Meurtre passionnel à Ntsoudjini : Mouigni Baraka exhorte l’Etat à créer un organe de médiation

L’ancien gouverneur de Ngazidja, Mouigni Baraka Said Soilihi, s’est exprimé samedi sur le double homicide commis à Ntsoudjini la semaine dernière. Pour ce notable et cadre de la localité, il est urgent que l’Etat mette en place un organe de médiation nationale capable d’intervenir pour calmer ce genre de conflits.

Deux corps sans vie retrouvés à Ntsoudjini. La nouvelle a secoué le pays, peu habitué aux drames familiaux. Boina, le mari, la soixantaine; et Kassim, le beau-frère, la trentaine, se sont « entretués » selon la version générale. Pour l’ancien gouverneur de Ngazidja, Mouigni Baraka Said Soilihi, il s’agit d’une « histoire frustrante ». « Cela peut arriver que deux personnes soient en conflit et en viennent même aux mains. Mais ce qui s’est passé à Ntsoudjini est très frustrant. Ce sont deux personnes pieuses, des beaux-frères de surcroît… Il s’agit d’une histoire familiale dont on ignore les causes, les raisons et les origines. Elle est passionnelle », a-t-il regretté.

Une intrigue purement passionnelle née de la jalousie de l’un envers l’autre. Pour le gouverneur, notable et cadre de la localité, le meurtre de Ntsoudjini est un crime qui dépasse le cadre de la notabilité. Les enquêtes entreprises par la Police scientifique comorienne devraient lever le voile sur cette affaire. « Le conflit qui opposait ces deux personnes a pour origine, une de ces trois choses : il s’agit soit de mariage, d’enfants ou d’argent. Un crime purement passionnel car l’histoire tourne autour d’une femme. L’un aimait à rappeler qu’il s’agissait de sa sœur pendant que l’autre assurait qu’il s’agissait avant tout de sa femme ».

Pour l’ancien chef de l’Exécutif de l’île de Ngazidja, ce genre de conflit est commun à tous les villages et toutes les familles. Un conflit pourtant qui dépasse le cadre de la notabilité, première médiatrice dans les conflits pour la société comorienne. Pour Mouigni Baraka, le notable peut toujours jouer son rôle de médiateur mais il arrive qu’à un moment, la situation lui échappe. « Le rôle du notable, c’est de régler les conflits qui touchent la tradition, les mœurs et les coutumes mais concernant les conflits de couple, il s’agit là d’un cas délicat dont à mon avis, il n’est pas habilité à intervenir », a expliqué Mouigni Baraka pour qui le cas de Ntsoudjini nécessite l’intervention de l’Etat.

Il propose alors, comme il l’avait proposé à l’ancien Président Ikililou Dhoinine, de mettre en place un organe médiateur pour intervenir dans les conflits quotidiens entre les villages, les familles ou encore les quartiers. « Je reste convaincu qu’il est temps qu’on mette en place un organe de médiation nationale capable d’intervenir pour calmer ce genre de conflits et pérenniser la paix nationale », a recommandé l’ancien gouverneur.

A.O Yazid / LGDC

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