Pas de place pour le chef de village dans le conseil municipal

avisAbsurde. C’est le mot d’Ali El Mihidhoir Said Abdallah, un grand commis de l’Etat à la retraite, qui a roulé sa bosse partout et connaît sur les bouts des doigts, les méandres de l’administration publique, comorienne notamment.

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Pour cet administrateur hors cadre, de classe exceptionnelle et ancien membre de la cour constitutionnelle, le chef du village n’a aucun mot à dire dans l’administration décentralisée. L’un des artisans de la mise en place des institutions insulaires postindépendance juge d’une absurdité totale le texte autorisant le chef de village à jouir des mêmes droits que le conseiller municipal élu.

« Le texte qui faisait autoriser le chef de village à être un membre de plein droit du conseil municipal avec les mêmes droits et les mêmes obligations me parait être en contradiction avec les principes de la séparation des pouvoirs, de la déconcentration par rapport à la décentralisation », a indiqué Ali El Mihidhoir Said Abdallah dans un bref entretien avec Hzk-presse.

L’ancien secrétaire général du gouvernorat de Ngazidja a expliqué que les chefs des villages ont toujours été, de l’époque coloniale à nos jours, des agents exécuteurs d’ordre et non des législateurs.

« Le chef de village, à l’époque colonial, a toujours été un agent relevant de l’autorité administrative qui recevait les ordres du chef de canton. Jamais, il ne prenait part à aucune élection dans la commune existante », a ajouté l’administrateur à la retraite.

M. Mihdhoir a condamné les tentatives de passage en force d’un dispositif qui vient chambouler la constitution du pays. « D’aucuns savent que la commune est, dans le contexte da la constitution en vigueur, la plus petite collectivité de base dotée de pleine autonomie par leurs organes élus et non nommés ». Et ce vieux commis de l’Etat de s’interroger sur ce que « viennent faire ici, les chefs des villages nommés si ce n’est de représenter les autorités nommées pour exécuter leurs ordres ».

Il dit être surpris après avoir constaté par hasard que « la loi sur la décentralisation fixant les communes n’ait fait nullement mention des chefs de village parmi les organes de la loi de la commune ».

Pour rappel, la question de la participation des chefs des villages et des quartiers dans la délibération au sein des conseils municipaux s’est invitée au débat, au dernier moment, ‘‘surprenant’’ un peu tout le monde, y compris parmi les législateurs eux-mêmes.

Maoulida Mbaé /LGCD

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