L’unité nationale : une bêtise de trop ou un passeport pour l’enfer ?

Oui, nous disons de haut ce que les autres disent de bas et tant pis pour ceux qui pensent qu’ils détiennent le monopole de cette unité nationale de façade , et qui se réclament  » unionistes ». Ce qui se passe à Anjouan à l’heure qu’il est, interpelle nos consciences, et finis ces temps où nous, grands comoriens, avions préféré se voiler la face pour ne pas regarder les plaies d’un séparatisme voulu par les anjouanis et se boucher les oreilles pour ne pas entendre des expressions telles que :  » le séparatisme est et restera toujours derrière nous, ou une fois que nous, anjouanais, mettions un terme à notre mandat, un août 1997 bis est possible, ou ces Wangazidja sont égoïstes, ou chaque Île doit avoir son indépendance… ». Aujourd’hui que les anjouanais estiment que 2021 est une décennie, il fallait brandir des menaces pour un retour au séparatisme en provoquant les wangazidja dans les règles de la tournante. La question que tout le monde se pose, pourquoi ce silence coupable de la part des intellectuels anjouanais face à la situation nauséabonde qui pue sur l’ensemble du territoire ? Certes, des communiqués de remerciement et qui accablent timidement Sambi tombent ici et là depuis que le président Ikililou a émis le souhait du retour dans le pays de ceux qui ont quitté Anjouan lors du débarquement, mais cela ne suffit pas quand on sait que leur départ a été négocié par ceux qui leur ont chassé du pays, avec au premier rang l’ancien président sambi. Pire encore, ceux qui sont restés au pays ont bénéficié de la part de Sambi une amnistie, intégrés dans la haute administration, et cerise sur le gâteau, les milices de la triste FGA de Mohamed Bacar ont été tous intégrés dans l’armée nationale pour le développement par Mohamed Bacar Dossar, directeur de cabinet de Sambi et chargé de la défense.

Dans les rues comme dans les espaces publics, le débat s’active et le séparatisme est derrière nous. Finis ces temps, où nous, grands comoriens, avions cette folie meurtrière de vouloir s’imposer en champions d’unité nationale. Les plus naïfs allaient jusqu’à dire, nous sommes la mère de la patrie. Un discours qui a beaucoup arrangé anjouanais comme mohéliens et l’ont prouvé à travers la présidence tournante anjouanaise et mohélienne. L’arrogance, le manque d’éthique républicaine, ou la gourmandise sont des éléments à méditer sur ce qu’on peut nous sortir du territoire à la veille de la tournante de 2016 où le tour revient aux Wangazidja.

C’est dans cette optique que nous devons nous préparer et écarter de nos têtes la tenue de cette élection qui n’aura jamais lieu car à l’allure où vont les choses, le séparatisme va s’inviter au débat, et cette fois-ci, nous aurons devant nous plus de 20 ans de conflit et d’instabilité. Alors, l’heure est à une conscience collective et qu’on ose dire chacun rentre chez lui et si on veut laisser une trace sur les liens qui nous unissent, pourquoi pas penser à une confédération. Cela pourrait peut être soulagé les nostalgiques de cette unité de façade. Oui, certains nous traiteront ici de séparatistes, mais la question que nous aimerions poser, qui ne l’est pas ? Chacune et chacun de nous est séparatiste et ce, à cause de ce que nous avons vécu avec ces anjouanais qui pensent que chaque jour peuvent nous imposer leur loi. Cette fois-ci, on n’est pas preneur. Ce langage va gêner ceux qui détestent entendre la vérité, mais tout doit être dit aujourd’hui, pour éviter les mauvaises surprises.

Quand on jette un coup d’œil dans l’éducation nationale à Ngazidja, plus de la moitié des professeurs et des instituteurs qui y exercent sont d’origine anjouanaise. Et combien de grands comoriens ou mohéliens exercent à Anjouan ? On ne peut pas tolérer que nos enfants continuent à chômer parce que, des gens qui n’ont jamais cru à l’unité nationale leur prennent leurs places. Encore une fois, ce langage dérange mais pour vous dire la vérité, c’est ce que pensent les Wangazidja, aujourd’hui choqués par les menaces anjouanaises.

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La candidature d’un anjouanais aux primaires de Ngazidja, n’est que de la provocation ;, mais on refuse d’y croire. Nous attendons le dernier moment pour tromper l’opinion en disant :  » on ne savait pas ». C’est pourquoi, nous le disons ici haut et fort, même si ça dérange certains. D’ailleurs, il n y a la vérité qui blesse. Pour la paix et la stabilité de chacune de nos îles, et par rapport à l(expérience que nous avons vécues, mieux vaut que chaque Île arrache son indépendance. C’est d’ailleurs la philosophie phare des artisans du séparatisme. La preuve en est que ceux qui ont cautionné le séparatisme et qui ont pris Anjouan en otage, ont été réhabilité par Sambi, et le reste, leur départ a été négocié et se trouvent actuellement à l’extérieur. Ce n’est pas Dossar qui va nous contredire et encore moins l’ancien président Sambi.

Un exemple de cette hégémonie anjouanaise doit attirer votre attention et n’en déplaise aux détenteurs du monopole de l’unité nationale. Qu’est-ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays, par rapport à l’examen du baccalauréat ? Voilà le directeur général de l’ONEC, d’origine anjouanaise, mari de la ministre des transports, qui boycotte le Bac à la Grande Comores, en  »cautionnant » la vente de quelques épreuves, et le voilà aussi dépêcher un anjouanais en la personne de Cyril Atoumani, pour aller organiser une mascarade à l’Oec de Mohéli. Des fraudes informatiques ont été constatées, une fenêtre ouverte de programmation conditionnelle dans la base des données du BAC. Au total, 99 candidats ont été insérés frauduleusement dans la liste : 41 dans celle des admis, et 58 autorisés (2ème groupe). Ceci est réalisé avec la complicité du directeur général de l’Onec, aujourd’hui libre parce qu’il est le mari de la ministre. Ainsi va le pouvoir Ikililou. L’impunité demeure le mot clef.

Devant une telle situation, avec tout ce qu’on vit auprès de ces gens, pourquoi attendre longtemps ? Nous avons horreur d’un août 1997, et ne nous racontons pas de bêtises car tout se prépare pour plonger le pays dans une crise séparatiste. Ayons le courage de se dire les yeux dans les yeux que désormais, chaque Île doit demeurer indépendante. Mieux vaut que de nous offrir ce passeport de l’enfer dénommé unité nationale.

Mohamed Ali

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