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Mliva, SG de la Mouvance présidentialismes : « Il y a eu une création d’emplois au sein de l’Armée »

« Est-ce que la constitution de l’AMP a été une démarche d’opportunité ou d’engagement politique pour un idéal commun auquel chaque membre se souscrivait pour l’intérêt du pays ? », s’interroge le SG de la Mouvance présidentielle lors de notre interview.

Question : La Mouvance présidentielle dont vous tenez les rênes traverse une zone de turbulence notamment avec ce mouvement rebelle qui se nomme « G10 ». En tant que commandant de bord, quelle solution proposeriez-vous pour sauver les meubles ?

Ali Mliva Youssouf : D’abord je tiens à vous remercier de m’avoir invité pour cette interview et remercier Dieu de nous avoir laissés vivants à ce jour. Comme je vous l’avais dit lors de mon dernier entretien avec votre journal, notre famille l’AMP traverse une zone de turbulence et ceci remonte aux élections législatives plus particulièrement. Beaucoup des chefs de partis membres de l’AMP estiment que le parti CRC n’a pas tenu compte de ses alliés eu égard aux mécanismes en termes de choix des candidats et de répartition de support devant permettre à chaque parti qui a été en compétition de gagner l’élection. Cette situation a plombé effectivement l’élan permanent qui a été celui d’accompagner le chef de l’état dans la quête de faire des Comores un pays émergent. Cependant, je note que la démarche incarnée par un certain nombre de chef de partis de l’AMP n’est pas appropriée et indiquée et j’ai eu l’occasion à moult fois lors de mes entretiens avec ce groupe qui se nomme G10 de leur dire que tenant compte de la plateforme instituant l’AMP, il n’est prévu nulle part un groupe à son intérieur, encore moins la possibilité d’en créer. Donc, cette démarche est en contradiction avec nos textes. Cependant, j’admets l’existence d’une turbulence, mais c’est la démarche pour la solution qui diffère à nos amis, et certainement nous trouverons la solution acceptable pour toutes les parties.

Question : Selon nos informations, le « G10 » veut votre peau. Il vous reproche de ne pas défendre suffisamment leurs intérêts essentiellement pendant la formation du dernier gouvernement. Que leur répondez-vous ?

AMY : Ben il faut partir du principe que vouloir ma peau par ce que je suis en connivence avec le président au prétexte que je ne défends pas les intérêts des partis membres de l’AMP est un jugement sans fondement. Je vous fais remarquer que moi j’ai un mandat qui court jusqu’à juin 2021.

Question : Des rumeurs faisaient état il y a quelques mois de votre démission de votre poste de conseiller, parce que vous jugiez ne servir à rien vis-à-vis du chef de l’État qui ne vous associait pas avant de prendre une décision. Qu’en est-il ?

AMY : Vous savez bien comme moi qu’un conseiller est nommé pour donner des conseils au chef et en même temps lui proposer une démarche à suivre pour une situation donnée mais la dernière décision lui revient. Par contre il n’a jamais été  question de démission pour moi. C’est des rumeurs comme vous le dites.

Question : Maintenant que le calendrier électoral est parachevé, pensez-vous que la CRC a encore besoin de cette même configuration de la Mouvance ?

AMY : Vous avez touché le nœud du problème réel qui réside en ce moment au sein de l’AMP. Les partis considèrent à tort ou à raison qu’Azali et la CRC n’ont pas besoin des autres partis maintenant que le calendrier électoral est achevé. Maintenant la question qu’il y a  lieu de se la poser : est-ce que la constitution de l’AMP a été une démarche d’opportunité ou d’engagement politique pour  un idéal commun auquel  chaque membre se souscrivait pour l’intérêt du pays ? Si tel est le cas, alors il ne faut pas être négatif. Le président a beaucoup de considération pour l’AMP.

Question : En tant que conseiller spécial du chef de l’État chargé des affaires politiques, comment avez-vous accueilli la nouvelle stratégie de l’opposition en s’unissant autour de ce qu’ils appellent le Front commun ?

AMY : L’opposition pour moi est en perdition. Elle est malheureusement non constructive, elle est plutôt destructive à tout point de vue. Cette opposition ne fait qu’insulter, voire même agresser ceux qui ne partagent pas leur point de vue et c’est dommage. Leur soi-disant Front commun contre Azali se résume à une démarche « dégage je prends la place » et pourtant Azali est un président élu pour un mandat de 5 ans. Ce front commun demande de revenir à la Constitution de 2001 et à l’Accord de Fomboni. Je vous fait remarquer que le premier président qui a instauré la possibilité de modifier la Constitution s’appelle Sambi, suivi par Ikililou et chacun  a modifié à sa pensée  sans concertation aucune. Par contre Azali certes a modifié la Constitution mais cela a été demandé par le peuple comorien  au cours des Assises nationales qui ont lieu en 2017 /2018. Il aurait pu le faire comme en ont fait ses prédécesseurs mais il a associé le peuple à cette démarche.

