Ngazidja : Battue à mort par son conjoint

Les violences conjugales sont bel et bien une triste réalité quotidienne  aux Comores. Nous venons d’apprendre qu’une femme d’une soixantaine d’années, originaire de Sambankouni-Itsandra dans l’île de Ngazidja, a succombé ce lundi  à ses blessures, après avoir été rudement brutalisée par son mari. Ce dernier, un multirécidiviste bien connu des services de la gendarmerie, en est à sa troisième victime. Il a pu être arrêté, nous dit-on, grâce à la mobilisation entre autres de la gendarmerie, du commissaire au genre, et de l’Ong Hifadhu.

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Il y a à peine un peu plus de deux semaines, le 25 novembre, le monde célébrait  la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. 
Mais il reste beaucoup à faire pour aboutir aux dénonciations systématiques de tels actes, comme le montre la deuxième Enquête Démographique et de Santé réalisée aux Comores et couplée avec l’Enquête par Grappes sur les Indicateurs Multiples. 
En effet, de nombreuses recherches ont montré que la forme la plus fréquente de violence domestique chez les adultes est la violence conjugale.  
Et l’enquête  (EDSC-MICS II) menée de juin 2012 à janvier 2013 par la Direction Générale de la Statistique et de la Prospective et le Commissariat Général au Plan montre que  parmi les femmes qui ont subi des violences physiques ou sexuelles, 36 % n’en ont jamais parlé à personne et n’ont jamais recherché d’aide. Seulement 17 % ont déclaré en avoir parlé à quelqu’un mais ne pas avoir recherché d’aide et 39 % ont recherché de l’aide. On constate que quand les femmes ont subi des actes de violence sexuelle, la proportion de celles qui ont recherché de l’aide est plus élevée que quand il s’est agi de violence physique seulement (44 % contre 35 %). Les résultats selon l’âge montrent que ce sont les plus jeunes (44 % à 15-19 ans) et les plus âgées (53 % à 40-49 ans) qui ont le plus fréquemment recherché de l’aide contre seulement 31 % dans les groupes d’âges intermédiaires 20-24 ans et 25-29 ans.  `

L’enquête relève aussi des variations selon le lieu de résidence. La recherche d’aide est plus fréquente en milieu rural qu’en milieu urbain (43 % contre 32 %), et dans les autres villes qu’à Moroni (42 % contre 21 %). Enfin, c’est à Ngazidja que la proportion de femmes ayant recherché de l’aide est la plus élevée (42 %). Parmi les femmes qui ont déclaré avoir subi des actes de violence physique ou sexuelle et qui ont recherché de l’aide, 64 % se sont tournées vers leur famille ; un quart des femmes se sont adressées à leur voisin pour obtenir une assistance et dans 14 % des cas, les femmes ont recherché de l’aide auprès d’un ami.


Plus éloquent encore, l’enquête a évalué aussi le degré de tolérance vis-à-vis de la violence domestique: Il l’en ressort qu’environ deux femmes sur cinq (39 %) pensent que pour, au moins une des raisons citées (brûler la nourriture, argumenter avec le conjoint, sortir sans le lui dire, négliger les enfants, refuser d’avoir des rapports sexuels avec le conjoint), il est justifié qu’un homme batte sa femme ou partenaire. Cette proportion varie surtout avec l’âge, l’emploi, le niveau d’instruction et le statut socioéconomique du ménage. En effet, on constate que cette opinion est plus répandue chez les plus jeunes (43 % à 15-19 ans et 42 % à 20-24 ans) que chez les plus âgées (33 % à 40-49 ans).

Kamardine Soulé 

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