Port de Mutsamudu : les camionneurs protestent

Les camionneurs protestent

Saut d’humeur lundi matin devant le siège d’Eppam (autorité portuaire d’Anjouan) à Mutsamudu. Les camionneurs ne comprennent pas la mesure du nouveau directeur de l’Eppam, limitant le nombre de chargeurs par camion à 2 pour l’accès dans la zone dépotage. Les camionneurs parlent d’un conflit d’intérêt plutôt qu’une volonté d’assainir la plateforme portuaire comme le laisse entendre des responsables de cette société d’état qui gère les affaires portuaires à Anjouan, exclue la manutention confiée à un manutentionnaire privé.

Le nouveau directeur fraîchement nommé à l’Eppam réactive les tickets d’accès au port et limite les chargeurs des camionneurs. La mesure est mal accueillie par les concernés lundi matin. Sous la pluie, ils ont tenté de se faire entendre paralysant ainsi les opérations de dépotage une grande partie de la matinée. Les camionneurs ne comptent pas s’arrêter-là selon leurs dires. Mais au fil de la journée, l’option du nouveau directeur Ali Houmadi Djaha semblait l’emporter.

Pour les chauffeurs il est loin d’assainir le port. La direction de l’Eppam est suspectée de privilégier la quantité de ticket d’accès vendu pour se faire une jolie caisse de fonctionnement et non au dos des camionneurs et leurs chargeurs. « Comment je peux comprendre qu’un camion avec 4 ou 6 chargeurs va-t-il gêner le travail et la sécurité au port ? Au contraire plus de chargeurs affectés à une mission précise, c’est plus d’efficacité et de rapidité. L’option du nouveau directeur va au contraire renforcer la pagaille au port. Imaginer un docker qui paye un ticket journalier d’accès au port en quête d’un conteneur à à dépoter. N’est-ce pas cela qui entretiendrait l’insécurité et la pagaille au port ? C’est plutôt politique qu’autre chose. » Peste Moussa un camionneur devant le portail de sortie du port. « C’est impensable qu’un directeur d’une infrastructure stratégique comme le port international de Mutsamudu puisse prendre une mesure aussi discutable. On peut comprendre que pour des raisons sécuritaires, on limite l’accès au port aux visiteurs mais pas aux professionnels. A entendre l’Eppam s’expliquer, ça prête le sourire. Ils veulent limiter les chargeurs des camions car ils comptent ainsi vendre plus des tickets d’entrée à des dockers qui vont tourner en rond pendant des heures dans l’enceinte portuaire dans l’espoir d’avoir du boulot. Vous dites que c’est une mesure de sécurité et régulation de l’accès au port ? » S’interrogeait lundi un agent de la Chambre de Commerce de l’Industrie et de l’Artisanat.

Comores infos a tenté de s’entretenir avec ce dernier lundi, mais en vain. Il serait trop occupé pour nous recevoir selon son directeur du personnel.

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