Monopole d’Etat de l’importation des médicaments :Les pharmaciens lancent l’alerte

Le Syndicat national des Pharmaciens d’officine (Snpo) a tenu une conférence de presse ce 03 janvier dans un restaurant de la place. Le but de cette rencontre avec la presse est de lancer une alerte à la population et à ses représentants à l’Assemblée nationale du danger encouru si l’Etat persiste dans son projet du monopole de l’importation des médicaments.

Le Syndicat nationale des Pharmaciens d’officine a tenu une conférence de presse ce jeudi. Le but était de lancer un cri d’alerte à l’endroit de la population et des élus de la nation, suite à l’échec vraisemblable des pourparlers engagés avec les autorités concernées. En effet, celles-ci ont le projet mettre en place un importateur unique des médicaments alors que jusqu’ici, les pharmaciens agréés pouvaient se s’approvisionner auprès de fournisseurs de leurs choix. « Nous, auxiliaires de la santé, sommes profondément attachés à la santé de la population en ce qui concerne l’approvisionnement en médicaments de qualité ainsi que leur disponibilité », a introduit le pharmacien Abdoulkarim Mohamed, également ancien ministre des affaires étrangères, sous le précédent régime.

« Des travaux ont été effectués pour renforcer le code de la santé, dont le démarrage a eu lieu en mars 2017 lors d’un atelier ; seulement depuis près de 2 ans, nous n’avons pas été associés à ces travaux », a-t-il déclaré avant de souligner que le Snpo a appris par voie de presse que « les responsables du ministère de la santé avaient déclaré que dans quelques mois, des dispositions seront prises, lesquelles mettront en danger notre profession mais pas seulement ; il s’agit notamment de l’octroi d’un monopole à une entité pour l’importation des médicaments».

Les propriétaires des officines sont inquiets à plus d’un titre. En plus du monopole d’importation des médicaments, il y a aussi « de l’obligation de l’enregistrement des molécules, à l’importateur unique qui devra assurer l’approvisionnement et la distribution de tous les médicaments en Union des Comores ».

Ainsi, Abdoulkarim a rappelé que depuis le mois de novembre dernier, date à laquelle le Snpo a appris les intentions de l’Etat pour ce qui est du monopole de l’importation des médicaments, les échanges entre les différentes autorités concernées par la question ont été effectués. « Cela dans le but de leur faire part des risques encourus par la population si cet objectif était maintenu », a expliqué le conférencier. Sans surprise, a-t-il poursuivi, « nous avons constaté que le train était déjà en marche et qu’elles (les autorités) n’avaient aucunement l’intention de faire machine arrière ». Pourtant, a-t-il insisté, « il y a un risque énorme, concernant notamment l’enregistrement des médicaments obligatoire si les laboratoires décidaient de ne pas enregistrer les médicaments aux Comores, que cela entraine des pénuries au vu de la petitesse du marché comorien ».

Pour autant, le Syndicat est « pour l’entrée sur le marché comorien de Un ou Deux grossistes pharmaceutiques, (public ou privé). En revanche, « les pharmaciens comoriens, en tant que garants de la disponibilité et de la qualité des médicaments sont contre la mise en place d’un monopole d’Importation au profit d’Ocopharma ou tout autre importateur unique ». En effet, si l’importateur venait à être défaillant « cela causerait des pénuries entrainant de graves problèmes de santé publique ».

Le projet de loi a été déposé à l’Assemblée nationale. Il sera vraisemblablement étudié à la prochaine session. La balle est désormais dans le camp des parlementaires comoriens.

Faiza Soulé Youssouf / LGDC

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