Nouvelles reformes de l’Education nationale : Abdou Mhoumadi donne le coup d’envoi!

Pour éviter des «voies de garage» à des milliers de jeunes, la «nouvelle politique» en matière d’éducation va accorder une «plus grande priorité à la formation professionnelle et technique» pour donner aux jeunes des plus grandes chances d’intégrer le monde du travail et de trouver un emploi aussi bien dans le secteur public que dans le privé. Le récent «Forum des métiers et d’orientation» s’inscrit dans cette logique et «une commission d’orientation des jeunes boursiers va les orienter vers des formations professionnelles et techniques».


Par Ali Abdou

Une semaine après la rentrée scolaire et universitaire, le ministre de l’Education nationale, Abdou Mhoumadi, le commissaire à l’Education de Ngazidja, Maoulida ben Ousseine et le président de l’Université des Comores, Dr Saïd Bourhane, ont tenu une conférence de presse conjointe, le samedi 1er octobre à la salle de conférence du ministère de l’Education, pour annoncer les nouvelles réformes engagées pour le redressement du système éducatif.

Cette rencontre fait suite à la conférence nationale sur l’éducation, organisée du 14 au 17 septembre dernier à l’issue de laquelle plusieurs recommandations avaient été formulées dans le cadre de la rentrée universitaire et scolaire 2016-2017 et en vue «d’améliorer le pilotage et le fonctionnement du système éducatif».
Dans son intervention, le ministre de l’Education nationale a déclaré «reconnaitre certaines avancées» enregistrées ces dix dernières années, mais que beaucoup d’autres choses «doivent être améliorées».

Faisant allusion aux résultats d’une étude menée sur le système éducatif comorien qui indique, entre autres, que plus de deux mille enfants âgés de 6 à 10 ans ne sont pas scolarisés au niveau de l’enseignement primaire et quarante neuf mille âgés de 12 à 18 ans au niveau du secondaire, il a soutenu qu’»une telle situation mérite la vigilance de toutes les autorités en charge de l’éducation pour que tous ces enfants en âge de scolarisation soient inscrits dans notre système éducatif».

Vers plus d’adéquations !

Dans un autre volet, Adou Mhoumadi a déploré la baisse du nombre des inscrits aux examens nationaux et, plus particulièrement, celui du baccalauréat. Les trois dernières années, les chiffres sont passés de quatorze mille en 2014 à un peu plus de douze mille, cette année en passant par treize mille l’année dernière. «Cette baisse mérite qu’on lui apporte une solution urgente puisque c’est à partir de cet examen qu’on prépare les futurs cadres du pays», a averti le ministre.

Abdou Mhoumadi est revenu sur le cas de l’Université des Comores où la plu part des formations dispensées «ne répondent pas aux besoins du pays», rappelant, à ce propos, que «sur cent étudiants qui sortent de l’Udc, quatre vingt se retrouvent au chômage».

Pour éviter ces «voies de garage» à des milliers de jeunes, la «nouvelle politique» en matière d’éducation conçue par le nouveau gouvernement et qui doit être appliquée sous la houlette du ministère de l’Education, va consister à accorder une «plus grande priorité à la formation professionnelle et technique» pour donner aux jeunes, une fois leurs études achevées, le plus de chance possible d’intégrer le monde du travail et de trouver un emploi aussi bien dans le secteur public que dans le privé. C’est dans cette logique que s’inscrirait le «Forum des métiers et d’orientation» organisé récemment (Voir nos précédentes éditions).

A ce sujet, toujours selon le ministre, «une commission d’orientation des jeunes boursiers, qui va les orienter vers des formations professionnelles et techniques, verra le jour dès cette année «. Ensuite, le ministre s’est étendu sur certains des recrutements dans l’enseignement chaque année et qui, selon lui, contribueraient à la dégradation de la qualité du système éducatif.

L’enrôlement dans la fonction publique, tous les ans, de près de deux cent enseignants a fait que, selon une étude réalisée, un enseignant a, à sa charge, neuf élèves au lieu de 30 à 40, et enseigne douze heures de temps par semaine au lieu de… vingt. En matière de formation technique et professionnelle, le taux tombe à… 2,9 élèves par enseignant. A ce propos, Abdou Mhoumadi insiste sur la «nécessité» de revoir la loi sur l’orientation de l’Education nationale de 1994 pour l’améliorer en l’adaptant aux nouvelles réalités de l’éducation et de la société.

Un établissement, une salle informatique !

Une autre série de mesures a été annoncée et va concerner les nouvelles technologies, l’apprentissage des langues et l’encouragement des talents. Le ministère a rappelé, à ce niveau, l’objectif de doter d’une salle informatique chaque établissement du primaire pour familiariser les jeunes aux nouvelles technologies de l’information et des télécommunications, d’inscrire l’enseignement de l’anglais et de l’arabe «dès l’école primaire» ainsi que la mise en place de classe d’excellence dans chaque île.

Comme vous pouvez le constater, le chemin est long. Cependant, devait lancer le ministre, «à force de le raccourcir nous arriverons au point de rendez-vous».
En fin, concernant l’Université des Comores dont tout le monde connait les difficultés, Abdou Mhoumadi a réaffirmé que cette institution figurait parmi les priorités du président de la République.

Il a annoncé qu’après la baisse des frais d’inscription «d’autres mesures allaient suivre par rapport, notamment, à la connexion du site universitaire de Mvuni au réseau Wifi et le transport universitaire», avant que le président de l’université, le docteur Bourhane, tienne à rassurer, à propos de capacité d’accueil, que son institution allait pouvoir accueillir «tous les jeunes admis au baccalauréat de cette année».

Alwatwan 

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