Question : Peut-on dire que l’ombre de 2021 hante le chef de l’État ? Il en parle à tout bout de champs…

AMY : Non. Le président est serein. S’il parle de 2021 c’est par ce qu’il commente l’actualité et naturellement étant le chef de l’État il doit tenir compte au débat d’actualité surtout que ce debat-là est porté par ses adversaires.

Question : Vous avez soutenu le chef de l’État dès les Assises nationales. Mais vous reconnaitrez que dès lors, le pays qui avait quand même une certaine stabilité depuis 2001 est confronté à des complots et autres troubles contre la sûreté de l’État. Pour la cohésion nationale, le référendum n’est-il pas un pari risqué ?

AMY : La Constitution a donné la possibilité au président de pouvoir porter une modification. Et c’est sur cette disposition que ces prédécesseurs se sont appuyés pour la circonstance. La différence,  Azali a réuni les Comoriens pour cela contrairement à Sambi et à Ikililou. Maintenant, dire que cette modification a occasionné l’avènement des troubles et complots, j’attire l’attention aux auteurs de ces manœuvres d’assumer leurs responsabilités car nous prendrons les nôtres. Nous ne laisserons personne déstabiliser le pays. Sambi s’est arrangé à proroger son mandat de 4 ans à 5 ans. Azali  à la limite a mis son mandat en jeu avec la possibilité de ne pas être élu de nouveau. Donc qu’ils arrêtent de berner les Comoriens au prétexte de je ne sais pas quoi.

Question : Il avait justement qualifié l’année 2020 d’année de lutte contre la corruption et celle de l’éducation, dans les faits qu’est ce qui a été fait ou étaient des formules à l’emporte-pièce qui n’avaient aucun fondement ?

AMY : La lutte contre la corruption est un processus long et compliqué pour toutes les nations même les plus grandes d’entre elles. Le plus important c’est l’engagement d’aller vers ce processus et ceci demeure toujours l’objectif du chef de l’État. Concernant l’éduction, effectivement le grand chantier d’actualité est la tenue des assises nationales pour constater l’état réel de notre éducation afin de pouvoir envisager les réformes nécessaires dans ce domaine.  Mais comme pour la lutte contre la corruption comme pour l’éducation, hélas qu’une situation nouvelle non programmée et non prévue s’est invité et a déprogrammé toutes les nations en termes d’agenda. Cette situation c’est le Covid-19 et sa suite vous le savez comme moi.

Question : Pourquoi la promesse phare « un jeune, un emploi », traine à se réaliser ?

AMY : la politique de l’emploi du régime n’a pas échoué. Peut-être comme vous venez de le dire, il tarde à se matérialiser de façon soutenue mais je vous fait remarquer que depuis 2016, il y a eu la création de beaucoup  d’emplois directs et indirects surtout au sein de l’Armée nationale de développement.  Dans  l’agriculture ainsi que dans les entreprises publiques et privées. La partie manufacturière viendra dès lors que les engagements sur la conférence de Paris se matérialisent. Ceci est le fruit d’une politique orientée vers cet objectif de réduction du chômage de masse.   Étant moi-même dans les affaires, j’ai eu à recruter cette année quelques employés dans le services mais je vous fais remarquer que le pays est en manque d’une main d’œuvre qualifiée et  justement cela justifie la nécessité de tenir les Assises nationales sur l’éducation et qui permettront entre autres la réorientation en termes de formation qualifiante. Vous savez comme moi que toutes les nations sont confrontées à des problèmes de chômage et elles s’engagent à résorber d’une façon ou d’une autre ce fléau qui les pollue. Aujourd’hui chaque pays tente d’attirer le maximum d’investissements directs étrangers car ce sont ces IDE qui apportent la croissance et le développement de façon soutenue. La conférence de Paris sur les investissements était une belle initiative et répondra effectivement à toutes ces questions liées au chômage.

Question : Le ministre de l’intérieur chargé des institutions a foulé aux pieds un arrêté de la Haute juridiction du pays qu’est la Cour suprême. Qu’est-ce que le peuple est censé comprendre, aussi bien par ce défi que par le silence du chef de l’État ?

AMY : Je n’aborde pas la question de cette façon. Je note qu’effectivement la situation de la mairie de Moroni n’est pas claire et continue à choquer plus d’un. Étant républicain, le respect des arrêts de la Cour suprême est non négociable quand bien même une Cour suprême peut bien se tromper mais sa décision est applicable à toutes les parties y compris le chef de l’État.

Propos recueillis par MY/La Gazette des Comores

La Rédaction

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