers au détriment de l’intérêt  collectif. 
Le choix et la nomination  à  des postes stratégiques  des  personnes de la famille ou de la même  ville  sans chercher  à respecter  la cohésion nationale ni  l’esprit de méritocratie constituent non  seulement une faute mais également  une mise à  mal de la République de l’Union des Comores  par les inefficacités que cela engendre : division du pays, promotion canapé, injustice sociale,  inefficacité  de l’Action de l’État, dépérissement  à  terme de la cohésion  nationale.
Il est temps  que nos dirigeants se reprennent  et qu’ils agissent pour l’intérêt  national. Pour autant, les citoyens  en particulier  les vrais patriotes doivent préparer  une alternance  crédible car la situation  ne peut durer ainsi éternellement  sous peine d’implosion nationale  avec un chômage  qui depasse 45% de la population  active, avec des milliers de jeunes exclus de la société sans espoir et une population meurtrie par la cherté  de la vie et le manque d’accès  à  des soins  de qualité  à  un prix accessible. 
L’exemplarité,  la bonne  gouvernance, la restauration  d’une justice équitable  et républicaine,  la lutte active contre la corruption, la promotion  de la méritocratie  et de la culture  de résultats  et de la sanction dans le fonctionnement des services publics et assimilés, le renforcement  de l’éducation  Nationale et la fin de la politique  de l’assistanat constituent  les catalyseurs cruciaux  du redressement  et du decollage economique de l’Union  des Comores.  
Tout l’enjeu demeure dans  la volonté  politique  des gouvernants. Les paroles et la communication  de « l’émergence « doivent être  suivis d’actes.
Darchari  MIKIDACHE

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