Nord du Mali : les islamistes du Mujao chassent des rebelles du MNLA de Ménaka

19 novembre 2012

Nord du Mali : les islamistes du Mujao chassent des rebelles du MNLA de Ménaka

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Un islamiste du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), le 16 juillet 2012 à Gao au Mali ©AFP

BAMAKO (AFP) – (AFP)

Les
islamistes du Mouvement pour l’unicité et le jihad en
Afrique de l’Ouest (Mujao), ont chassé lundi matin des
rebelles touareg de la ville de Ménaka (nord-est du
Mali), où ils s’étaient à nouveau
installés depuis peu, a appris l’AFP de sources concordantes.

« Les combattants du Mujao viennent de prendre le
contrôle de la localité de Ménaka après
un petit accrochage avec quelques éléments du
MNLA », le Mouvement national de libération de
l’Azawad, a affirmé une source sécuritaire
régionale, ce qu’a confirmé un habitant de Ménaka.

« Les combattants du Mujao ont chassé le MNLA », a
dit cet habitant, en précisant qu’ils « ont pris le
camp militaire et sont en train de crier Allah Akbar ! »
(Dieu est grand).

Abu Walid Sahraoui, porte-parole du Mujao, a
déclaré à l’AFP, depuis Ménaka, que son
mouvement « contrôle tout ».

« Nous avons des prisonniers et il y a eu beaucoup de
morts du côté du MNLA », a-t-il affirmé
sans donner de chiffres.Il a indiqué que son mouvement
avait « reçu du renfort de (ses) frères
musulmans » d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Moussa Salem, combattant du MNLA en fuite, a indiqué que
son mouvement avait « quitté Ménaka ». »Le Mujao est venu avec beaucoup de combattants d’Aqmi.Ils ont attaqué, nous avons résisté et
après nous sommes partis ».

Moussa Ag Assarid, porte-parole du MNLA à Paris, a
indiqué à l’AFP que des « combats autour de
Ménaka » s’étaient déroulés entre son
mouvement et le « Mujao soutenu par Aqmi ».

Selon lui, « une trentaine de véhicules du Mujao,
soutenus par des éléments d’Aqmi ont quitté
Gao dimanche » et « ont attaqué Ménaka ce
matin (lundi).

La ville de Ménaka avait été l’une des
premières prises par le MNLA, lorsqu’il avait
lancé son offensive dans le Nord en janvier avec les
groupes islamistes, auxquels il était alors allié.

Les rebelles touareg en avaient été une
première fois chassés en juin par le Mujao qui,
estimant qu’il ne s’agissait pas d’une ville importante,
l’avait par la suite abandonnée.

Il y a environ trois semaines, des rebelles du MNLA
étaient revenus dans la zone de Ménaka, ville
proche de la frontière avec le Niger et située
à l’est de Gao, grande ville du nord-est du Mali
occupée par le Mujao.

Le MNLA voulait faire de Ménaka la base de sa
contre-offensive « générale » pour
reconquérir le nord du Mali entièrement
occupé depuis fin juin par les groupes islamistes
armés, Mujao, Aqmi et Ansar Dine (Défenseurs de l’islam).

Ils y imposent la charia (loi islamique) avec rigueur –
lapidations, amputations de pieds et de mains de
prétendus voleurs, coups de fouets aux buveurs d’alcool
et aux fumeurs – détruisent des monuments religieux, et
se rendent coupables d’atteintes aux droits de l’Homme
contre les habitants.

Vendredi, de violents combats avaient déjà
opposé dans la région de Gao les islamistes du
Mujao aux rebelles touaregs du MNLA qui, selon des sources
sécuritaires régionales, avait subi « une
lourde défaite », perdant « au moins une
dizaine » de combattants et du matériel.

Dans plusieurs communiqués, le MNLA avait démenti
avoir subi une défaite, parlant au contraire de
« premier succès » dans son offensive en vue de
reconquérir le nord du Mali.

Il avait affirmé que les islamistes du Mujao avaient
« pris la fuite avec leurs blessés » et fait
état de « 55 morts et plus d’une centaine de
blessés » dans leurs rangs, et de seulement
« neuf blessés » dans les siens.



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