Mamadou dénonce l’instauration d’un climat de peur

A M’béni, chef-lieu de la région Hamahamet Mboikou à Ngazidja, Mohamed Ali Soilihi dit Mamadou a officiellement été intronisé hier, président de l’Union de l’opposition. Dans un grand rassemblement qui a mobilisé une foule dense, l’ancien vice-président d’Ikililou Dhoinine a déclaré que les chantiers en cours dans le pays sont l’œuvre du régime dont il faisait partie, « excepté le chantier de l’hôpital El Maarouf ».

Après plusieurs tentatives vaines d’organiser un meeting dans le pays, l’Union de l’opposition a vu son souhait réalisé hier. Et c’est à M’béni, fief de l’actuel président de l’opposition, Mohamed Ali Soilihi, qu’a eu lieu l’intronisation de ce dernier, devant une foule venue nombreuse. Le choix de M’béni pour accueillir la cérémonie se justifie selon les différents interlocuteurs par le fait qu’elle « a réussi là où les autres villages ou/ et villes ont échoué ».

« 80% des électeurs se trouvent dans l’opposition. Dans un autre pays, cela aurait fait basculer le pouvoir! », a déclaré Mohamed Bacar Dossar, ancien ministre des affaires étrangères du gouvernement Azali II. 15 partis constituent l’Union de l’opposition. Mohamed Ali Soilihi, candidat malheureux aux dernières élections présidentielles, n’a cessé de prôner la paix dans son discours. Mamadou estime avoir été lésé lors des élections qui ont porté Azali Assoumani au pouvoir: « Mais pour l’intérêt de la nation, j’ai préféré céder afin que la paix règne dans mon pays. Je ne veux pas que le sang coule dans mon pays », a-t-il dit, affichant son inquiétude devant les décisions du régime qui instaure de plus en plus « un climat de peur ».

Le chef de l’opposition a dit regretter la situation qui prévaut actuellement dans le pays, rejetant la faute sur le régime en place: « Tous les chantiers mis en place par le pouvoir sont de moi lorsque j’étais au pouvoir, depuis le l’époque du président Sambi jusqu’à d’Ikililou Dhoinine. (…) Tous, excepté le chantier de l’hôpital El Maarouf. Nous n’aurions jamais songé à détruire le seul hôpital du pays», dira-t-il sous les applaudissements de l’assistance venue en masse, malgré la présence de l’armée qui quadrillait toute la ville de M’béni, ceci pour empêcher les gens de venir y prendre part. Ce qui n’a pas empêché le foyer de Wanadhahabu d’être plein. Certains s’y seraient même rendus à pied depuis Oichili, de peur que leur voiture ne soit réquisitionnée par la gendarmerie. La veille, le préfet de la région avait publié un communiqué manuscrit lu sur les ondes de la radio RTMC de M’béni et stipulant que la réunion qui était autorisée par le maire, « a été interdite ».

Ibnou Mohamed / LGDC

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