Minorité chrétienne aux Comores

Les chrétiens du monde commémorent ce 25 décembre 2017, la naissance de Jésus de Nazareth. La minorité chrétienne des Comores et les chrétiens qui y habitent célèbrent également cette fête dans la discrétion. En effet, les Comores ont une ancienne minorité chrétienne qui est ignorée voire niée par la population. L’hymne national ne parle-t-il pas de comoriens qui ont le même sang et la même religion ? Et pourtant il y bien des comoriens qui ne sont pas musulmans. Il existe bien une minorité chrétienne dans ce pays, dont faisait partie feu Me Jean Bernard Toinette, ancien bâtonnier du barreau de Moroni, qui a toujours vécu dans tranquillité avec la majorité musulmane de la population comorienne. D’ailleurs à la mort de Me Toinette, ces sont des centaines de comoriens musulmans qui ont participé à sa prière mortuaire à l’église de Moroni et ont accompagné le corps jusqu’à son enterrement au cimetière familial de Mitsamihouli.
 
 
 
En fait, la richesse de ce pays a toujours été sa tolérance religieuse et le respect des autres religions. Les pratiques religieuses des autres composantes de la population comorienne ont toujours été tolérées. Les comoriens d’origine indienne, musulmans ont toujours pratiqué leur foi avec leurs rites. Certains sont chiites et disposent de leurs propres lieux de culte. Toutefois, ces derniers temps, certains veulent nous faire croire que les Comoriens sont tous des musulmans, sunnites de rite chaféite. Une loi a même été adoptée dans ce sens. Le 8 janvier 2013, l’ancien Président de l’Union des Comores, Ikililou Dhoinine a promulgué une loi datant du 24 juin 2008.  Cette loi porte sur la règlementation générale des pratiques religieuses en Union des Comores. La Cour Constitutionnelle qui est garante, selon l’article 36 de la constitution, des droits fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques a validé en partie cette loi. Dans son arrêt, elle avait jugé conforme la constitution, les principaux articles contestés de cette loi, notamment les articles 1, 2, 4 et 5Elle dispose qu’en matière des pratiques religieuses, la doctrine Ahli Sunnat wal Djamanna sous couvert du rite (Madhhab) Al Chafyin est la référence religieuse officielle en Union des Comores et dans les mosquées, les Imams sont tenus de s’y conformer. Cette loi interdit ainsi toute campagne et/ou propagande, pratique religieuses ou coutumière non conformes à cette doctrine. La pratique autre que la doctrine officielle porterait atteinte selon cette loi à la cohésion nationale et elle sera sanctionnée par un emprisonnement de cinq mois à un an et d’une amende de 100 000 Fc à 500 000 Fc. Cette loi autorise les pratiques religieuses telles que le Maoulid, le Dhikr, le Haouli, le Hitma, le jeune du 27 radjab, le Tahlil etc.…car elles contribueraient à consolider la foi et la cohésion sociale aux Comores.
 
 
 
Cette loi, constitue un déni de l’existence d’autres religions et rites musulmanes pratiquées par les comoriens et un grave recul des libertés publiques et religieuses dans ce pays, des libertés pourtant garanties par les conventions internationales ratifiées par les Comores. L’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 citée dans le préambule de la constitution comorienne stipule que « toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion seule ou en communauté, tant en public qu’en privé ».
 
 
 
Le Groupe de travail sur l’examen périodique universel, créé conformément à la résolution 5/1 du Conseil des droits de l’homme en date du 18 juin 2007, dans sa dix‑huitième session a examiné le Comores, le 31 janvier 2014. La délégation comorienne était dirigée par l’ancien Ministre de la Justice, de la fonction publique, de la réforme administrative, des droits de l’homme et des affaires islamiques et actuel Président de l’Assemblée de l’Union, Dr Abdou Ousseni. Au cours de cet examen, le Royaume-Uni avait invité les Comores à prendre des mesures dans les domaines de la liberté de religion et de l’accès à la justice. Cette recommandation fait suite à cette émise toujours par le Royaume Union en mai 2009 lors de l’examen du rapport des Comores en mai 2009. Le Royaume-Uni avait soulevé les préoccupations dont avaient fait part les organisations non gouvernementales concernant « plusieurs restrictions légales en vigueur qui restreignaient le droit des personnes appartenant à des minorités religieuses de pratiquer leur religion librement ». Le Royaume-Uni avait recommandé de veiller à ce que les personnes appartenant à des minorités religieuses puissent pratiquer librement leur religion. La République arabe syrienne a recommandé au Gouvernement de poursuivre les efforts visant à assurer le respect des droits de l’homme, tout en tenant compte des spécificités religieuses et culturelles du pays. Ces recommandations ont été retenues par le Groupe de travail sur l’Examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme dans son rapport et approuvées par les Comores.
 
 
 
La richesse de ce pays a toujours été sa tolérance religieuse et le respect des autres religions. Les comoriens ne doivent pas tomber dans l’obscurantisme qui dénature notre religion musulmane et l’intolérance qui crée des violences ici et là.
 
 
 
Joyeux noël aux chrétiens comoriens et aux chrétiens qui habitent dans notre cher pays et à nos lecteurs chrétiens.

Comores droit 
 

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