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Mais dans quelle planète vit donc Soeuf Elbadawi? A t-il la moindre idée de ce qui se passe dans son pays..

Opinion: Mais dans quelle planète vit donc Soeuf Elbadawi? A t-il la moindre idée de ce qui se passe dans son pays au point d’engendrer la plus énorme et la plus endurante des contestations menées par la diaspora et ce, partout dans le monde.

Selon lui, « aucune révolution n’est possible sans certains préalables ( ….) dont la justice ». Mais c’est justement le déni de justice qui a provoqué le déferlement dans les rues pour réclamer le rétablissement de celle-ci. S’il y avait une justice, le citoyen lésé y recourrait tout simplement plutôt que d’aller tenir le pavé 11 semaines d’affilée. Il nous parle d’une « opposition incapable d’agir comme un seul homme pour le changement « . Faut-il rappeler à notre ami que cela fait 30 ans que notre pays vit le multipartisme, alors certes sans grand succès, mais qu’au moins chaque opposant pouvait potentiellement construire son projet et son équipe. Qu’à côté de ces multiples partis, une société civile tout aussi diverse essaie de se structurer? Alors maintenant en 2019, on veut l’obliger à se regrouper, à escamoter le débat d’idées, à créer une coalition contre un homme plutôt que des choix de projet pour le peuple. Oui ce fameux peuple que cherche désespérément notre brillant intellectuel alors qu’il est sous son nez!

Qu’entend-il exactement lorsqu’il évoque « la possibilité d’emprunter des raccourcis, en recourant à des méthodes contestables »? Parle t-il de l’élection anticipé obtenue après multiples violations de la constitution, un référendum tronqué et l’implication active de l’armée et d’une justice aux ordres? Je ne vois pas d’autre fait prouvé, revendiqué et complètement assumé par ses forfaitaires à part ce dernier. Tout le reste n’est que supputation pour justifier l’embastillement et la neutralisation de tout ce qui s’oppose à ce pouvoir.

Je passe sur les confusions et diverses contradictions du propos mais l’on notera à titre d’exemple, que l’auteur, après avoir fustigé l’approche dispersée de l’opposition, vient quelques lignes plus loin dénoncer le caractère « binaire » des revendications. Et c’est là que notre illustre analyste nous assène le coup de grâce en nous invitant à douter…. oui à douter d’une probable popularité de notre souverain….Mais bon sang, mais bien sûr !

J’ai relevé cette phrase magique « il est réducteur de penser que la majorité agissant autour du pouvoir actuel représente une quantité négligeable ». C’est la majorité ou c’est une quantité non négligeable? Je propose que l’on confie le calcul à la CENI, qu’en pensez vous? Ou peut-être court-on le risque d’avoir un calcul encore plus réducteur…

Selon l’auteur, l’opposition a réussi à mobiliser la diaspora. Encore une lecture biaisée de la situation, ce n’est pas l’opposition qui a mobilisé la diaspora. Ce sont les abus flagrants d’un pouvoir minoritaire qui a confisqué la voix du peuple et mis aux arrêts tous ceux susceptibles de contrecarrer ses plans machiavéliques, qui ont fait lever tous les comoriens soucieux de leur dignité de citoyen! C’est l’indignation et la honte de tout un peuple qui s’exprime à travers ces rassemblements. Ces comoriens sont les premiers à dénoncer les bilans des politiques, même quand ils manifestent à leurs côtés! C’est un mouvement qui proclame son ras-le-bol par rapport à un système et non une revendication de remplacer Pierre par Paul!

Bref, tout ça pour terminer dans une explosion de questions qui se veulent existentielles tout en reconnaissant les limites de la compréhension. On a tout de même quelques éclairs d’honnêteté intellectuelle dans cette « zone d’ombre, que nul n’a l’air de comprendre, au point de pouvoir expliquer, qui, exactement, a fait quoi et comment, pour empêcher un prolongement du pouvoir en place ».

« Mais peut-on affronter un régime aussi déterminé contre les libertés publiques, sans recourir à une certaine violence ? » Bonne question que je suggère de poser à la quantité non négligeable qui soutient le souverain dans ses œuvres! À moins qu’on ne la soumette à la prochaine épreuve du bac (c’est quand au fait?).

Une autre phrase magique pour terminer « Défendre l’Etat de droit est déjà une forme de violence en soi dans un système politique aussi clivé. » …..Je suggère qu’on aille prendre le café en attendant de découvrir ce 3ème peuple (peut être celui réduit au silence et contraint à la résignation?). Effectivement personne ne pourra se prétendre innocent, y inclus Soeuf Elbadawi. À vouloir ménager la chèvre et le chou, on finit par se noyer soi-même dans ses contradictions.

M.Ahmed.

En réponse à l’article de Soeuf Elbadawi :

https://muzdalifahouse.com/2019/06/04/quel-est-ce-peuple-dont-se-reclame-les-stentors-de-la-politique-comorienne/

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